Depuis plusieurs années, l’eau nous a été présentée en tant que ressource commerciale, comme le serait le bois ou les minerais. On vend l’eau en bouteille qui symbolise la qualité du produit et la santé qui en découle. Bien des groupes de réflexion de droite théorisent sur les bienfaits du marché dans la gestion de cette ressource épuisable. Laissons la main invisible d’Adam Smith gérer cette ressource, et tout sera pour le mieux, disent-ils.

Mais l’exemple argentin démontre le contraire. Dans ce pays devenu un laboratoire du néolibéralisme, où la déréglementation et la privatisation de l’État furent aggresives, la tentative de « capitalisation » de l’eau fut un échec lamentable. Loin de satisfaire les besoins et l’allocation optimale de l’eau à tous selon l’équilibre de l’offre et de la demande, il se produisit une hausse des prix et plusieurs argentins décidèrent de ne plus payer les factures. La compagnie française dû alors se retirer. Plusieurs exemples d’échecs de cette appropriation de l’eau par le capital ont eu lieu sur ce continent.

Chez nous, on discrédite l’eau du robinet dans le but d’opérer une prise de contrôle du marché, quand, en fait, cette eau est totalement sécuritaire et de bonne qualité. De plus, la gestion privée a connu plusieurs ratées. Au Canada, on peut se souvenir du scandale de Walkerton.

Les ventes de bouteilles d’eau connaissent un succès, pendant qu’on s’abstient de recycler le contenant de plastique (pas de consigne). La situation est tellement alarmante qu’on retrouve des résidus de plastique dans les océans et la faune aquatique, qui remonteront à l’homme en suivant le processus normal de la chaîne alimentaire. Un peu de plastique avec votre poisson monsieur?

L’eau est un bien vital, la source même de la vie. Le réchauffement de la planète va augmenter la demande de cette ressource hydrique. D’ici 2025, près de 2 milliards de personnes manqueront cruellement d’eau potable, ce qui fera augmenter son prix sur l’ensemble de la planète et beaucoup de populations pauvres n’y auront simplement pas accès.

Si la commercialisation de l’eau est bénéfique, comme certains économistes néolibéraux le déclarent, les expériences passées et les défis qui attendent l’humanité tendent à prouver le contraire.

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