Archives mensuelles : juin 2011

Le capitalisme-zombie

Avec la crise économique latente, les fonctions cérébrales du capitalisme international se sont éteintes, mais le corps continue d’avancer tel un zombie à la recherche de chaires fraiches à déguster.

Plus que jamais, en quête de pérennité, les géants de l’industrie et du commerce entreprennent les coins ronds afin d’engranger quelques dollars de plus afin de pallier à la chute des profits engendrée par la nouvelle dépression.  

Et les États ratissent large afin d’assainir des finances publiques depuis longtemps déficitaires, encore plus avec la crise, et incombent à la classe moyenne et des démunies le fardeau d’un redressement financier en sabrant dans les services publics et sociaux.

Ainsi, tels des anthropophages, ils cannibalisent davantage l’écosystème planétaire et détruisent le tissu social sans vergogne : les espèces animales et végétales disparaissent de plus en plus; les ressources naturelles commencent à péricliter; les océans se meurent; la déforestation en Amazonie et ailleurs se poursuit; les glaciers fondent à la vitesse grand V, conséquence du réchauffement global, aggravant les perturbations climatiques; et les inégalités sociales s’accroissent. 

À ce rythme, il ne restera plus de planète où exister.

Comme dans les longs métrages comprenant des morts-vivants lancinants, il est plus que temps de mettre une balle dans la tête de ce capitalisme zombifié.

Niveau de difficulté de texte selon Scolarius d’Influence Communication :  236 (initié)

Le Schtroumpf autoritaire

On savait que les analyses sociopolitiques étaient utiles pour étudier les diverses sociétés.  Mais, un nouvel essai récemment paru démontre, pour la première fois, qu’il est possible d’utiliser les mêmes grilles d’analyse au sujet d’un dessin animé ou d’une bande dessinée pour enfant.

En effet, le dernier livre d’Antoine Buéno, Le Petit Livre Bleu, tente d’y procéder non sans susciter de vives réactions de ses compatriotes français.  En fait, il est maître de conférence à Sciences Po Paris et affirme qu’il a été de nombreuses fois rabroué depuis la parution de ce bouquin, allant même jusqu’à la menace physique!

Le petit village idyllique des petits bonhommes bleus de la petite enfance de grand nombre des ressortissants de la génération X se voit ainsi décortiqué sous l’œil critique des sciences politiques.

Selon cette analyse, la communauté schtroumpf serait catégorisée dans les régimes autoritaires, à mi-chemin entre le collectivisme primaire et l’idéologie nazie.  De quoi en faire sursauter plusieurs !

Le « Grand Schtroumpf », chef incontesté que nul ne remet en question, dirige une société communiste dénuée d’initiative privée tandis que son pire ennemi, Gargamel, personnage au nez prédominant, évoque la représentation caricaturale du juif selon la propagande nazie ou stalinienne.  Une autre remarque de l’auteur: le nom de son compagnon félin, Azraël, sonne étrangement comme Israël…

Et que dire des Schtroumpfs noirs?  Une fois atteint par la maladie, le petit lutin bleu tourne au noir et revient au stade animal en essayant de mordre ses semblables – corollaire à la pureté de la race.

Et la misogynie n’est pas étrangère au monde des Schtroumpfs.  La seule représentante féminine de l’espèce est blonde ainsi que manipulatrice et a été créée par l’ennemi maléfique des Schtroumpfs. 

Exercice intéressant, s’il en est. 

Pour ma part, j’estime plutôt que l’univers des Schtroumpfs est un archétype de la cellule familiale humaine dédié aux enfants.  Il est composé des mêmes caractéristiques sociales : l’autorité parentale se veut omnipotente et le partage est la règle dans la plupart des cas.  

Pour le reste des allusions racistes, misogynes  et autocratiques, ce n’est qu’une question d’interprétation…. 

Et vous, qu’en pensez-vous?

Inversion des pôles politiques

Ce texte a été publié dans Métro Montréal le 13 juin 2011

Pareille sclérose politique n’avait imprégné la société québécoise depuis l’époque de la fin du régime de l’Union Nationale.  Les temps sont de nouveau mûrs pour un changement de paradigme et l’éclosion d’une nouvelle génération d’hommes et de femmes politiques.

Bien qu’elle couve depuis le début du nouveau millénaire en sol québécois, cette mouvance novatrice capable d’assainir le faune politique a été exacerbée par un projet de loi privé concernant un certain amphithéâtre dans la capitale nationale. 

La chef du Parti québécois ne devait pas s’attendre à une telle flambée de départs parmi ses troupes à la suite de l’appui inconditionnel de son parti à l’accord du maire de Québec, Régis Labeaume, avec le conglomérat médiatique Quebecor de Pierre-Karl Péladeau.  Une étincelle de trop a mis le feu aux poudres dans une formation politique profondément tiraillée entre un courant souverainiste jusqu’au-boutisme et un autre plus étapiste pendant qu’en coulisses se prépare un nouveau joueur de gauche pouvant ravir quelques ou plusieurs députés et électeurs à l’ancien porte-étendard parlementaire de l’émancipation nationale.  En effet, Québec Solidaire parasite de plus en plus l’électorat traditionnellement péquiste tout en se présentant comme la véritable alternative aux indépendantistes et aux progressistes anciennement très favorables au parti de Pauline Marois – cette dernière ayant annoncé sa volonté de dégraisser l’État et de placer au second rang les velléités souverainistes au grand dam des récents quatre élus insatisfaits ayant quitté la famille péquiste.  

Et, en parallèle, le Parti Libéral du Québec s’enfonce dans l’impopularité tandis qu’un parti politique encore au stade embryonnaire le talonne sur sa droite et gruge un appui populaire lui faisant cruellement défaut.  François Legault et son comparse entrepreneur Charles Sirois avec leur plateforme électorale – à ce jour virtuelle –  pourraient séduire bien des libéraux avec les principes de délestage temporaire de l’objectif souverainiste et de recentrage sur des priorités plus économiques si chères au monde des affaires et à la droite.  En fait, le Parti Libéral du Québec risque de subir le même sort que son cousin fédéral lui aussi jadis miné par les scandales.

Par ailleurs, la formation fantôme de Legault agrippera-t-elle quelques péquistes au passage? Probablement, mais très peu, et surtout dans les franges minoritaires des souverainistes mous et des adeptes du libre marché sans entrave.  Pour preuve : François Legault n’a attiré aucun autre député du PQ avec lui lors de son claquement de porte.

De part et d’autre du monde politique québécois, la carte du ciel se reconfigurera de nouveau en conséquence d’une inversion inébranlable des pôles politiques, tant à gauche qu’à droite.

Niveau de difficulté de texte selon Scolarius d’Influence Communication :  230 (initié)

Citations personnelles éparses et incongrues II

“Ce n’est que sur les cendres du passé que nous pouvons construire notre avenir”

“Nul besoin de chercher la vérité.  Elle nous trouvera de toute façon. ”

“La première des prisons est dans nos esprits.  Non pas dans le monde qui nous entoure ou dans la société qui nous modèle.  Émancipez-vous de toutes idées préconçues émanant des médias ou reçues de votre entourage, et vous serez véritablement libre.”

Jimmy St-Gelais

À lire:  Citations personnelles éparses et incongrues I