Le terme de la lieutenante-gouverneure du Québec, Lise Thibault, tirant bientôt à sa fin, Jean Charest et le ministre des Affaires intergouvernementales canadiennes du Québec, Benoît Pelletier, évoquent l’idée d’abolir la monarchie. Quelle idée saugrenue de la part du gouvernement libéral! L’application d’une telle réforme demanderait l’accord de toutes les provinces, dont l’Ontario qui a la plus haute estime pour la royauté, sans compter la réouverture de la constitution canadienne de 1982 que le Québec n’a même pas signé suite à la Nuit des Longs Couteaux.

Ou bien les libéraux de Jean Charest ne connaissent pas le système politique canadien, ou cette déclaration sert un autre objectif. Le Parti Libéral étant minoritaire à l’Assemblée Nationale, il se doit de courtiser un pan le plus large possible de l’électorat en prévision des élections générales qui pourraient arriver plus vite que l’on pense.

En se montrant ouvert à l’abolition de la tradition monarchique, il croit ainsi pouvoir séduire les partisans « autonomistes » de l’ADQ qui préconisent la création d’une constitution du Québec et donc, par le fait même, le rejet des valeurs royalistes canadiennes. Par cette tactique électorale, Jean Charest veut se montrer aussi « réformiste et nationaliste » que Mario Dumont et ainsi attirer dans ses rangs les électeurs du parti de l’opposition officielle.

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