Le rapport final du GIEC (Groupe d’Experts Intergouvernnemental sur l’Evolution du Climat) est sans équivoque. Il faut bouger. Le genre humain a 8 ans pour agir et diminuer sensiblement ses émissions de gaz à effet de serre. Au-delà de nos petites actions individuelles, qui peuvent retarder la détérioration de l’environnement, les gouvernements de toute la planète devront intervenir au niveau global et légiférer en matière socio-économique afin d’assurer un avenir à l’humanité.

Car l’écologie active ne concerne pas seulement les petits gestes du quotidien, la gestion des ressources ou la protection du milieu vivant. Elle touche aussi tous les aspects de la vie humaine (culturel, social, économique) et constitue un tout dont les éléments agissent réciproquement les uns sur les autres. En ce sens, les États devraient reprendre les reines du pouvoir planétaire qu’ils avaient laissé aux grandes entreprises depuis l’avènement du consensus de Washington et l’implantation de la mondialisation néolibérale. On ne doit plus laisser le destin du monde sans gouvernail et dans les mains du conglomérat du monde des affaires.

Il y a bien sûr le projet des bourses du carbone, qui est déjà appliqué dans quelques pays occidentaux, mais il faut faire plus, comme, par exemple, étendre ce concept sur une base internationale. Par ailleurs, l’ONU devrait instaurer des règles strictes concernant l’activité économique internationale, et aussi appliquer un vaste programme de conscientisation écologique à l’échelle planétaire ainsi qu’endiguer l’écart grandissant de la répartition de la richesse.

Tout est lié, comme le cycle de la chaîne alimentaire ou la pérennité des systèmes biotiques. La protection de l’environnement est tributaire de l’émergence d’une nouvelle culture écologique et d’un nouveau mode de vie. De plus, l’équilibre dans l’attribution des revenus au niveau planétaire permettrait d’uniformiser les conditions de vie afin de satisfaire les besoins de tous et de favoriser un niveau d’éducation éveillant la prise de conscience du plus grand nombre à la problématique environnementale. Dans la même logique, une redistribution équitable des richesses diminuerait grandement les sources des conflits armés sur la planète qui sont si dommageables pour l’écosystème. Enfin, l’économie, qui est l’infrastructure de toute société avancée, se devrait d’être baliser avec des normes sévères qui réduiraient les effets néfastes de ses activités industrielles et commerciales sur la biosphère.

Certains néolibéraux s’opposeront avec véhémence à de telles propositions, comme le démontrent les prises de positions tortueuses du gouvernement conservateur de Stephen Harper. Mais le constat d’urgence ne laisse plus place à la demi-mesure. L’humanité est à la croisée des chemins et les options se rétrécissent avec les années qui passent. Le futur de la race humaine se joue dans une course contre la montre.