Ce texte a aussi été publié dans le journal Le Devoir

Suite à l’étude controversée prédisant une récession économique sans précédent après l’application du protocole de Kyoto, le très connu environnementaliste David Suzuki déploie ses armes. Ce scientifique, d’une intégrité et d’un engagement écologique que nul ne conteste, se présente comme le leader de la protection de l’environnement et de la survie de l’humanité.

«Je pense que nous sommes responsables de crimes contre les générations futures… Le rapport Stern a dit que si nous ne faisons rien, l’effet de serre détruira 20 % de notre économie durant le prochain siècle… C’est plus que la Deuxième Guerre mondiale.» a-t-il déclaré. Ces simples phrases représentent en elles seules l’incohérence de l’étude financée, évidemment, par les compagnies pétrolières proches des conservateurs.

Finalement, le ministre Baird s’avère encore pire que l’ancienne ministre déchue. Les conservateurs voulaient remonter la pente environnementale dans l’opinion publique, mais ils ont encore une fois raté leur coup. On ne change pas sa nature d’un claquement de doigts. Les bénéfices à court terme pour les pétrolières sont toujours préférables, car on doit maintenir la courbe des profits toujours à la hausse à l’avantage des actionnaires, tel que le prône les grands prêtres de l’économie.

David Suzuki déposera bientôt une pétition de 30 000 noms au premier ministre Harper, et évoque même l’idée de recours en justice contre les compagnies pollueuses. C’était le temps que quelqu’un se lève debout et parle, et lui l’a fait! Face à une machine politico-industrielle bien huilée possédant des moyens monétaires illimités, un homme seul se lève devant le géant, tel David contre Goliath.