En quelle mesure êtes-vous influencé par les notions propagées dans les médias? Dans une société inondée d’information et de concepts déterminant le réel, êtes-vous certain de posséder des idées qui sont intrinsèquement les vôtres?

La convergence des médias pousse à l’uniformisation de la culture sociale et politique. La concentration de l’information dans toutes les sphères de la communication laisse perplexe et soulève un problème éthique. Chez nous, Quebecor et Gesca (Power Corporation) contrôlent 97,2% des quotidiens. Gesca, qui ne cache pas ses penchants pour le monde des affaires et le fédéralisme canadien, est le principal éditeur de quotidiens au Québec avec La Presse, Le Soleil, Le Droit et bien d’autres. De son côté, le groupe Quebecor Média, véritable empire médiatique, détient des journaux, des hebdomadaires, des magazines, un réseau de chaînes de télévision, les librairies Archambault en plus de la compagnie de câblage Vidéotron! En fait, au Québec, le degré de concentration des médias est encore plus élevé qu’aux États-Unis.

Et nous n’avons pas encore parlé des achats ou des fusions par des compagnies non médiatiques de réseaux d’information écrits et visuels afin de mousser la publicité de leurs produits. Disney fut la première compagnie à diversifier ses activités dans un but promotionnel afin de séduire les consommateurs : débutant par les films d’animation, elle créa des parcs thématiques, une gamme complète de jouets pour enfants, un réseau de 730 magasins de distribution dans le monde pour ensuite fusionner avec ABC, le géant télévisuel américain, rien de moins! Nike, Virgin, Viacom et bien d’autres emboîtent le pas dans la même direction.

Le nouveau visage du capitalisme se veut ainsi. Afin de vendre leurs productions, les entreprises commerciales et manufacturières se doivent de posséder les moyens de les promouvoir sur le marché : magasines, journaux, portails internet, maisons d’édition, chaînes de télévision, etc.

Les opinions divergentes aux intérêts du Big Business sont aussi écartées. Dans tous les domaines du système social, on ressent l’influence de la convergence totale de l’économie. Les contestataires sont mauvais pour les affaires, et on ignore le plus possible leurs objections dans les médias, car inquiéter les gens avec des questions d’environnement ou d’inégalités sociales n’est pas rentable et suscite l’instabilité politique et économique.

Par ailleurs, les gourous des corporations financent des « groupes de réflexion » à caractère soi-disant objectif, comme l’Institut Économique de Montréal ou le Fraser Institute de Vancouver, afin de modeler à leur avantage les pensées des citoyens ignorants et aussi dans la volonté de détruire tout courant non-conforme aux préceptes du néolibéralisme.

Vos opinions vous appartiennent-elles ou sont-elles celles de quelqu’un d’autre?

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