Archives mensuelles : septembre 2011

L’impasse économique

La présente crise économique est particulière et diffère de la Grande Dépression des années 30.

Bien qu’elle présente des similitudes avec cette dernière – crédits élevés des consommateurs et écart des richesses-, elle se distingue par l’endettement chronique des États.

En effet, à la troisième décennie du siècle dernier, les gouvernements furent mieux équipés pour faire face à une crise que ceux du début du troisième millénaire, car leurs finances n’étaient pas ankylosées par d’énormes dettes publiques, en raison du faible interventionnisme étatique qui prévalait dans les “années folles” d’avant le Krach de 1929.

Mais, de nos jours, les États, devenus plus interventionnistes justement en conséquence de la première dépression et du second conflit mondial, ont hérité d’une charge fiscale accrue avec un transfert de l’assiette fiscale – sévissant depuis les années 80 – des entreprises aux simples contribuables qui réduisit leurs revenus.

Donc, non seulement la perturbation économique actuelle comporte un gonflement dangereux du crédit chez les particuliers qui ont dû s’endetter pour maintenir leur niveau de vie en raison des écarts de revenus croissants et de la hausse du coût de la vie, elle se combine aussi avec des mauvaises créances des États.

Les anciennes recettes de stimulation économique ne marchent plus.  Elles ne donnent aucun résultat.  La crise est si systémique et la demande si atone, qu’une potentielle reprise économique est de plus en plus éloignée.

Contrairement à la dernière débâcle économique, aucune reconstruction de l’Europe, aucun Plan Marshall, aucune “Trente glorieuses”, ne viendront sauver la mise d’un ordre économique ayant lui-même creusé sa propre tombe avec des politiques néolibérales inadéquates.

Peut-être, enfin, l’humanité cessera de confier aveuglément sa destinée aux lois du marché et se réappropriera la mainmise sur son avenir….

Niveau de difficulté de texte selon Scolarius d’Influence Communication :  202 (initié)

R.I.P. Parti libéral du Québec

Ce texte a été publié dans Métro Montréal le 20 septembre 2011

Jean Charest n’aurait pas pu mieux poser le dernier clou sur le cercueil du Parti Libéral du Québec que par sa dernière conférence de presse au sujet du rapport Duchesneau de l’Unité anti-collusion.

En ignorant ce document choc qu’il a lui-même commandé -  et qu’il n’a même pas parcouru-, Jean Charest démontre encore une fois sa nonchalance lorsqu’il est temps de s’occuper des dossiers de corruption qui assaillent son administration. 

La mainmise de certaines compagnies privées sur le ministère des Transports ainsi que les liens dévoilés entre le gouvernement actuel et les firmes de génie-conseil sautent aux yeux du rédacteur du rapport, mais n’ébranlent en rien Jean Charest.

Il garde les yeux fermés et espère s’en tirer à bon compte en espérant que le cynisme de la population et ses récurrents trous de mémoire politique le maintiennent encore une fois au pouvoir.

Pourtant, s’il avait étudié l’histoire du parti dont il est présentement le chef et appris de celle-ci, il devrait se rappeler la cuisante défaite de Robert Bourassa en 1976 dans une aura de malversations dans la construction.

Et, pis encore, en tant qu’ancien ministre fédéral sous les conservateurs de Brian Mulroney, Jean Charest aurait dû être mieux avisé dans sa réaction à ce rapport dévastateur. 

On se remémorera que les tories ont été pratiquement rayés de la carte électorale fédérale en 1993 après une succession de scandales et c’est exactement ce qui risque d’arriver au PLQ lors des prochaines élections provinciales, malgré le déni du premier ministre québécois.

Niveau de difficulté de texte selon Scolarius d’Influence Communication :  167 (universitaire)

Un axe politique inchangé

Ce texte a été publié dans Métro Montréal le 7  septembre 2011

Panoplie de commentateurs politiques évoque la fin du paradigme définissant le monde politique québécois polarisé entre souverainistes et fédéralistes avec la chute du Bloc Québécois et la récente débâcle dans les sondages du Parti Québécois.

Ainsi, dans ce contexte,  selon eux, l’ancien axe politique marqué par la lutte pour l’indépendance du Québec céderait la place à un nouvel axe dominé par la dichotomie gauche-droite, ventilé de toutes velléités nationalistes. 

Cependant, pour l’œil aguerri de l’expert en science politique, telle mouvance des plaques tectoniques des allégeances politiques dans la Belle Province ne s’opère point. 

Que l’axe du débat politique se mute d’une dualité souverainisme-fédéralisme à une autre gauche-droite ne transforme en rien l’ADN de la politique québécoise, car la souveraineté a toujours été l’apanage des partis de gauche au Québec et le fédéralisme, ou encore « l’affirmation nationale », la position des partis de droite.

Intrinsèquement, la gauche défend philosophiquement l’émancipation des peuples – ne pas confondre avec nationalisme chauvin se campant à droite-  qui se veut le moyen de libération des nations opprimées contre leurs oppresseurs extranationaux.

Et la droite opte toujours pour le statu quo ou, pire, le retour en arrière.

Alors, que cet axe change de dénomination importe peu. 

Il faut se remémorer l’histoire québécoise ainsi que les attributs des idéologies politiques pour réaliser que, même si les joueurs peuvent changer, le jeu demeure toujours le même.

Niveau de difficulté de texte selon Scolarius d’Influence Communication :  207 (initié)