Archives mensuelles : novembre 2010

Les syndicats et la corruption

Lorsqu’on parle de corruption dans la construction, on accuse surtout les syndicats en les associant au crime organisé.

Évidemment, certains syndicats n’ont pas pattes blanches dans ce domaine.  Intimidation, chantage, favoritisme sont parfois évoqués.  Mais, ils sont malheureusement imbriqués dans un système corrompu dont ils ne sont que des acteurs insignifiants. 

Leurs torts sont minimes devant ceux des vrais initiateurs de la corruption.

Demandons-nous quelque chose : qui soumet les appels d’offres, a remis les enveloppes brunes et fixé les prix en collusion avec d’autres?  Les firmes de génie-conseil ainsi que les compagnies de construction.

Ce ne sont pas les syndicats qui manipulent les coûts des projets.  Ce ne sont pas les syndicats qui magouillent en arrière de portes-closes et qui achètent le Parti Libéral du Québec avec des techniques de contournement de la loi sur le financement des partis politiques.

Or, dans les médias, on suppose que les syndicats sont responsables de la corruption dans la construction, parce qu’il est plus facile de les mettre sur les bancs des accusés que les puissants patrons et ingénieurs possédant maints contacts et amis bien placés.

En fait, l’Opération Marteau évoque la collusion de 14 compagnies de construction et Le Devoir parle d’un regroupement de 9 firmes d’ingénieries qui se situeraient au centre de tout ce scandale de la corruption dans la construction.

Encore et toujours, le mouvement syndical est éternellement un paratonnerre aux crimes du patronat enquiquiné avec les médias contrôlés par les forces de droite.

Corruption politique : aux grands maux, les grands remèdes

Quelle est la source de toute corruption politique?  Il s’agit, simplement, de l’ingérence d’intérêts particuliers dans la gestion des affaires publiques qui interfère avec les services collectifs. 

Nous le constatons d’emblée avec la crise politique actuelle qui ébranle le monde politique québécois tant au niveau provincial que municipal.

La loi sur le financement des partis politiques instaurée en 1977 par le Parti Québécois est désormais caduque.  Une bonne idée pour l’époque, mais les nombreux stratagèmes de contournement élaborés au fil du temps ont venu à bout de sa viabilité.

Aux grands maux, les grands remèdes.  Il est maintenant temps de mettre le pied à terre concernant l’éthique en politique. 

Le prochain projet de loi 113 désirant abaisser les contributions individuelles maximales de 3 000$ à 1 000$ et la volonté de rehausser à 82 cents par vote le financement d’un parti politique sont des mesures allant dans le bon sens.  Mais, elles ne mettront pas un terme à l’interférence privée dans le processus démocratique.  Il faut aller plus loin pour en finir avec ce mal qui ronge la politique québécoise.    

Afin d’en finir avec la corruption politique, il est indispensable de repenser totalement le mode de subvention des formations politiques.

Premièrement, on se doit d’interdire toute contribution individuelle, entrepreneuriale, syndicale ou autre et ne permettre que le financement provenant de l’État en rapport aux nombres de voix obtenus lors des élections générales.  Ce serait la seule méthode afin d’assurer l’équité et l’égalité des chances pour tous les partis politiques lors des scrutins. 

Deuxièmement, l’accès aux fonctions politiques et administratives de l’État devrait être interdit à toute personne siégeant sur un conseil d’administration d’une organisation exogène au domaine public, que cela soit comme député, ministre, secrétaire d’État ou directeur d’entreprise étatique.  Même réglementation pour un individu travaillant dans un poste de direction ou ayant des contrats de service ou de production avec une compagnie privée.  De plus, une personne possédant plus de 10% d’une entreprise cotée à la bourse ne pourrait envisager une carrière politique.

La politique se veut la gérance du bien commun et ne doit pas être corrompue par tout agent extérieur, tel qu’il soit.

Ajout: un nouveau parti pourrait recevoir du financement en rapport à son nombre de membres et ensuite, après une élection, se voir attribuer des contributions selon les voix obtenues, comme tous les autres.

 

De la corruption

Des anciens écrits plein de sagesse concernant les dirigeants politiques… et la corruption.

« Aussitôt qu’ils posséderont individuellement une terre leur appartenant en propre, des maisons, des pièces de monnaie, alors, au lieu d’être gardiens, ils seront administrateurs de leur bien et propriétaires fonciers; ils deviendront des maîtres détestés au lieu de rester des alliés pour les autres citoyens, haïssant d’ailleurs aussi bien que haïs; fauteurs et victimes de complots, ils passeront ainsi toute leur existence, craignant plus souvent, et davantage, les ennemis du dedans que ceux du dehors, emportés alors dans une course qui déjà les mène, eux et l’État tout entier, tout au bord de la ruine.» 

Platon (La République, III, 417 a et b.)

Le paradis sur terre du libertarien

Oui, mes frères, le paradis sur terre au Québec est à notre portée.

Il se situe à l’exogène de l’État et de la dictature syndicalo-socialiste qui empêchent le Québec d’avancer dans la prospérité perpétuelle.

Depuis 40 ans, le peuple québécois est prisonnier du joug arbitraire gouvernemental associé à la mafia syndicale qui brime nos libertés individuelles et nous maintient sous sa coupe afin de nous accroupir dans les pires conditions de vie du continent nord-américain.

Cuba, Corée du Nord, ancienne URSS, Québec, du pareil au même.  La pauvreté du Québec n’a d’égale que celle des pires régimes communistes.

Ne croyez pas les indices de qualité de vie ou les rapports évoquant fallacieusement une juste répartition des richesses qui soutiennent que le Québec est un bon endroit où vivre.

Ne tenez pas compte des études démontrant que le ratio de la dette publique nette du Québec (c’est-à-dire en considérant les actifs) versus le PIB est dans la moyenne des nations occidentales, et même un peu en deçà.

Ne tombez pas dans le panneau des fanatiques de l’environnement.  Jacques Brassard l’a bien dit : le réchauffement planétaire repose sur des données erronées.  Il faut continuer le développement économique sans se soucier des conséquences environnementales.  La terre est pérenne et les humains ne perturbent nullement son équilibre.

Tout cela est mensonger, issu d’un vaste stratagème des réseaux tentaculaires des grandes centrales syndicales internationales et du complot socialiste qui manipulent tous les médias mondiaux.  Et encore pire, vos esprits.

La seule solution pour remettre le Québec sur les rails de la prospérité économique éternelle est d’ouvrir les vannes de l’exploitation de nos ressources naturelles et de notre main-d’œuvre sans contrepartie fiscale ainsi que de s’engager sur la même voie que l’Irlande et l’Islande ont emprunté : privatiser tous les services publics, abolir les impôts aux entreprises et en finir avec la racaille syndicale responsable de tous les maux de la terre.

Mais, ces deux nations sont présentement en faillite, me direz-vous? Oui, c’est justement l’œuvre des génies syndicaux qui ont magouillé et ont mis des bâtons dans les roues aux réformes émancipatrices afin de pousser ces pays à la banqueroute.  Leur ignominie n’a pas de limite.

Laissons l’individu gérer ses affaires lui-même en parfaite liberté.  Le despotisme du social sur la personne est voué à l’échec.  La chute du communisme l’a bien démontré.  Il faut alors éradiquer toute intervention du gouvernement désormais dépassée.

La main invisible et le divin marché régulateur régleront toutes nos difficultés. L’État, ce n’est pas la solution, mais le problème…

Les solutions faciles

La solution afin d’enrayer le décrochage scolaire: tout privatiser le réseau public car il y a peu de décrocheurs dans le privé.  N’est-ce pas d’une évidence limpide?

Encore une autre de mes idées de génie: comment éliminer les files d’attente en santé?  Privatiser les hôpitaux!  C’est logique!  Dans le privé, il n’y a pas beaucoup d’attente, c’est bien connu!

Ça cogite fort dans mon cerveau!  Appelez l’ambulance! ;)

Schizophrénique Amérique?

Les élections de mi-mandat aux États-Unis confirment un fait avéré: les électeurs américains sont autant imprévisibles qu’inconséquents.

Il y a deux ans, ils ont élu le premier président noir issu de la classe moyenne, contrairement à tous ses prédécesseurs, doté d’un vaste programme de redémarrage de l’économie et de réformes sociales et médicales.

La catharsis populaire fut à son comble et un véritable vent de changement soufflait sur cette Amérique embourbée dans une crise économique comparable à celle des années 30 du siècle dernier.

Mais, face aux puissants médias et lobbies des forces de droite, du conglomérat pharmaceutique et des compagnies d’assurances privées en santé, la popularité du nouveau chef de l’état fédéral ne cessa de décroître au fur et à mesure que leur propagande de salissage envers Obama s’intensifiait.  On le traitait de communiste, d’islamiste, voire de nazi, en dépit du sens commun et de la vérité.  Ses opposants semblent avoir bien assimilé ce qu’enseignait Goebbels: “Plus le mensonge est gros, plus il passe.”

La désinformation a tellement bien fonctionné que Barack Obama se verra contraint à plier aux demandes des républicains suite à la prise de contrôle de la chambre des représentants  par ceux-ci ou abandonner tout son programme de réformes jusqu’au prochain scrutin général en 2012, en espérant un revirement de situation.

Le Tea Party, cette nouvelle dénomination du Parti républicain visant à draper d’un linceul de nouveauté la même équipe ayant mené à l’endettement chronique du pays ainsi qu’à la crise financière et économique actuelle, gagne du terrain tandis qu’on blâme Obama pour l’empêtrement des États-Unis dans le marasme économique. 

Comme si on pouvait faire changer de cap un navire aussi gigantesque que l’économie américaine en à peine 24 mois.  Pourtant, dans la dernière dépression, les effets du New Deal de Franklin Roosevelt ne se sont fait sentir que plusieurs années plus tard, et encore, il fallut un conflit mondial pour remettre l’économie des États-Unis sur les rails.

L’Amérique est schizophrène.  Un jour, elle élève au rang de sauveur un président ayant étalé ouvertement ses projets et, un autre jour, elle le punit pour avoir essayé de mettre en pratique ses politiques. 

Il ne faut pas s’en surprendre dans une société foncièrement raciste et réactionnaire ancrée dans le matérialisme croyant encore majoritairement que le monde a été créé en 6 jours…