Se mettre la tête dans les sables… bitumineux

Les conservateurs ne manquent pas d’aplomb ni de contradictions dans leur défense dogmatique des sables bitumineux.

Depuis quelques semaines, nous pouvons écouter dans les médias une publicité mielleuse du gouvernement du Canada encensant la nouvelle rigueur du fédéral dans sa lutte aux pollueurs dans l’industrie du pétrole (principe du pollueur-payeur) et, dans le même temps, on apprenait qu’Ottawa hésite à débloquer un montant pour la décontamination du site de l’incident du train de l’entreprise Montreal Maine and Atlantic à Lac-Mégantic.

On se serait pourtant attendu à une réponse immédiate avec les nouvelles vertus écologiques du gouvernement conservateur ou est-ce simplement la crainte d’une facture salée qui rebute Stephen Harper dans son élan?  En effet, le déversement (d’un pipeline d’Enbridge) de 3,7 millions de litres à Kalamazoo au Michigan en 2010 a coûté à ce jour plus de 1 milliard de dollars et les opérations de nettoyage ne sont pas encore terminées.  Or, avec ses 5,7 millions de litres répandus, la décontamination de Lac-Mégantic devrait demander tout au moins le double d’investissement!!!  En période de compression budgétaire, le fédéral y pense alors à deux fois avant de délier le cordon de sa bourse!

Et qu’en est-il de l’Alberta et de ses bassins de rétention des résidus de traitement des sables bitumineux?  Qui payera les dommages catastrophiques sur la faune et la flore ainsi que sur les conséquences des fuites dans la nappe phréatique causant maladies et cancers chez les populations environnantes (on a d’ailleurs déjà noté un taux de cancer élevé chez les habitants à proximité)?  Et même si les entreprises responsables payaient, aucune somme d’argent ne compensera jamais la destruction de l’environnement pendant des générations et les souffrances et vies détruites par cette exploitation désastreuse et irresponsable.

Aucune problématique ici pour les conservateurs au pouvoir, car comme le disait à l’étranger le ministre des Ressources naturelles du Canada, M. Joe Oliver, en voyage promotionnel pour les sables bitumineux, il s’agit d’une ressource « renouvelable et verte »!

Une autre contradiction réside aussi dans les coupures sauvages dans le personnel scientifique d’Environnement Canada  : comment assurer la qualité de vastes projets de décontamination sans une cohorte de scientifiques qualifiés de l’État?  Les entreprises fautives devront donc gérer les opérations et surveiller elles-mêmes la réparation des dégâts qu’elles ont causés? N’importe quoi…

On peut dire une chose et faire son contraire, continuer à extraire un produit pétrolier dommageable pour l’environnement et le faire promener aux quatre coins du continent dans des pipelines aussi peu sécuritaires que les trains – comme le témoigne la fuite dans la rivière Kalamazoo – et souhaiter que rien de malencontreux n’arrive, en pure pensée magique.  Il n’en reste pas moins que les conservateurs se mettent toujours la tête dans les sables… bitumineux.

Armes, liberté et gouvernement aux États-Unis

Le monde fut stupéfait par la tuerie de l’école élémentaire de Sandy Hook dans la petite ville de Newtown aux États-Unis.  De ce tragique événement en particulier et de bien d’autres du même genre depuis le début du siècle, découle maintenant un débat houleux sur la possession des armes à feu ainsi que sur leurs limitations.

Au-delà de ces considérations, il est approprié d’explorer les éléments sous-jacents de cette adoration plus qu’irrationnelle qu’ont certains américains envers leurs armes.

Pour cela, il faut remonter à la guerre d’indépendance américaine et à la déclaration de l’Union.

À cette époque, les Pères de la constitution voulaient évidemment empêcher une reconquête britannique et aussi dissuader tout gouvernement tyrannique, faciliter un droit naturel à la légitime défense ainsi que permettre à tout un chacun d’appliquer les lois.

C’est dans ce sens que fut édicté le deuxième amendement de la constitution américaine :"Une milice bien organisée étant nécessaire à la sécurité d’un État libre, le droit qu’a le peuple de détenir et de porter des armes ne sera pas transgressé".

Mais, ce qui semblait adéquat dans ce contexte historique précis est devenu obsolète à l’époque contemporaine, comme je l’évoquais dans mon dernier billet sur le sujet : "Avec l’amélioration technologique des armes à feu pouvant propulser des dizaines de projectiles à la seconde, la concentration de la population dans de grandes agglomérations urbaines, la précarité  économique poussant plusieurs personnes dans le désespoir le plus profond, le risque de tels massacres perpétrés par des individus à la santé mentale fragile avec un fusil à la main ne peut que s’accentuer."

Par ailleurs, de nos jours, des franges plus radicales pourfendant l’État considèrent ce droit octroyé par la constitution comme le seul moyen de défense contre un gouvernement trop envahissant. Des milices paramilitaires ainsi que des groupes d’extrême droite à l’idéologie plus que questionnable appellent même à prendre les armes contre les autorités au nom de la liberté.

Cependant, cette douteuse association de la liberté avec le droit du port des armes soulève un problème philosophique.

Rapportons-nous à Thomas Hobbes, philosophe anglais du XVIIe siècle, théoricien de l’État de nature et du contrat social. Il fut aussi l’un des fondateurs du libéralisme politique pour lequel les individus sont libres et égaux.

Dans Le Léviathan, son oeuvre principale, il émet la conception que pour être en sécurité et donc vraiment libres, les individus doivent léguer une partie de leur liberté à une organisation législative, l’État, qui maintiendrait ainsi l’ordre et réglerait les conflits entre eux pour la survie de toute la société qui sombrerait sans cela dans le chaos. En somme, l’État détiendrait le monopole de la violence pour le bien-être de tous.

Ce paradigme est l’un des fondements de la science politique actuelle.

Les États-Unis étant le seul pays occidental à permettre à ses citoyens de se défendre par les armes en tout temps ainsi qu’en toute situation, c’est donc ici qu’apparaît la contradiction flagrante entre la croyance du maintien de la liberté par le port d’armes généralisé et le rôle de "régulateur social" de l’État d’Hobbes.

Au pays de la liberté, la pérennité du libre arbitre ne repose que sur le droit de chacun de fourbir les armes pour se protéger.  La guerre de tous contre tous, comme disait Hobbes. Et le gouvernement, jugé comme l’ultime menace contre la liberté, représente la "bête immonde" cherchant à asservir la multitude.

Ce qui me fait dire que trop de liberté tue la liberté comme sous l’état de nature, c’est-à-dire un contexte dans lequel il n’existe aucune loi et qui ne peut que générer l’anarchie et finalement la perte de la liberté pour les plus faibles soumis au joug des plus forts…

Lorsque les enfants meurent au bout du fusil

Cet article a été publié dans Métro Montréal le 17 décembre 2012

La société américaine a toujours été empreinte d’immobilisme social et politique.

La toute dernière des tueries dans la longue liste jonchant l’histoire récente des États-Unis, celle de l’école élémentaire Sandy Hook dans la tranquille ville de Newtown au Connecticut, est sans aucun doute la plus tragique, car elle a touché de petits êtres innocents, et marquera l’histoire de ce pays très longtemps.

Plus que jamais, le temps est venu pour les Américains de rouvrir la question de la possession des armes à feu qui, depuis le début de la république, est un droit quasi inaliénable sanctifié par le deuxième amendement de la constitution américaine -  un article qui a été édicté dans la foulée de la lutte pour l’indépendance contre l’Empire britannique au 18e siècle et qui se veut, à notre époque contemporaine, totalement suranné.

Avec l’amélioration technologique des armes à feu pouvant propulser des dizaines de projectiles à la seconde, la concentration de la population dans de grandes agglomérations urbaines, la précarité  économique poussant plusieurs personnes dans le désespoir le plus profond, le risque de tels massacres perpétrés par des individus à la santé mentale fragile avec un fusil à la main ne peut que s’accentuer.  En fait, il s’agit de la 31e tuerie depuis 1999.

En vérité, le peuple américain se doit de rentrer dans une nouvelle ère de sagesse populaire car les vies perdues de vingt enfants ne peuvent justifier aucun droit constitutionnel…

Argent et politique aux États-Unis

L’argent domine plus que jamais tout aux États-Unis. Même la politique.

Récemment, on a pu assister à la victoire du gouverneur du Wisconsin, Scott Walker, dans la procédure de rappel initiée par les syndicats à la suite d’un vote houleux sur l’élimination des droits de négociation dans le secteur public.

Les publicités mur-à-mur incessantes du côté républicain ont eu raison de la candidature de son adversaire démocrate.  Et cela, à un point tel, que plus du tiers des syndiqués de l’État ont voté pour Scott Walker…

Évidemment, ici, l’argent a joué un rôle déterminant. Walker avait en caisse sept fois plus de financement que son opposant démocrate et 30 millions$ en promotion ont été dépensés par des groupes dits « indépendants ».

Ce qu’il faut savoir est que la Cour Suprême a invalidé l’interdiction de publicités indépendantes (financés par des dons anonymes) avant des élections dans sa décision appelée « Citizen United » - la Cour Suprême étant investi par des juges à tendance conservatrice nommés sous les anciens mandats présidentiels républicains.

Et même au niveau fédéral, le scrutin présidentiel s’annonce aussi inégal.  Mitt Romney a empoché 76,8 millions$ contre 60 millions$ pour Obama au cours du mois de mai- le dépassant pour la première fois. De plus,  on estime que ces mêmes groupes -  fort probablement de riches républicains du monde des affaires ainsi que des entreprises– pourraient donner  jusqu’à un milliard de dollars en publicité contre le président sortant.

La mainmise des puissances d’argent sur les affaires publiques se concrétise de plus en plus aux États-Unis menant ce pays  progressivement vers une totale ploutocratie où le dollar et la propagande conservatrice imposeront leur implacable volonté.

Cependant, ceci va à l’encontre de la rhétorique de la droite américaine qui conspue la soi-disant domination des syndicats sur la nation.  En effet, l’étalement d’autant d’argent dans les campagnes électorales en faveur des poulains républicains laisse bien croire que les dominants ne sont pas ceux que l’on pointe du doigt dans les publicités républicaines…

Niveau de difficulté de texte selon Scolarius d’Influence Communication : 169 (universitaire)

Comment faire tomber un président

Rien n’est joué pour la reconduite de Barack Obama à la présidence.

Malgré son trésor de guerre bien garni et l’approbation récente d’un Américain sur deux, le milieu des affaires semble le bouder tandis que le cours haussier du pétrole à la pompe gruge sa cote de popularité – celle-là qui vient de passer dernièrement sous la barre des 50 %.

Inutile de dire que les forces se liguant contre le premier président noir de l’histoire américaine sont quasi omnipotentes et ne reculeront devant rien pour barrer la route du pouvoir exécutif à Barack Obama.

D’abord, il y a les pétrolières qui ne portent pas l’actuel président dans leur cœur.  Remémorons-nous qu’Obama veut libérer les États-Unis de sa dépendance au pétrole et désire instaurer un programme de conversion vers des énergies renouvelables et donc plus écologiques.  Ainsi, est-ce que le prix du pétrole raffiné pourrait être gonflé sciemment par les pétrolières – par l’entremise des raffineries qu’elles possèdent – pour nuire à la réélection du président qu’elles abhorrent?

Ensuite, exacerbant l’incertitude sur le marché pétrolier, les deux favoris à l’investiture républicaine, Rick Santorum et Mitt Romney, ne cessent de brandir les armes contre l’Iran et son projet nucléaire : le premier promettant de lancer un ultimatum et le second envisageant une intervention militaire -  rien pour freiner la spéculation et l’explosion des prix de l’or noir.

L’influence de ces deux groupes opposés à Obama – unis depuis toujours par une alliance tacite et doutant des changements climatiques – paraît converger pour le détrôner de la présidence.

En vérité, ce ne serait pas la première fois que des puissances occultes s’unissent pour influer sur le destin politique d’une nation…

Niveau de difficulté de texte selon Scolarius d’Influence Communication : 211 (initié)

La Pétrocratie

Ce que démontre le prix élevé de l’essence à la pompe, souvent sans corrélation au cours du baril du pétrole brut, est que la traditionnelle démocratie libérale ayant assise en Occident n’est plus qu’une vue de l’esprit.

En effet, les pétrolières – détenant parfois l’exploitation de la ressource et toujours les raffineries servant à traiter la matière brute – assoient leur pouvoir économique ainsi que leurs politiques en imposant leurs velléités implacables.

Lorsque le président des États-Unis, Barack Obama, – l’homme supposément le plus puissant de la planète -  admet son impuissance face aux montées du coût de l’essence lorsque celui-ci ne cesse de progresser depuis trois semaines dans son pays au risque de miner une reprise économique plus qu’attendue, on est en droit de s’interroger.

Et n’oublions pas son prédécesseur, Georges W. Bush, digne fils de son papa lui aussi ancien président à la solde des magnats du pétrole, qui déclencha une guerre en Irak pour le motif évident de mettre la main sur ses puits d’or noir.

Au Canada, l’homme de paille des géants pétroliers, Stephen Harper, fait fi des risques environnementaux apparentés à l’exploitation des sables bitumineux pour alimenter le puissant voisin du Sud si avide du pétrole nécessaire à son économie.  Rappelons-nous que le traité de libre-échange, l’ALENA, signé par un autre ancien premier ministre conservateur, Brian Mulroney, contraint le Canada à fournir les États-Unis du quart de sa production de cette ressource.  Pendant ce temps, en pure incohérence, l’Est du pays doit s’approvisionner à l’extérieur même si la logique dicte qu’un pays aussi pourvu en pétrole devrait être autarcique en ce domaine et ainsi pouvoir contrôler le prix à la pompe à l’avantage de ses citoyens avec un peu de volonté politique.

En somme, la souveraineté politique des États a migré vers des organisations transnationales se souciant peu de l’équité ou de la justice.

Oubliez la démocratie représentative. Elle est désormais désuète et surannée.  Dites bonjour à la pétrocratie!

Le vrai pouvoir n’est plus dans les assemblées législatives ou les cabinets exécutifs.  Il siège maintenant, derrière des portes-clauses, dans les conseils d’administration de l’oligarchie des grandes pétrolières….

Niveau de difficulté de texte selon Scolarius d’Influence Communication : 172 (universitaire)

Le premier jalon

Les puissants de ce monde jubilent.  À l’aide de leurs associés investissant les mairies des principales villes "occupées", le  mouvement contestataire des Indignés a été évincé des parcs jouxtant les sanctuaires du capitalisme financier.

Plusieurs raisons de sécurité publique servant de prétexte à l’éviction ont été évoquées, bien, qu’en définitive, on sait que ces « sit-in » nouveau genre déplurent grandement aux maitres du monde et qu’il fallait y mettre un terme, car ils représentaient une épine à leurs pieds et que, surtout, ils leurs renvoyaient en pleine face, tel un reflet de miroir, leur avarice ainsi que leur apathie envers leurs congénères.

Mais, ils ont tort de se réjouir trop rapidement.

Le premier jalon d’une nouvelle mouvance politique vient d’être posé.

On la sentait venir depuis les années 90.  Cela a commencé avec les altermondialistes qui ont été interrompus dans leur élan par les événements du 11 septembre.  Cependant, après une décennie et le traumatisme passé, les opposants à l’ordre social établi ont repris le flambeau.

Bien qu’on ait vidé les lieux des occupations, le nombre des participants, l’appui d’une majorité de la population ainsi que la caution morale des richissimes Warren Buffet ou Bill Gates, démontrent bien que, même étouffée, la cause est toujours vivante.  Et l’aggravation de la crise économique exacerbant les inégalités sociales jettera encore plus d’huile sur le feu dans l’avenir.

Tout comme les premières révoltes arabes ou les soubresauts démocratiques dans l’ancien bloc soviétique durement réprimés, le mouvement « Occupy » ne pourra être éradiqué aussi facilement sans un changement majeur dans l’attitude des élites économiques et financières contrôlant tous les organes du pouvoir politique.

Et l’histoire a souvent démontré que la répression des puissants ne réussit qu’à ralentir un mouvement politique, pas à l’éliminer. Bien au contraire. Elle l’alimente…

Niveau de difficulté de texte selon Scolarius d’Influence Communication : 159 (universitaire)

La chute du mur de… Wall Street

Ce texte a été publié dans Le Devoir le 26 octobre 2011

Berlin, 1989 : le mur de la honte tombe et sonne le glas de l’Union Soviétique et du bloc de l’est.  Tout un ordre social s’effaca devant la faillite d’un système sclérosé et usé par le temps.

New York, 2008 : la plus grande crise financière du capitalisme frappe Wall Street ainsi que les places boursières du monde et fait vaciller sur lui-même le système bancaire de l’Occident.    Une crise systémique s’installe avec le chômage structurel, l’endettement massif des consommateurs et les problèmes liés aux dettes souveraines.

De part et d’autre, les anciennes grandes idéologies porteuses d’idéaux de prospérité et d’équité s’effondrent laissant un grand vide à combler.

Le communisme à la soviétique n’a pas rempli ses promesses de justice sociale et son antagoniste, le capitalisme, a failli à répartir les richesses malgré ses prétentions pérennes.

Ainsi, le marché se révèle comme imparfait, en dépit de la « main invisible » censée tout réguler indéfectiblement.  Une caste dirigeante s’est formée, bien
protégée dans les châteaux modernes que sont les gratte-ciel, et les serfs
contemporains se paupérisant protestent devant autant d’accumulation pécuniaire.

Encore une fois, la fin d’un système se profile à l’horizon.  En conséquence, un nouveau mur s’effritera…

Les leçons de l’histoire sont limpides : trop de laisser-aller est aussi inefficace que trop de concentration des pouvoirs.  Une société éclairée doit choisir une voie intermédiaire constituant un juste milieu entre planification globale et
libertés des individus.

Le Printemps occidental

Ce texte a été publié dans Métro Montréal le 18 octobre 2011

Les divers mouvements « d’occupation » initiés par les "indignés"sur Wall Street à New York se répandent comme une trainée de poudre dans tout l’Occident et au-delà.

Les temps sont mûrs à la contestation populaire transnationale.  La hausse des prix des aliments partout sur le globe et la débâcle financière – ayant dégénéré en crise systémique du capitalisme -  ont planté les germes d’une opposition à l’ordre socio-économique existant.  Les chômeurs – souvent de jeunes diplômés – prennent d’assaut les temples de la finance et réclament plus de justice sociale.

Cependant,  le fait le plus ironique, au niveau historique de cet événement, est que ce « Printemps occidental » a succédé aux révoltes du « Printemps arabe », comme si le monde arabo-musulman avait allumé la mèche d’une révolution du paradigme social dans la civilisation voisine au nord.

Ironique, car la période du Moyen-âge occidental dans laquelle l’Europe fut plongée – se caractérisant par une noirceur philosophique et une perte de connaissances techniques – côtoyait un monde musulman fleurissant et qui conservait le savoir que l’Occident avait jadis perdu et qu’il se réappropriera quelques siècles plus tard grâce à lui.

Aujourd’hui, la civilisation occidentale s’enfonce dans une pénombre sociale dominée par les nouveaux prêtres de la finance et de l’argent, et c’est les voisins arabes qui nous éclairent encore une fois sur la voie à emprunter…

Niveau de difficulté de texte selon Scolarius d’Influence Communication : 220 (initié)

Une société de prisonniers

On le sait. Les conservateurs de Stephen Harper prétendent haut et fort lutter contre le crime et envoyer illico presto dans leurs prisons revampées les délinquants en tout genre afin de satisfaire leur électorat traditionnel de l’Ouest préconisant la répression plutôt que la réinsertion sociale des criminels, même s’ils ne sont âgés que de 14 ans.

Or, leurs divers projets de loi resserrant les peines de détention auront comme répercussion un coût supplémentaire au niveau fédéral et surtout pour les provinces qui accueilleront par ricochet un nombre plus élevé de prisonniers – mais sans de subsides supplémentaires provenant du gouvernement fédéral.

Devant les récriminations des provinces,  notamment le Québec, le ministre fédéral de la Sécurité publique, Vic Toews, a simplement rétorqué que les provinces devront couper dans les services sociaux (santé, éducation, aide sociale) afin de financer l’accroissement de la population carcérale suscité par les orientations du cabinet de Stephen Harper.

En suggérant aux États provinciaux de sabrer plus dans les dépenses sociales en cette période de déficits budgétaires dus au ralentissement de l’économie, les conservateurs engendreront plus de pauvreté et en conséquence plus de criminalité qui dirigeront encore plus de citoyens vers le système pénitencier parasitant alors davantage les finances publiques qui injecterons plus d’argent vers l’administration des prisons et ainsi de suite…

Comme toujours, les conservateurs démontrent leur jugement sans faille et leur grande vision sociale.

À croire que les conservateurs espèrent que le Canada batte le record peu enviable du plus haut taux d’incarcération des pays développés détenu aujourd’hui par les États-Unis…

Niveau de difficulté de texte selon Scolarius d’Influence Communication : 302 (initié)