Le Charest de Troie

En terres du Canada, un conflit épique fit rage.  Les citoyens de la Cité de la Fleur de Lys résistèrent à l’invasion anglo-saxonne après des dizaines de décennies de siège.

Et vint alors un temps où la victoire était presque acquise.  Ils repoussèrent les hordes barbares loin de leurs palissades, mais échouèrent de peu.

Pris par le désarroi, les guerriers du Canada eurent l’idée d’un stratagème ingénieux.

Ils envoyèrent un Charest parmi les résistants, parlant comme eux, arborant les mêmes costumes d’apparats, mais cachant son véritable jeu.

Après plusieurs printemps, lorsque la vigilance des habitants du Fleur de Lys fut à son plus bas, le Charest devint chef de cette cité à l’aide de belles paroles et de promesses creuses.  Le ver était ainsi inséré dans la pomme.

Il demeura premier magistrat durant sept révolutions terrestres au tour du soleil profitant de l’insouciance des citadins pour miner les fondations de la cité.

Les murailles de la ville finirent par tomber en ruine avec conséquences l’infiltration silencieuse de troupes adverses attendant depuis longtemps leur heure et l’attrition de la population indigène locale.

Aussi, la gestion de la cité se voyait gangréner par la corruption engendrée par le nouveau chef.

La confiance des habitants en leurs dirigeants atteignit des bas-fonds tandis que  les adversaires riaient de satisfaction.

La tactique du Charest de Troie a pu atteindre ses objectifs.  La Fleur de Lys n’offrira plus de résistance à l’invasion.

Désormais, les portes de la cité sont grandes ouvertes…

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37 réflexions sur “Le Charest de Troie

  1. Tu as écrit un très beau texte, avec un style intéressant et original… Par contre, la phrase qui suit est venu pour moi lui enlever beaucoup de ses qualités :

    «Les murailles de la ville finirent par tomber en ruine avec conséquences l’infiltration silencieuse de troupes adverses attendant depuis longtemps leur heure et l’attrition de la population indigène locale.»

    Je ne peux pas accepter cette phrase que je trouve carrément xénophobe. Depuis le début du billet, le danger était bien circonscris : il vient de l’intérieur. «Le ver était ainsi inséré dans la pomme.», comme tu l’écris si bien.

    Avec cette phrase, ce n’est plus le ver qui est le problème, mais «les troupes adverses» qui attendent «depuis longtemps leur heure». Quelle qu’en soit l’objectif, cette partie du texte accuse directement les immigrants d’être une des causes principales de l’effondrement de la société francophone du Québec, avec seulement la complicité du ver dans la pomme.

    Pourtant, les immigrants ne sont nullement responsables de la diminution du français au Québec : nous en sommes les vrais responsables et le ver dans la pomme plus que tout autre.

    La première étape se passe à l’étranger. Nous devons non seulement sélectionner davantage de francophones, mais nous assurer que leur connaissance du français est plus que fonctionnelle. Il y a eu des gains important du côté de la sélection de francophones. Entre 1995 et 1999, le pourcentage d’immigrants connaissant le français stagnait entre 36 % (1997) et 43 % (1999). Il a atteint 60 % en 2007 et 2008, 64 % en 2009 et 65 % au cours des 9 premiers mois de 2010 (http://www.micc.gouv.qc.ca/fr/recherches-statistiques/stats-immigration-recente.html ). Par contre, personne ne contrôle la qualité ni le niveau de cette connaissance du français. En plus, on promet aux candidats à l’immigration de trouver un emploi facilement, ce qui n’est pas le cas. Bref, quand ils arrivent ici, eux croient s’intégrer facilement et nous pensons qu’ils devraient s’intégrer à notre société tout aussi facilement. Et il ne se passe ni un ni l’autre.

    Pour améliorer les choses, il faudrait à la fois augmenter la proportion de ceux qui connaissent le français et surtout vérifier la qualité du français qu’ils connaissent. Il faudrait aussi leur dire la vérité sur leur possibilité d’intégration au marché du travail une fois rendu ici et sur les attentes de la société d’accueil sur leur intégration à la majorité francophone. L’examen de l’équivalence de leur diplômes au Québec devrait se faire à distance, avant l’immigration, pas seulement quand ils arrivent ici.

    La deuxième étape se passe ici. D’un côté, la société d’accueil est suspicieuse, ses employeurs et ses organismes réglementaires ne reconnaissent bien souvent ni leurs diplômes, ni leur expérience de travail. De l’autre, leur connaissance du français est souvent insuffisante. En plus, étant à 85 % établis à Montréal, ils sont nombreux à constater qu’ils doivent connaître l’anglais pour trouver un emploi satisfaisant. Un bon nombre d’entre eux n’obtiennent pas de service de francisation en arrivant, le gouvernement n’ayant pas augmenté ses budgets à cet effet au même rythme que ses «cibles» d’immigration. Les services d’intégration au marché du travail son aussi insuffisants. Des diplômés qui n’auraient besoin que d’une mise à niveau se voient demander de reprendre leurs études à zéro (c’est parfois justifié…), chose que personne ne leur avait dit dans la première étape…

    Il faudrait bien sûr améliorer considérablement les services d’accueil mentionnés ci-haut pour espérer une meilleure intégration. Il faudrait aussi renforcer drôlement la réglementation pour viser une véritable francisation des entreprises. Et pour pouvoir améliorer tous ses éléments, il faudrait détenir tous les leviers pour y arriver. Et pour ce, il faudrait être un pays…

    Bref, je trouve injuste de considérer les immigrants comme des « troupes adverses» qui tentent de s’infiltrer chez nous pour nous faire perdre notre langue. Le problème est ici, dans la pomme…

  2. "l’infiltration silencieuse de troupes adverses attendant depuis longtemps leur heure" voulait faire analogie dans cette allégorie aux soldats grecs assiégeants la cité de Troie.

    Nulle attaque contre les immigrants ici.

  3. Et je vous réfère à l’un de mes anciens billets, d’ailleurs paru dans Le Devoir : http://www.ledevoir.com/societe/153904/lettres-reflexe-de-conquis

    "Il est préférable de propager l’image d’une nation ouverte sur l’égalité de tout un chacun, capable d’accueillir les ethnies sans préjudices, pour permettre un apport accru d’immigration qui bénéficiera économiquement et socialement à tout le peuple québécois dans l’avenir. "

  4. « soldats grecs assiégeants la cité de Troie.»

    Avec le titre du billet, j’avais bien vu l’analogie. Mais, les soldats grecs ne voulaient surtout pas de bien aux Troyens.

    «Nulle attaque contre les immigrants ici.»

    Dans ce cas, qui sont ces «troupes adverses attendant depuis longtemps leur heure », si non des immigrants ?

  5. Très bon billet Jimmy. Tu expliques très bien la situation du Québec en tant que nation dominée et assiégée.

    Sur la question des envahisseurs je ne pense pas que Jimmy visait les immigrants, mais pour ma part je ne suis pas favorable à une immigration massive et illimitée qu’on ne peut intégrer et qui sert aux capitalistes comme moyen de baisser les conditions de vie et de travail. C’est une des conséquences de cette fameuse mondialisation.

  6. "mais pour ma part je ne suis pas favorable à une immigration massive et illimitée qu’on ne peut intégrer et qui sert aux capitalistes comme moyen de baisser les conditions de vie et de travail"

    Intéressant comme approche.

  7. Ne t’en fais pas Nationalisterévolutionnaire.

    Mon blogue passe pour le nouveau site néonazi de la blogosphère.

    Je pense même changer encore une fois de nom:

    LA SOLUTION FINALE.

    Ça sonnerait bien non? ;)

  8. Dès qu’on se préoccupe de la survie de notre nation francophone au sein d’un continent anglophone on se fait taxer de "fascistes" voire de "nazis" par les bien-pensants!

    Beau nom en effet Jimmy!

  9. Êtes-vous vraiment sérieux…

    Étrange, moi et plusieurs autres, ne nous sentons pas une nation assiégée et dominée, je pourrais parler comme ça des Palestiniens, mais pas de moi…

    Non mais, à un moment donné, à force d’exagérer autant, les mots n’auront plus aucune signification…

  10. Le Québec n’est pas une nation libre chère dame et il est toujours soumis aux diktats du gouvernement canadien et du capital anglo-saxon. Depuis le dernier référendum sur la souveraineté du Québec en 1995 nous avons subi le mouvement partitionniste, la loi sur la Clarté et l’ingérence dans nos champs de compétence.

  11. Vous nous croyez vraiment dominés et assiégés ?!? Parce que c’est sur ça que je réagissais….

    Si la réponse est "oui", alors moi je vais en rigoler c’est tout.

  12. Oui, il y a péril en la demeure. Le français se perd. Le Devoir l’évoquait très bien.

    «Au Québec, le français est la langue maternelle de moins de 80 % de la population actuelle. Statistique Canada n’avait pas observé un si faible pourcentage depuis 1931. La part de la population parlant surtout le français à la maison (sans que ce soit nécessairement sa langue maternelle) a aussi reculé entre les recensements de 2001 et de 2006, passant de 83,1 % à 81,8 %.»

    http://www.ledevoir.com/societe/167317/recul-historique-du-francais-au-quebec

  13. Je pense que vous ne savez pas lire chère dame. J’ai répondu à votre interrogation par des faits indéniables.

  14. Et tant qu’à y être, moi aussi j’aimerais savoir qui sont ces envahisseurs dans le billet…

    On parle de l’invasion dans le billet, c’est le coeur du billet, si vous voulez discuter, faudrait nous expliquer de quelle invasion il est question dans ce texte.Le fond n’est pas clair, c’est trop vaseux. Je vois qu’on balance des putains de gros mots comme "nazi" et "Solution finale" mais honnêtement, je trouve que le point Godwin est arrivé avant que la discussion démarre….

  15. L’invasion anglo-saxonne chère dame qui dure depuis 250 ans! C’est pas suffisant pour vous! Et les faits que je vous ai mentionné depuis le dernier référendum?

  16. Jimmy, je suis en train d’écrire un papier que je publierai chez luto sur la langue….

    La langue maternelle est française seulement quand tu nais ici ou en France ou Belgique et quelques autres pays…

    Les immigrants Sénégalais et de bien d’autres pays n’ont pas une langue maternelle "française", même s’ils ont été élevés dans le système français.

    Alors c’est vrai Jimmy, 80% sont de langue maternelle française mais 95% connaissent le français….

    On en reparle chez luto quand j’aurai publié ce billet…si ça te tente…

    C’est bon le nationalite révolutionnaire, je ne sais pas lire, on va s’arrêter là, j’ai pas trop envie..

  17. Personnellement, et ceci n’engage nullement Jimmy St-Gelais, je trouve que 55000 immigrants par année au Québec est trop pour notre capacité d’accueil et d’intégration. Je ne suis pas contre l’immigration, mais il ne sert à rien d’en accueillir un aussi grand nombre si on ne peut les intégrer à notre société. Il faut fixer une limite raisonnable. Je pense aussi à ces immgrants à qui on fait miroiter de si belles choses et qui bien souvent se font flouer.

  18. @Koval

    Le français est la langue officielle au Senegal, mais pas la langue la plus parlée. 80% parlent le Wolof. Mauvais exemple. On n’inclut pas ces pays dans la langue maternelle française pour une raison évidente.

    Pour répondre à ta question, les envahisseurs sont ceux choisissant l’anglais comme langue de base au Québec. Je ne fais pas référence aux immigrants spécifiquement. Il n’y a que des biens pensants pour ammener ça.

  19. Jimmy

    Une de mes meilleures amie est Sénégalaise, pays avec le Français comme langue officielle, vérifie avant de me dire que je erre…

  20. Oups, là j,ai erré..

    Langue officielle est les français au Sénégal, tous les gens qui ont été alphabétisés parlent français, le Wolof pur ne se parle plus tellement le système français a pris toute la place. La culture Wolof est en train de disparaître pour vrai.

    Le point est que les Sénégalais qui viennent ici parlent parfaitement ma langue…mais ne sont pas dans tes stat de langue maternelle française, évidemment… y’a pas d’erreurs ni de mauvais exemple dans ça, on dit la même chose.

  21. Je nai jamais dit le contraire. Tu ne prends meme pas la peine de lire mes commentaires.

    @Ces langues ont été retenues officiellement pour la communication dans les médias, et pour l’enseignement. Mais le français reste la langue officielle.
    Parmi les six langues nationales, le wolof est la plus parlée. Environ 80 % de la population le pratique sur toute l’étendue du territoire et ce, essentiellement en milieu urbain.@

    http://matthieu.monceaux.free.fr/nangadef/langues/wolof.html

    Et dautres sources semblent dirent la meme chose.

    Alors laisse tomber. Cest toujours moi qui est dans les patates..

  22. Jimmy

    Je ne suis pas dans les patates et je ne t’acuses de rien, si tu veux un échange entre gladiateurs, ne compte pas sur moi.

    Je n’ai rien contre ce que tu racontes sur ce billet et fil de discution, mais je conteste l’idée alarmiste qu’on va se faire envahir par les anglos bientôt, mon prochain billet chez luto portera là-dessus. On en discutera si tu veux….

    Je ne vais pas poursuivre sur ce fil, je sens que ça va aller nulle part…

  23. @Nationalisterevolutionnaire

    J’ai parcouru un peu tes pages et je suis complètement d’accord avec cette critique de ta part que j’ai trouvé….

    Christ, je dois être nazi moi aussi, je partage ton point de vu.

    "Il y a une dérive dangereuse dans le discours de l’extrême-droite xénophobe, c’est de considérer automatiquement les immigrants en tant que menace pour la langue française et donc par ricochet pour la survie de la nation québécoise. C’est vrai qu’une immigration massivement anglophone pourrait représenter un problème sérieux pour une nation qui veut défendre sa langue et sa culture françaises au sein d’une Amérique du Nord anglo-saxonne. Mais en même temps, il est possible de franciser les immigrants non-francophones, ou du moins un certain nombre, en leur offrant massivement des cours de français disponibles notamment dans des écoles mais aussi sur les lieux de travail. "

  24. Tant mieux si tu es d’accord Koval. Mon intention n’a jamais été de condamner l’immigration à la manière de l’extrême-droite, mais simplement de démontrer qu’il faut en imposer certaines limites, surtout dans le contexte d’une petite nation francophone qui lutte pour sa survie, entourée par des nations anglo-saxonnes.

  25. Oui, mais n’oublions pas que *les* minorités aussi ont des droits de base, selon leur statuts et tailles. Un statuts particulier – des statuts – pourraient être nécessaire.

    Les anglais si il y en reste avec la souveraineté en grand nombres, ET les amérindiens, qu’on oublie souvent; eux aussi peinent à défendre leurs langues traditionnelles.

    Le monde surveillera un Québec indépendant, surtout l’anglosphère mais aussi les activistes des droits arborigènes. Il faudra leur montrer que le Québec est responsable.

    Mais tout cela est aussi valable maintenant…

  26. Nous n’avons pas de leçons à recevoir du Canada anglais sur la question des droits des minorités que ce soit les francophones ou les autochtones. On voit bien la façon qu’ils les ont traité depuis plus de 150 ans.

  27. Et cependant, il y a la monté d’un nationalisme ethnique qui pourrait se radicaliser… Les chances sont pas très grandes – l’idée d’un fascisme québecois est ridicule, mais…

    L’anglo moyen, le Random Joe a le droit de commenter – comme le Jean Moyen d’ici. Ce n’est pas juste un truc du gouvernement.

    Aussi, je pointais le monde entier.

  28. Ce que je voulais dire c’est que advenant l’indépendance du Québec, les Canadiens anglais sont mal placés pour nous reprocher quoi que ce soit au sujet des droits des minorités. D’ailleurs le gouvernement canadien a longtemps refusé de signer la Déclaration sur les droits des peuples autochtones.

  29. Enfin, disons que si nous québecois regardons le sort des francos dans le ROC, ils peuvent bien regarder les anglos d’ici. C’est normal.

    Aussi, sommes nous si ‘clean’? Vraiment? On se dit meilleur pour les amérindiens et probablement oui, mais…, J’entend des fois des choses amères contre les québecois..
    Le Canada, c’est aussi le Québec pour le moment..

  30. Les anglophones du Québec sont bien mieux traités que les francophones du ROC. Quant aux Autochtones, le Canada anglais aime bien donner des leçons de morale mais quand on regarde ce qui se passe par exemple à Caledonia en Ontario, ils sont très mal placés pour se croire supérieur.

  31. On devrait exiger que les francophones du ROC soient traités de la même façon que les anglo-québécois!

  32. Salut Jimmy

    Voilà, j’ai publié chez Jeanne Émard à ce sujet…si ça t’intéresse encore, t’es le bienvenu…

  33. @Koval

    Et j’ajoute que je respecte ton opinion, qui n’est pas inconsistante.

    Mais, je continue à penser que le peuple québécois n’est pas nécessairement dans une bonne posture pour sa survivance.

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