Tirer sur l’élastique de l’électorat

Il y a de ces élus qui ne réalisent pas quand leur temps est venu de quitter la vie politique.

Jean Charest est l’un de ceux-là.

Neuf ans de pouvoir se situent déjà à la limite de l’usure acceptable du pouvoir et les incessantes manifestations en témoignent.

La gestion à la petite semaine des affaires de l’État teintée de corruption avec un ascendant pour le capital et le monde des affaires entre en conflit avec l’héritage de la Révolution tranquille qui prônait une prise de contrôle des vecteurs sociaux et économiques du Québec par le peuple québécois au bénéfice de toute la population et non pas à l’avantage d’une élite mercantiliste avide de la dépouiller de ses richesses afin de s’enrichir encore plus.

Et la fameuse loi 12 (ou 78) – votée dans la foulée de la crise étudiante -, décriée par bon nombre d’organisations de défense des droits et libertés, ne fait que jeter de l’huile sur le feu tout en étalant au grand jour l’incapacité du gouvernement libéral de faire face aux débats sans imposer unilatéralement ses politiques controversées.

Qu’à cela ne tienne. Le Parti Libéral du Québec parie sur une nouvelle réélection, confiant de ses appuis inconditionnels provenant des nouveaux immigrants, des anglophones et d’une certaine frange de la population plus âgée misant sur la sécurité et la préservation de leurs acquis de retraite – souvenons-nous que Charest avait brandi en épouvantail la perte éventuelle de la Sécurité de la vieillesse du fédéral advenant la souveraineté du Québec portée par le Parti Québécois. Le PLQ compte aussi sur le revirement de l’opinion en sa faveur dans le conflit étudiant dans une crise qu’il a lui-même initiée…

Cependant, il s’agit d’un pari risqué.

Supposant un autre règne libéral, la situation politique au Québec pourrait bien dégénérer. Surtout si la commission Charbonneau dévoile encore plus d’irrégularités dans la pratique du pouvoir. Une partie importante de la population acceptera mal cet état de fait et la polarisation des acteurs politiques déchirera encore plus le climat politique et minera la paix sociale pour une dizaine d’années, voire plus, avec comme conséquence l’émergence de groupes politiques de gauche plus radicaux… ce qui se veut contradictoire avec les visées des libéraux voulant favoriser le monde des affaires.

En fait, le temps serait venu pour Jean Charest de démissionner, car en tirant ainsi sur l’élastique de l’électorat, rien de bon ne sortira d’une nouvelle élection ou éventuellement de sa réélection. Un politicien avisé l’aurait compris, mais, il s’accroche, espérant ravir un autre mandat. Mais à quel prix?

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Une réflexion sur “Tirer sur l’élastique de l’électorat

  1. Tout à fait! Après neuf ans c’est assez. D’ailleurs nous avons compilé une liste de faits sur le gouvernement Charest qui — on l’espère — permettra aux Québécois de se rafraîchir la mémoire: http://charest-les-faits.com

    Laissez-nous savoir ce que vous en pensez!

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