Archives mensuelles : février 2011

L’inconséquence des économistes

Le temps des REER s’achève et de part et d’autre, on nous implore de cotiser afin de s’assurer une retraite heureuse car l’État ne pourra apparamment appuyer les salariés dans leurs vieux jours, si empêtré dans les déficits publiques et les dettes colossales.

Et, de surcroit, n’oubliez pas de consommer pour faire rouler l’économie et encourager la reprise, targuent aussi les économistes.

Ainsi se veut la rhétorique des économistes de l’école classique.

Mais comment atteindre ce double objectif? L’incohérence des économistes est sans borne.

On n’arrête pas de presser le citron de la classe moyenne en surtaxant ses revenus tout en lui ajoutant des frais régressifs aux services publics pendant que les grandes compagnies engrangent des profits en ne versant pas leur juste valeur en impôt.

Par ailleurs, cela est sans considérer l’augmentation du prix des habitations qui est supérieure à la progression des salaires réels des travailleurs, la montée des tarifs des matières premières, dont le pétrole, et ceux des denrées alimentaires.  Encore plus de pression sur les revenus des gens ordinaires qui doivent alors s’endetter pour satisfaire leurs besoins essentiels. Pas étonnant, alors, que le taux d’endettement des canadiens frôle le 150%, l’un des plus hauts en Occident.

Tous ces faits ont été maintes fois relatés par les études de Léo-Paul Lauzon et dans le livre « La crise fiscale qui vient » de la fiscaliste Brigitte Alepin.

Les économistes devraient arrêter de mettre toutes les responsabilités de la morosité économique sur le dos des consommateurs, c’est-à-dire la masse de la classe moyenne, et imputer le blâme sur les détenteurs de l’offre, autrement dit l’ensemble des compagnies commerciales et industrielles. 

La panoplie d’économistes qui se campe dans la mouvance de l’économie de marché libéralisée ne tarie pas de faire la morale aux travailleurs au-lieu de rechercher les causes profondes des déséquilibres économiques et fiscaux tout en rabâchant le discours répétitif que lui impose la droite économique représentée par les lobbys à sa solde, comme l’Institut Économique de Montréal (IEDM), au service des magnats du commerce et de l’industrie.

En agissant de la sorte, ils minent la fébrile reprise.

Écartelée de tous les cotés, la classe moyenne finira par se lasser d’être le dindon de la farce depuis ces trente dernières années qui ont vu ses revenus concrets diminués tandis que les privilégiés ont connu une multiplication de leurs richesses.

À ce rythme,  peut-être,  nous aussi, feront une révolution à l’arabe avant longtemps…

Niveau de difficulté de texte selon Scolarius d’Influence Communication :  183 (universitaire)

La droite xénophobe

Une tendance inquiétante balaie la droite politique dans le monde occidental.

De l’Europe à l’Amérique du nord, l’ancienne droite libérale multiculturaliste cède la place à une droite conservatrice réactionnaire et xénophobe.

Les représentants du pouvoir exécutif des trois grandes nations européennes, tous conservateurs, tournent le dos à l’intégration des immigrants qu’ils qualifient comme étant un échec: le président de la France, Nicolas Sarkozy; la chancelière allemande, Angela Merkel; le premier ministre britannique, David Cameron.  À ce stade, il n’y a qu’un pas à franchir pour parler de xénophobie, voire de racisme.

De plus, en Suède, un parti d’extrême droite a réussi à faire élire des députés au parlement tandis qu’en Hongrie, un régime fasciste contrôle le pays d’une main de fer.

Et, en Amérique du nord, le Tea Party de Sarah Palin, mouvement politique ultraconservateur, accusé de racisme, prend de l’ampleur en dénigrant fanatiquement le premier président américain noir de l’Histoire, Barack Obama.

Lentement, mais sûrement, l’Occident s’éloigne des principes démocratiques et d’ouverture sur les autres cultures de la planète tandis que le monde musulman s’éveille aux principes du libéralisme politique, pourtant issu de la sphère occidental, dans sa propre Renaissance en pleine ébullition, notamment en Libye, Tunisie et en Égypte.  

Une situation plus que paradoxale. 

D’un coté, un glissement vers l’extrême droite est en train de s’opérer dans les sociétés occidentales et de l’autre, les pays musulmans, qui s’ouvrent à la démocratie et à l’éveil des libertés individuelles, dont celles des femmes.

Par ailleurs, sociologiquement, le paradoxe est encore plus prononcé.  Une jeune population musulmane aspirant à plus de liberté et de justice s’oppose à une communauté vieillissante en Occident cherchant à protéger à tout prix ses prérogatives et ses paradigmes culturels face à une immigration étrangère en progression, beaucoup composée de personnes de confession musulmane.

Cependant, on peut se questionner sur les véritables motifs de cette montée de l’extrême droite en Occident.  Le multiculturalisme a connu bien des heurts, exacerbés par les médias aux penchants sensationnalistes, mais, globalement, on ne peut parler implicitement de fiasco.  Sans compter que les nations occidentales ont besoin d’immigrants pour contrer l’implosion de ses populations générée par leur déficit de régénération démographique.

Mais, surtout, les motivations de la droite conservatrice doivent être mises en examen. 

En propageant la crainte de l’étranger à la nation ou d’une immigration menaçante et agressive contre les caractéristiques culturelles de l’Occident via la propagande des conglomérats médiatiques privés souvent sous son contrôle idéologique, la nouvelle droite xénophobe espère susciter la peur afin de maintenir sa mainmise sur le pouvoir politique et même de l’accentuer encore plus.   

C’est pourtant vieux comme le monde.  Adolf Hitler a déjà usé du même stratagème dans le but d’obtenir l’autocratie totale en échafaudant l’incident de l’incendie du Reichstag tout en rejetant sa paternité sur la communauté juive après avoir monté son peuple contre elle…

Niveau de difficulté de texte selon Scolarius d’Influence Communication :  191 (initié)

Anti-Anticosti

La nouvelle de l’octroi à la compagnie Pétrolia de la prospection et de l’exploitation des gisements de pétrole récemment découvert sur l’île québécoise d’Anticosti révèle la triple inconséquence du gouvernement Charest.

Nous connaissons les axes d’ordre politique de l’administration libérale : gestion serrée des finances publiques – telle qu’évoquée dans le dernier budget Bachand; généralisation du modèle de partenariat public- privé (PPP) afin de réduire les coûts d’investissement de l’État endetté;  et, enfin, lutte aux gaz à effet de serre -  le Québec étant le champion canadien en ce domaine à la grande fierté de Jean Charest.

Or, l’aval donné à l’extraction de carburants fossiles sur cette ile et cette décision de léguer à une compagnie privée la totalité des opérations de cette aventure et, qui plus est,  sans la divulgation du taux de redevances à l’État par la ministre Nathalie Normandeau, traduisent une trahison de ce triplet idéologique (voir dernier paragraphe) si cher au Parti Libéral du Québec.

Premièrement, le dernier budget, prétendu comme « courageux », afin de rétablir la viabilité des finances publiques va à contre sens de cette prise de position dans ce dossier.  En remettant les clés du projet à une entreprise privée qui en récoltera apparemment la plus grande part des bénéfices  – le gouvernement hésitant à dévoiler les termes du contrat concernant les redevances – les libéraux empêchent le Québec d’engranger des revenus substantiels pouvant bonifier la situation financière de la province et imputent par le fait même un fardeau supplémentaire à la classe moyenne touchée par les hausses régressives de tarification du récent budget.

Deuxièmement, si ce gouvernement est tellement adepte du concept de PPP, son cheval de bataille en développement économique, pourquoi, ici,  n’a-t-il pas procédé selon la même méthode?  La Norvège offre pourtant un exemple d’exploitation pétrolière comportant une participation publique à 50% +1, laissant le reste de la tarte aux investisseurs privés.  Ainsi, l’État québécois aurait pu partager les risques ainsi que les bénéfices potentiels qui paraissent prometteurs sur l’ile d’Anticosti.  Il ne s’agit pas d’une politique économique socialiste, mais dictée par le bon sens.  Les ressources d’un territoire doivent rapporter concrètement aux habitants de ce dit territoire.

Troisièmement, le plus important, et ce qui aurait du être le premier motif de rejet de cette initiative, réside dans la contradiction entre les prétentions du gouvernement Charest de lutter contre les gaz à effet de serre et sa volonté de permettre d’extraire du pétrole d’Anticosti qui contribuerait au réchauffement planétaire par son utilisation!  Pourtant, d’autres voies énergétiques au transport se profilent à l’horizon, comme les véhicules électriques, dont le Québec pourrait être un chef de file.  Un vrai gouvernement « vert » opterait sans hésiter pour ces options.

Incohérence, quand tu nous tiens.

Finalement, malgré ses vœux pieux, l’administration libérale penche toujours du coté d’une économie libéralisée peu soucieuse de l’environnement ou des besoins collectifs des québécois.  Pour elle, seuls comptent les profits à court terme d’un monde des affaires, dont elle est la représentante, au prix d’une désagrégation du milieu écologique ou de la pérennité économique de la majorité.  On l’a déjà bien constaté avec les gaz de schiste…

Niveau de difficulté de texte selon Scolarius d’Influence Communication :  214 (initié)