Avec la découverte de la puissance de l’atome, les hommes se sont approprié le Feu de Prométhée. Semblables à des dieux, ils croyaient avoir dominé la nature.
Cependant, la nature ne se soumet pas ni ne se dompte. Elle ne se plie pas aux velléités de la race humaine. Dotée de sa propre volonté, elle est capable de rétablir brusquement sa primauté à la grande stupeur de l’Humanité.
C’est ce que nous avons pu constater avec l’incident nucléaire au Japon.
Ce que dévoile cette nouvelle est la problématique énergétique auquelle font face les sociétés humaines de plus en plus énergivores : toujours plus de déplacements motorisés, toujours plus de gadgets électroniques coûteux en énergie, toujours plus de besoins pour assurer le confort de la multitude en dépit des risques environnementaux d’une telle exploitation énergétique massive.
Voilà ce que démontrent les récents événements. Certains diront que le Japon mérite ce qui lui arrive. Une nation ayant connu deux explosions atomiques, à l’issue de la deuxième guerre mondiale, aurait dû être mieux avisée malgré ses ressources énergétiques limitées. Mais, en fait, ce que cela met en lumière sont les aléas que notre espèce est prête à encourir afin de maintenir son style de vie, indépendamment de l’avenir des générations futures.
Tout comme le pétrole ou le charbon avec leurs gaz à effet de serre et leurs émanations toxiques dans l’écosystème planétaire, le nucléaire n’est que l’ultime aboutissement de cette volonté avec ses menaces radioactives.
Il n’est donc plus possible de continuer dans cette voie. Les richesses énergétiques étant contingentées dans le temps et l’espace, plus que jamais, nous devons changer nos paradigmes sociétaux ancrés dans la surconsommation afin de réduire notre soif en énergie. Pour ce faire, on doit évaluer nos besoins énergétiques, non en lien à notre demande vorace conséquente à notre mode de vie, mais en rapport à ce que la nature peut nous procurer de façon pérenne et sécuritaire.
En ce sens, les énergies éolienne, solaire, géothermique, et même marémotrice, seront des alternatives renouvelables à privilégier dans un futur rapproché.
Finalement, cette catastrophe entrainera une réaction en chaine. Pas celle nécessaire à la viabilité d’un réacteur ou d’une déflagration nucléaire, mais une réaction en chaine dans la conscientisation des limites ainsi que des périls de cette énergie dite « propre ».





La nouvelle utopie
Ce texte a été publié dans Métro Montréal le 5 avril 2011
L’autre soir, m’endormant dans les bras de Morphée, un rêve étrange s’empara de moi. Le monde n’était plus ce qu’il est.
Tous roulaient en petites voitures électriques. Des éoliennes pullulaient sur toute la surface du globe, autant sur les océans que sur les continents. D’immenses panneaux solaires couvraient les zones désertiques et on captait l’énergie des mers à l’aide de grandes palmes marémotrices.
Les villes, parsemées d’espaces verts ainsi que de petits plans d’eau, étaient traversées par des lignes de trains électriques tout en étant ceinturées de terres arables. Les dépotoirs n’empilaient plus de déchets. Tout était recyclé, et ce qui ne pouvait l’être était flanqué d’illégalité. L’argent n’existait plus. La communauté fournissait le nécessaire à tout un chacun en échange d’une participation active à la vie et à la prospérité de la cité.
Les politiciens avaient disparu. Comme dans le meilleur de l’antique république athénienne, les fonctions politiques étaient attribuées par tirage au sort. Les lois étaient entérinées par le peuple via des référendums populaires englobant de multiples projets de législation.
Tout à coup, je fus brusquement réveillé par mon réveille-matin et, déçu de ne pouvoir vivre dans ce monde issu d’un tel délire onirique, je bus mon café en regardant, comme toujours, les tristes nouvelles quotidiennes à la télé…
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