Un pacte avec le diable

Les stratèges du Parti Québécois devaient se réjouir d’avoir convaincu Pierre-Karl Péladeau de se porter comme candidat de leur formation politique dans la circonscription de St-Jérôme. Ils se disent, qu’enfin, un acteur important du milieu économique viendra appuyer la cause de la souveraineté avec tout le poids médiatique de son conglomérat : officiellement, il ne siège plus sur le conseil d’administration de Québecor, mais il a refusé de liquider ses actions dans l’entreprise, et donc, de facto, il conserve une grande influence sur sa direction.

Vu comme un véritable sauveur capable de mener à bien la quête souverainiste, Pierre-Karl Péladeau n’en conserve pas moins un passé conflictuel avec le monde syndical et penche plutôt vers une vision libertarienne de l’économie qui détonne avec la tradition sociale-démocrate du Québec et même du Parti québécois.

À cet égard, au lieu d’unir le PQ sous son aile, sa présence pourrait, au contraire, susciter la division parmi les troupes (certains sociaux démocrates, excédés, pourraient quitter le navire). Ou c’est peut-être ce que Pauline Marois désire dans la foulée des révélations de la Commission Charbonneau : détacher les anciens liens avec les syndicats et tenter de séduire les électeurs plus à droite avec le recrutement de l’un des plus importants hommes d’affaires de la province aux méthodes plutôt expéditives en relations de travail… ce qui n’augure rien de bon pour les employés de l’État.

Le PQ, selon certains, vient de pactiser avec le diable et il devra en payer le prix si son virage à droite ainsi annoncé engendre un conflit social larvé entre les tenants de la social-démocratie et les partisans d’un désengagement du gouvernement de la vie des citoyens conforme à la conception libertarienne de l’État et de la société.  Ainsi, à défaut d’unir le Québec dans la marche pour l’indépendance, Péladeau le divisera encore plus au grand plaisir des opposants fédéralistes.

Et, en admettant une victoire du PQ aux élections, quel genre de message ceci lancera-t-il aux pourfendeurs de la corruption et de la collusion affligeant les Québécois lorsque l’ancien président toujours propriétaire prédominant de l’une des plus grandes sociétés médiatiques du Québec vient de joindre l’équipe ministérielle? On ne peut que faire le parallèle avec le cas Silvio Berlusconi, autre grand prince des médias en Italie et ancien président de ce pays, dans lequel le règne fut marqué de corruption flagrante, de fraudes fiscales et électorales… ce qui nous prouve que pouvoir politique et concentration des médias sont toujours néfastes à la démocratie.

Pour plusieurs souverainistes, l’indépendance est louable et nécessaire… mais pas au prix de remettre les clés de la province ainsi que son avenir à un affairiste milliardaire très éloigné des préoccupations des gens ordinaires et qui n’entrevoit que le profit comme finalité ultime de la société.

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Un monde sans gouvernail

L’humanité est à la dérive et personne n’ose sortir la tête du sable.

Les croyances religieuses des communautés pastorales d’antan ont cédé le pas à une nouvelle divinité contemporaine: le marché.

Le genre humain ne pouvant se passer d’idéalisme, la main divine a été remplacée par la « main invisible » du libre marché – comme s’il ne pouvait décider de sa propre destinée sans appeler à des forces intangibles.

Tel un nouveau prosélytisme – cette fois-ci économique -,  les prêtres de la nouvelle idole répandirent la bonne nouvelle à un point tel que tout un chacun de part et d’autre de la planète finirent par s’agenouiller devant l’autel du productivisme capitaliste.

En conséquence, de nos jours, cette nouvelle confession consumériste acceptée comme dominante empiète désormais sur l’écosystème global et menace la pérennité même de l’humanité.

Ainsi, les ressources s’épuisent, de nombreuses espèces animales ainsi que végétales sont en voie de disparition, le climat planétaire se dérègle, la pollution de la biosphère atteint des sommets inquiétants –  générant de plus en plus de cancers.

Au niveau social, les écarts de revenu et les iniquités économiques s’accentuent.

Les tensions géopolitiques, suscitées par les velléités d’accaparation de ressources naturelles,  pouvant dégénérer en conflits régionaux ou mondiaux, se multiplient proportionnellement à la raréfaction de celles-ci.

Cependant, tout semble être pour le mieux dans le meilleur des mondes. Les médias corporatistes se taisent devant de telles évidences et nous proposent des émissions insipides et futiles nous détournant des véritables enjeux.

Le monde a pourtant besoin de planification afin de faire face aux défis de demain.

Mais, on se fie toujours sur la « main invisible » – en pure pensée magique -, censée tout contrôler et qui réglera tous nos problèmes.

Pourtant, le sacro-saint marché a maintes fois montré ses limites.

La crise financière de 2008 – dont on ressent encore les secousses -, les prix élevés de l’alimentation et du pétrole et les oligopoles antinomiques à la libre-concurrence travestissant les lois du marché sont autant de preuves de la faillite du nouveau dogme mercantiliste.

Semblable à un navire sans boussole, la course de la race humaine risque de s’échouer sur les rivages toujours renouvelés de l’histoire…

Niveau de difficulté de texte selon Scolarius d’Influence Communication : 168 (universitaire)

Qui sont les maîtres du Québec?

Le libertarien Éric Duhaime peut crier, à qui veut l’entendre, à la tyrannie syndicale au Québec, mais la nouvelle dévoilée via Le Devoir par Wikileaks démontre bel et bien la domination du capital, ici Power Corporation, sur la direction des affaires publiques du Canada et surtout du Québec.

Au-delà de toutes allégations plus ou moins fondées, laissons les chiffres parler d’eux-mêmes et déterminer qui détient une influence financière déterminante sur les décisions gouvernementales.

Du côté gauche, le Fond de solidarité de la FTQ et le fondaction de la CSN cumulent respectivement des actifs de 7,7 milliards et de 635 millions totalisant donc plus de 8 milliards de dollars.  Ajoutons aussi les cotisations syndicales pour les puristes : 800 000 travailleurs sont syndiqués sont leurs bannières récoltant approximativement un 832 millions pour ces deux principales centrales syndicales du Québec.

Du côté droit, les revenus bruts du conglomérat Power Corporation et de son rival médiatique Québécor s’élèvent à 29,6 milliards pour le premier et 4 milliards pour le second. Une somme de près de 34 milliards annuellement.

Aisé alors de deviner lesquels de ces protagonistes remporteront la bataille du lobbying étatique.

Un autre élément pour étayer ce constat : même si près du deux tiers des Québécois s’oppose à l’exploitation des gaz de schiste selon des sondages, le gouvernement Charest va de l’avant malgré les maintes protestations pour satisfaire les visées du clan Desmarais (Power Corporation) qui détient des parts importantes dans la compagnie gazière et pétrolière française Total.

De plus, pourquoi notre premier ministre s’oppose-t-il avec tant de véhémence au projet de prix plafond pour l’essence à la pompe?

Alors, qui sont les véritables maîtres du Québec?

Niveau de difficulté de texte selon Scolarius d’Influence Communication :  173 (universitaire)

Les contradictions de Stephen Harper et de ses conservateurs

Rarement a-t-on vu autant de contradictions dans une gouvernance fédérale.  Le Parti Conservateur de Stephen Harper brandit vainement la menace d’un gouvernement de coalition entre les libéraux, les « socialistes » de Jack Layton et les séparatistes en espérant cacher les incohérences de ses politiques et le péril d’une majorité conservatrice.

La prétention de transparence détonne avec l’opacité des décisions gouvernementales et la Loi sur la responsabilité votée en grande trompe par les conservateurs eux-mêmes après le scandale des commandites.  Conflits d’intérêts, trafics d’influence, nominations partisanes, clientélisme culturel, outrage au parlement, utilisation de l’État à des fins politiques démagogiques se placent en contraste avec l’image éthique et d’ouverture du premier ministre Harper qui contrôle l’accès à l’information et musèle ses ministres ou députés trop encombrants.  Évoquons aussi les fraudes électorales des élections de 2006 avec le stratagème du « In and Out » dénoncé par Élection Canada et les tentatives d’éliminer le financement public des partis politiques pouvant avantager grandement les conservateurs déjà hautement financés par les pétrolières ainsi que le monde des affaires.  Tout ça en parfaite antinomie avec l’allocution du ministre de la défense, Lawrence Cannon, prétendant promouvoir la démocratie à travers le monde tandis que son parti viole les processus démocratiques les plus élémentaires.

L’allégement des taxes aux grandes entreprises, la mesure privilégiée des conservateurs pour appuyer la reprise économique, se porte en porte-à-faux à l’efficacité de la relance. En effet,  il est démontré, selon diverses études, dont celles de Statistique Canada et de la fiscaliste Brigitte Alepin, que l’investissement, qui se doit d’être inversement proportionnel à l’abaissement de la taxation, n’est pas au rendez-vous depuis les années 80.    La cible est ratée quand on considère que ce sont les petites et moyennes entreprises qui contribuent à 80% dans la création d’emplois.

Leur animosité face à l’avortement occulte une inconsistance philosophique profonde de cet aspect du conservatisme social.  Les conservateurs stipulent que seuls les enfants issus d’un mariage sont acceptables, mais enlèvent le droit aux femmes de se faire avorter à la suite d’un viol ou d’une relation amoureuse passagère.  Si l’enfantement n’est digne que dans le cadre des vœux sacrés du mariage, pourquoi alors refuser ce droit à l’extérieur de ceux-ci?

Les conservateurs érigent la famille comme valeur suprême, mais mettent en péril celle-ci en négligeant la protection de l’environnement.  En déniant le réchauffement planétaire et en atténuant la réglementation environnementale à l’exploitation des sables bitumineux, par exemple, ils laisseront à leurs enfants une planète malade et en piteuse état.  Belle façon de protéger sa descendance.

La loi et l’ordre, le crédo conservateur, ne s’arrime pas avec la réalité sociale canadienne.  Le crime est en baisse partout au Canada depuis plusieurs années.  Aussi, leurs attaques incessantes contre le registre des armes à feux, pourtant très utile aux policiers dans leur lutte contre les délinquants, sont incompréhensibles dans une logique de répression du crime. Même la Fédération des policiers municipaux clame avec véhémence l’utilité de ce registre.  De plus, permettre à des jeunes fautifs de 14 ans de purger une peine de prison avec de grands criminels adultes ne fait que perpétuer les comportements antisociaux générant encore plus de criminalité.

La militarisation, dont sont friands les conservateurs, va à l’encontre de leur mantra de réduction de l’État –  le budget de la défense gonflant de manière pléthorique.  Sans compter que les contrats sont donnés à l’extérieur du pays, privant ainsi les travailleurs canadiens de nouveaux emplois, lorsqu’il serait possible, dans certains cas, de les octroyer à l’interne.    Le gouvernement conservateur affirme, pour se justifier, que la majeure partie de l’entretien des avions F-35, par exemple, sera effectué à l’intérieur des frontières, ce qui s’avère erroné selon le Pentagone.  Bilan : les déficits cumulés depuis l’accession au pouvoir du Parti Conservateur atteignent 100 milliards de dollars – même si l’héritage de la précédente administration libérale avait dégagé des surplus de 13 milliards en 2006.  En parallèle, plus de 93 milliards ont été dédiés à l’achat de nouveaux équipements militaires. Très bonne gestion des finances publiques pour un parti prônant la rigueur budgétaire!  Il est ainsi inconséquent d’endetter le pays pour satisfaire le bellicisme des conservateurs.

Face à autant de contradictions, on peut se questionner sur le genre d’électeurs se confortant dans le programme de ce parti politique de droite. Le clientélisme qu’opèrent les conservateurs visant à cibler des segments de l’électorat favorables à telles ou telles promesses électorales semble avoir été récemment porteur pour ces derniers.  Néanmoins, les limites d’une stratégie aussi éclatée cherchant à séduire les uns et les autres risquent d’apparaître sans une ligne directrice et cohérente au niveau pancanadien.  Ce qui manque cruellement pour la formation de Stephen Harper…

Niveau de difficulté de texte selon Scolarius d’Influence Communication :  179 (universitaire)

La droite xénophobe

Une tendance inquiétante balaie la droite politique dans le monde occidental.

De l’Europe à l’Amérique du nord, l’ancienne droite libérale multiculturaliste cède la place à une droite conservatrice réactionnaire et xénophobe.

Les représentants du pouvoir exécutif des trois grandes nations européennes, tous conservateurs, tournent le dos à l’intégration des immigrants qu’ils qualifient comme étant un échec: le président de la France, Nicolas Sarkozy; la chancelière allemande, Angela Merkel; le premier ministre britannique, David Cameron.  À ce stade, il n’y a qu’un pas à franchir pour parler de xénophobie, voire de racisme.

De plus, en Suède, un parti d’extrême droite a réussi à faire élire des députés au parlement tandis qu’en Hongrie, un régime fasciste contrôle le pays d’une main de fer.

Et, en Amérique du nord, le Tea Party de Sarah Palin, mouvement politique ultraconservateur, accusé de racisme, prend de l’ampleur en dénigrant fanatiquement le premier président américain noir de l’Histoire, Barack Obama.

Lentement, mais sûrement, l’Occident s’éloigne des principes démocratiques et d’ouverture sur les autres cultures de la planète tandis que le monde musulman s’éveille aux principes du libéralisme politique, pourtant issu de la sphère occidental, dans sa propre Renaissance en pleine ébullition, notamment en Libye, Tunisie et en Égypte.

Une situation plus que paradoxale.

D’un coté, un glissement vers l’extrême droite est en train de s’opérer dans les sociétés occidentales et de l’autre, les pays musulmans, qui s’ouvrent à la démocratie et à l’éveil des libertés individuelles, dont celles des femmes.

Par ailleurs, sociologiquement, le paradoxe est encore plus prononcé.  Une jeune population musulmane aspirant à plus de liberté et de justice s’oppose à une communauté vieillissante en Occident cherchant à protéger à tout prix ses prérogatives et ses paradigmes culturels face à une immigration étrangère en progression, beaucoup composée de personnes de confession musulmane.

Cependant, on peut se questionner sur les véritables motifs de cette montée de l’extrême droite en Occident.  Le multiculturalisme a connu bien des heurts, exacerbés par les médias aux penchants sensationnalistes, mais, globalement, on ne peut parler implicitement de fiasco.  Sans compter que les nations occidentales ont besoin d’immigrants pour contrer l’implosion de ses populations générée par leur déficit de régénération démographique.

Mais, surtout, les motivations de la droite conservatrice doivent être mises en examen.

En propageant la crainte de l’étranger à la nation ou d’une immigration menaçante et agressive contre les caractéristiques culturelles de l’Occident via la propagande des conglomérats médiatiques privés souvent sous son contrôle idéologique, la nouvelle droite xénophobe espère susciter la peur afin de maintenir sa mainmise sur le pouvoir politique et même de l’accentuer encore plus.

C’est pourtant vieux comme le monde.  Adolf Hitler a déjà usé du même stratagème dans le but d’obtenir l’autocratie totale en échafaudant l’incident de l’incendie du Reichstag tout en rejetant sa paternité sur la communauté juive après avoir monté son peuple contre elle…

Niveau de difficulté de texte selon Scolarius d’Influence Communication :  191 (initié)

Tucson : pas morts en vain

Il y a des événements dans l’actualité qui changent la course de l’Histoire.

La tuerie de Tucson en Arizona, perpétrée par Jared Lee Loughner, quoi que malheureuse par ses victimes innocentes, dont la représentante démocrate Gabrielle Giffords gisant sur un lit d’hôpital, peut éventuellement et contre tout attente débouchée sur un aspect positif.

Dans ces moments de stupeur et de tristesse devant le drame humain et l’inconséquence du geste meurtrier commis, le contexte est propice à une remise en question et à des changements de paradigmes importants dans la société américaine.

En effet, cet incident lugubre a permis de découvrir, pas son allocution, la grandeur d’un président, Barack Obama, hautement contesté par une puissante droite idéologique, appuyée par des médias colossaux comme le réseau Fox, n’hésitant pas à appeler aux armes pour renverser l’administration en place.

Aussi, il a dévoilé l’inconsistance d’une Sarah Palin, oracle du néoconservatisme, et l’irresponsabilité des ténors du Tea Party évoquant l’utilisation de la violence dans le débat politique.

De plus, cela donne des munitions aux opposants du trop libre accès à l’armement aux États-Unis, ce fer de lance de la droite républicaine.  Nul ne peut prévoir les agissements d’un individu dérangé lorsqu’il saisit une arme à feu dans ses mains, malgré la constitution américaine qui permet à tout américain de posséder une arme pour lutter contre la tyrannie.  Ce qui n’est sensiblement pas le cas ici.

Ainsi, le pendule devrait retourner dans l’autre direction et recentrer la politique américaine vers la modération et le bon sens.

Comme un papillon battant des ailes et créant une tempête à l’autre bout du monde, cette tragédie pourrait avoir des conséquences ultérieures dans les vents orageux de l’Histoire.

Ce serait, en fait, le seul moyen d’honorer la mémoire des victimes de Tucson et de s’assurer que leurs morts ne soient pas vaines.

À propos de Pour que Demain soit

Ce blogue se veut un exercice de prise de conscience ainsi qu’un réquisitoire dans le but d’éveiller les esprits, bien que cela semble plutôt irréaliste ou utopique dans cette société imprégnée par le mercantilisme.

Un environnement sain, une qualité de vie sociale et une bonne éducation, bien des choses qui semblent incertaines dans l’avenir pour une majorité de nos descendants.

Mais je conserve l’espoir.

L’espérance que le monde revienne à la raison dans cet empire de la surconsommation, de l’excès et de l’achat de biens superflus.

Une espérance qui replacera enfin les valeurs à leur place, au-delà des envies matérielles et de la vanité des élites économiques trop confiantes en elles-mêmes.

À vrai dire, un monde à l’endroit, à la différence du monde à l’envers que nous connaissons présentement.

Au contraire d’une planète qui dilapide ses ressources limitées et pollue son écosystème sans penser au futur de l’humanité.

En opposition d’un univers où le profit à court terme est le seul motif et qui laissera le genre humain dans un état déplorable et sans lendemain…

Les syndicats et la corruption

Lorsqu’on parle de corruption dans la construction, on accuse surtout les syndicats en les associant au crime organisé.

Évidemment, certains syndicats n’ont pas pattes blanches dans ce domaine.  Intimidation, chantage, favoritisme sont parfois évoqués.  Mais, ils sont malheureusement imbriqués dans un système corrompu dont ils ne sont que des acteurs insignifiants.

Leurs torts sont minimes devant ceux des vrais initiateurs de la corruption.

Demandons-nous quelque chose : qui soumet les appels d’offres, a remis les enveloppes brunes et fixé les prix en collusion avec d’autres?  Les firmes de génie-conseil ainsi que les compagnies de construction.

Ce ne sont pas les syndicats qui manipulent les coûts des projets.  Ce ne sont pas les syndicats qui magouillent en arrière de portes-closes et qui achètent le Parti Libéral du Québec avec des techniques de contournement de la loi sur le financement des partis politiques.

Or, dans les médias, on suppose que les syndicats sont responsables de la corruption dans la construction, parce qu’il est plus facile de les mettre sur les bancs des accusés que les puissants patrons et ingénieurs possédant maints contacts et amis bien placés.

En fait, l’Opération Marteau évoque la collusion de 14 compagnies de construction et Le Devoir parle d’un regroupement de 9 firmes d’ingénieries qui se situeraient au centre de tout ce scandale de la corruption dans la construction.

Encore et toujours, le mouvement syndical est éternellement un paratonnerre aux crimes du patronat enquiquiné avec les médias contrôlés par les forces de droite.

Schizophrénique Amérique?

Les élections de mi-mandat aux États-Unis confirment un fait avéré: les électeurs américains sont autant imprévisibles qu’inconséquents.

Il y a deux ans, ils ont élu le premier président noir issu de la classe moyenne, contrairement à tous ses prédécesseurs, doté d’un vaste programme de redémarrage de l’économie et de réformes sociales et médicales.

La catharsis populaire fut à son comble et un véritable vent de changement soufflait sur cette Amérique embourbée dans une crise économique comparable à celle des années 30 du siècle dernier.

Mais, face aux puissants médias et lobbies des forces de droite, du conglomérat pharmaceutique et des compagnies d’assurances privées en santé, la popularité du nouveau chef de l’état fédéral ne cessa de décroître au fur et à mesure que leur propagande de salissage envers Obama s’intensifiait.  On le traitait de communiste, d’islamiste, voire de nazi, en dépit du sens commun et de la vérité.  Ses opposants semblent avoir bien assimilé ce qu’enseignait Goebbels: “Plus le mensonge est gros, plus il passe.”

La désinformation a tellement bien fonctionné que Barack Obama se verra contraint à plier aux demandes des républicains suite à la prise de contrôle de la chambre des représentants  par ceux-ci ou abandonner tout son programme de réformes jusqu’au prochain scrutin général en 2012, en espérant un revirement de situation.

Le Tea Party, cette nouvelle dénomination du Parti républicain visant à draper d’un linceul de nouveauté la même équipe ayant mené à l’endettement chronique du pays ainsi qu’à la crise financière et économique actuelle, gagne du terrain tandis qu’on blâme Obama pour l’empêtrement des États-Unis dans le marasme économique.

Comme si on pouvait faire changer de cap un navire aussi gigantesque que l’économie américaine en à peine 24 mois.  Pourtant, dans la dernière dépression, les effets du New Deal de Franklin Roosevelt ne se sont fait sentir que plusieurs années plus tard, et encore, il fallut un conflit mondial pour remettre l’économie des États-Unis sur les rails.

L’Amérique est schizophrène.  Un jour, elle élève au rang de sauveur un président ayant étalé ouvertement ses projets et, un autre jour, elle le punit pour avoir essayé de mettre en pratique ses politiques.

Il ne faut pas s’en surprendre dans une société foncièrement raciste et réactionnaire ancrée dans le matérialisme croyant encore majoritairement que le monde a été créé en 6 jours…

Corruption au Québec : la faute du Canada

La crainte d’une sécession prochaine du Québec étant écartée à moyen ou long terme,  le Canada anglais ne se gène pas pour taper une fois de plus sur le peuple québécois.

La revue Maclean’s déverse le fiel des préjugés anti-québécois en affirmant que le Québec est la province la plus corrompue au Canada.

Les velléités indépendantistes et l’État social-démocrate du Québec sont cités comme les causes directes de la corruption qui rongerait la Belle Province.

Ces dénigreurs de la nation québécoise, qui n’y connaissent apparemment rien à la réalité de chez-nous, détournent les faits historiques en oubliant que si le Québec est corrompu, c’est directement la faute des fédéralistes et des sbires francophones à leur service, pas des souverainistes portant sur leurs épaules une cause légitime!

Qui a détourné les résultats du référendum de 1995 pour sauver la fédération canadienne en instaurant un programme douteux de commandites en violation des lois électorales du Québec sur le financement des campagnes référendaires?   Les libéraux du fédéral avec leur petit porteur d’eau de service, Jean Chrétien.  À noter : la corruption venait ici de l’État fédéral, pas provincial!  Le Canada serait-il alors corrompu?

Qui a parachuté sur la scène politique provinciale un certain Jean Charest, ancien président du comité du NON en 1995 et pourfendeur des souverainistes?  Les fédéralistes canadiens.

Et qui a implanté au Québec une culture de corruption dans l’institution gouvernementale en moins de 7 ans de pouvoir?  Ce même Jean Charest, ancien ministre fédéral sous l’ère conservatrice Mulroney qui a connu un lot impressionnant de scandales, notamment avec l’affaire Oerlikon et les conflits d’intérêts de Stevens Sinclair.

Il apparaitrait que Charest ait appris à bonne école.

Aussi, à propos des conservateurs, les responsables de ce torchon propagandiste semblent tasser volontairement sur le bas-côté l’histoire du Parti Conservateur, présentement au pouvoir à Ottawa, qui elle aussi ne constitue pas un exemple d’intégrité –  on se remémorera encore la gouvernance houleuse en corruption de Brian Mulroney.

Sans compter l’attitude actuelle du cabinet du premier ministre Stephen Harper qui filtre l’information émanant du gouvernement et aussi des scientifiques fédéraux en environnement, comme s’il avait quelques scandales à cacher sur ses liens avec les pétrolières et les impacts écologiques de l’exploitation des sables bitumineux.

Et que dire de la présomption fallacieuse d’une relation entre la taille de l’État québécois et le degré de corruption?  Dans la mesure où les pays les plus corrompus sur la planète sont ceux abritant des pouvoirs gouvernementaux faméliques, on constate très limpidement le mensonge d’une telle assertion.

De plus, la société québécoise avec son faible écart entre les classes sociales prouve d’emblée que la justice sociale y est fort présente.  Ce qui contredit encore le lien entre la grosseur de l’État et la corruption rampante car une société contaminée par un avilissement du genre engendrerait à coup sûr des inégalités sociales très prononcées.

MacLean’s utilise comme prétexte la commission Bastarache et les scandales dans la construction pour vomir une diatribe anti-québécoise abjecte qui ne colle pas à une réalité politique québécoise n’ayant encore jamais connu tels scandales avant la venue du champion du fédéralisme canadien, John James Charest, au poste de premier ministre du Québec.

La revue canadienne use malhonnêtement d’une exception de l’histoire québécoise afin de diffamer une société parmi les plus éthiques au monde.  Pour preuve, nous nous empressons de faire enquête au moindre signe de corruption.  Ce qui ne semble pas être le cas dans le reste  "plus blanc que blanc" du Canada.

En somme, sans le Canada jouant dans nos affaires internes afin de nous dévier de notre destinée en tant que nation, il n’y aurait simplement pas de corruption au Québec…