C’était trop beau pour être vrai. Après avoir adopté un plan vert vaguement respectueux de Kyoto et plus ou moins acceptable par les groupes écologistes et les partis d’oppositions, on découvre enfin qu’il y a anguille sous roche. Le programme de lutte à la pollution de l’air des conservateurs exemptera la très pollueuse industrie de l’extraction et de la transformation des sables bitumineux de l’Alberta!

En matière d’incohérence environnementale, les conservateurs ne cèdent pas leur place, surtout lorsque 40% de tout le CO2 rejetés dans l’atmosphère par le Canada proviennent de l’Alberta. Il faut aussi prendre en considération une augmentation des émissions du carbone dans les prochaines années avec l’accélération de l’exploitation des gisements de sables bitumineux qui prendra de l’ampleur avec la montée du prix du pétrole. Déjà, la compagnie française Total investira 5 milliards US dans la construction d’une usine de traitement dans le nord de la province.

De plus, à la lumière d’une étude du ministère fédéral de l’Environnement qui prédit une hausse de 60%, d’ici 8 ans, des composés organiques volatiles émis par les sables bitumineux, ces éléments étant des catalyseurs du smog urbain, on a de la difficulté à saisir le bien fondé des intentions « vertes » des conservateurs.

Le parti conservateur applique, ce qu’on pourrait appeler, un plan vert « asymétrique ». On comprend maintenant que le cadeau de 1.5 milliard du fédéral aux provinces jusqu’en 2012 afin de réduire leurs gaz à effet de serre, dont 400 millions pour le Québec, cachait une motivation qui n’a rien d’une profession de foi écologique. On voulait calmer le jeu avec les autres provinces durant que l’Alberta obtiendrait carte blanche afin d’exploiter ses ressources énergétiques sans limitation.

Mais au bout du compte, les politiques environnementales du PC ne mèneront pas à une réduction du CO2 au Canada, car les réductions des GES appliquées par les autres provinces annuleront simplement la croissance exponentielle de ceux de l’Alberta. Il est même possible que les émanations totales de la province la plus riche du Canada dépassent l’ensemble de celles des autres provinces. En fait, on se demande si le parti au pouvoir désire réellement un véritable plan vert. Les conservateurs sont pris en étaux entre la volonté populaire pro écologique et les pressions des grandes pétrolières. Ils semblent simplement vouloir gagner du temps pendant que leurs amis du monde du pétrole encaissent les profits.

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