Archives mensuelles : septembre 2010

Israël ne veut pas la paix

C’est limpide.  Israël ne désire pas une entente négociée et l’instauration d’un véritable État palestinien reconnu par le monde occidental.

Encore une fois, en pleine négociation de paix, cette fois-ci sous la tutelle des États-Unis, Israël démontre sa mauvaise foi en mettant fin au moratoire sur la construction de colonies juives en Cisjordanie, jetant ainsi de l’huile sur le feu.

Ne tournons pas autour du pot.  Il n’y aura jamais de paix au Proche-Orient tant que les gouvernements occidentaux seront influencés par les lobbys juifs.

Rappelons-nous la visite de Barack Obama devant le congrès juif américain la journée suivante de son investiture comme candidat présidentiel du Parti Démocrate et le refus des États-Unis – comme les pays de l’Europe de l’Ouest - de reconnaitre officiellement l’État Palestinien déclaré en 1988. 

Et il est hypocrite du gouvernement américain de parrainer les présents pourparlers de paix quand il décline à donner une reconnaissance politique à l’autorité palestinienne qui appliquerait de la pression sur l’État sioniste afin qu’il conclue enfin une entente.

Le problème dans ce conflit, ce n’est pas les palestiniens, c’est la fourberie d’Israël et la lâcheté des États-Unis ainsi que de l’ensemble de l’Occident.

Corruption au Québec : la faute du Canada

La crainte d’une sécession prochaine du Québec étant écartée à moyen ou long terme,  le Canada anglais ne se gène pas pour taper une fois de plus sur le peuple québécois.

La revue Maclean’s déverse le fiel des préjugés anti-québécois en affirmant que le Québec est la province la plus corrompue au Canada.

Les velléités indépendantistes et l’État social-démocrate du Québec sont cités comme les causes directes de la corruption qui rongerait la Belle Province.

Ces dénigreurs de la nation québécoise, qui n’y connaissent apparemment rien à la réalité de chez-nous, détournent les faits historiques en oubliant que si le Québec est corrompu, c’est directement la faute des fédéralistes et des sbires francophones à leur service, pas des souverainistes portant sur leurs épaules une cause légitime!

Qui a détourné les résultats du référendum de 1995 pour sauver la fédération canadienne en instaurant un programme douteux de commandites en violation des lois électorales du Québec sur le financement des campagnes référendaires?   Les libéraux du fédéral avec leur petit porteur d’eau de service, Jean Chrétien.  À noter : la corruption venait ici de l’État fédéral, pas provincial!  Le Canada serait-il alors corrompu?

Qui a parachuté sur la scène politique provinciale un certain Jean Charest, ancien président du comité du NON en 1995 et pourfendeur des souverainistes?  Les fédéralistes canadiens.

Et qui a implanté au Québec une culture de corruption dans l’institution gouvernementale en moins de 7 ans de pouvoir?  Ce même Jean Charest, ancien ministre fédéral sous l’ère conservatrice Mulroney qui a connu un lot impressionnant de scandales, notamment avec l’affaire Oerlikon et les conflits d’intérêts de Stevens Sinclair. 

Il apparaitrait que Charest ait appris à bonne école.

Aussi, à propos des conservateurs, les responsables de ce torchon propagandiste semblent tasser volontairement sur le bas-côté l’histoire du Parti Conservateur, présentement au pouvoir à Ottawa, qui elle aussi ne constitue pas un exemple d’intégrité -  on se remémorera encore la gouvernance houleuse en corruption de Brian Mulroney. 

Sans compter l’attitude actuelle du cabinet du premier ministre Stephen Harper qui filtre l’information émanant du gouvernement et aussi des scientifiques fédéraux en environnement, comme s’il avait quelques scandales à cacher sur ses liens avec les pétrolières et les impacts écologiques de l’exploitation des sables bitumineux.

Et que dire de la présomption fallacieuse d’une relation entre la taille de l’État québécois et le degré de corruption?  Dans la mesure où les pays les plus corrompus sur la planète sont ceux abritant des pouvoirs gouvernementaux faméliques, on constate très limpidement le mensonge d’une telle assertion.

De plus, la société québécoise avec son faible écart entre les classes sociales prouve d’emblée que la justice sociale y est fort présente.  Ce qui contredit encore le lien entre la grosseur de l’État et la corruption rampante car une société contaminée par un avilissement du genre engendrerait à coup sûr des inégalités sociales très prononcées.

MacLean’s utilise comme prétexte la commission Bastarache et les scandales dans la construction pour vomir une diatribe anti-québécoise abjecte qui ne colle pas à une réalité politique québécoise n’ayant encore jamais connu tels scandales avant la venue du champion du fédéralisme canadien, John James Charest, au poste de premier ministre du Québec. 

La revue canadienne use malhonnêtement d’une exception de l’histoire québécoise afin de diffamer une société parmi les plus éthiques au monde.  Pour preuve, nous nous empressons de faire enquête au moindre signe de corruption.  Ce qui ne semble pas être le cas dans le reste  “plus blanc que blanc” du Canada.

En somme, sans le Canada jouant dans nos affaires internes afin de nous dévier de notre destinée en tant que nation, il n’y aurait simplement pas de corruption au Québec…

Tea Party : un masochisme à l’américaine

La popularité montante du Tea Party aux États-Unis a permis récemment aux candidats de ce mouvement politique ultraconservateur de ravir les primaires républicaines aux Delaware, New Hampshire et dans l’État de New York.

Cette ascension qui se veut une réaction aux politiques keynésiennes du président Barack Obama puise sa force dans l’endettement public ainsi que le mécontentement suscité par la chancelante reprise n’ayant pas encore apportée une diminution du taux de chômage officiel qui voisine le 10% tandis que le taux réel est de 16%.

Pour les Tea Partyers, avec Glen Beck et Sarah Palin en figures de proue, l’État doit être réduit au minimum et il demeure vain de soutenir une économie ébranlée par l’une des pires crises de l’Histoire – ironique lorsque l’on sait que ce sont des républicains près des idéaux du Tea Party qui ont surendetté l’État fédéral et ont jeté les bases de la débandade économique actuelle.

Ces partisans du « moins d’État » dénoncent les onéreux programmes de stimulation économique d’Obama, mais oublient que la vaste majorité de l’endettement public américain est l’héritage des administrations républicaines Reagan, Bush père et fils comme nous pouvons le constater sur le graphique ci-contre.  Comparativement, il est à noter que le poids de la dette a été stoppé et même amoindri sous le président démocrate Bill Clinton. 

De surcroît, la déréglementation du secteur banco-financier et de l’économie, encore l’œuvre de ces mêmes présidents républicains, est la cause directe de la présente crise économique.

Ainsi, les prétentions et politiques de ce succédané du Parti Républicain frôlent le masochisme.

Il propose aux américains les mêmes recettes ayant déjà démontré leur inefficacité comme s’ils n’avaient pas déjà payé assez cher l’expérience désastreuse de l’application de ces dogmes socio-économiques. 

Et comment les américains peuvent-ils encore tomber pour ce genre de fadaises quand les prédécesseurs idéologiques du Tea Party – les dernières gouvernances républicaines – ont aussi brandi de pareils préceptes tout en chargeant par la suite le pays d’un passif budgétaire désastreux – contrairement à leur idéologie anti-État - que les générations futures devront payer? 

Appuyé par de grandes corporations conservatrices telles que Verizon, AT & T, Philip Morris ainsi que des milliardaires du pétrole comme les frères Koch et moussé par la propagande des réseaux médiatiques de droite comme Fox, le Tea Party prend racine dans un terreau fertile caractérisé par des exacerbations du sans-emploi et reçoit en conséquence de plus en plus d’appuis chez les électeurs déboussolés malgré le bon sens et les vérités historiques.

La sainte croisade de Richard Martineau

Richard Martineau dans son « Franc-parler » publié le 11 septembre 2010 dans Le Journal de Montréal élève sur un piédestal la sainte chrétienté, tout en dénigrant au passage un monde musulman dangereux par son intégrisme et ses exactions sommaires.

En premier lieu, affubler de barbarisme une religion qui englobe près de 1,8 milliard d’individus sur la planète est tout autant irrespectueux que démagogique.

Tous les musulmans ne sont pas des terroristes ou des intégristes en puissance.  Martineau use d’une généralisation malsaine qui traduit son étroitesse d’esprit et ses préjugés xénophobes.

En second lieu, Martineau semble occulter l’héritage de l’histoire chrétienne qui elle aussi n’a pas brillé pour son humanisme.  A-t-il oublié les bûchés de l’inquisition qui carbonisaient les « hérétiques »?  A-t-il oublié les croisades avec son lot de massacres de musulmans au Proche-Orient?  Et se souvient-il de la prise de Constantinople par les croisés contre d’autres chrétiens de confession orthodoxe?

Pas très reluisant comme passé, n’est-ce pas?

Ainsi, nous sommes mal placés pour faire la morale aux musulmans.

Et surtout, il faut démontrer de l’empathie envers ces peuples de foi musulmane qui ont subi la brutale colonisation européenne pendant des siècles.  De plus, la création de l’État d’Israël et les occupations de la Palestine, de l’Irak ainsi que de l’Afghanistan sont des constants rappels de l’impérialisme occidental qui domine dans l’ensemble de la sphère musulmane.

Difficile alors de jouer la vierge offensée.

Martineau ne prouve pas son intelligence ici en sortant une telle diatribe antimusulmane la journée même de l’anniversaire des événements du World Trade Center.

Il dénonce le sectarisme de l’Islam, mais en fait lui aussi preuve, tout comme les croisés du Moyen-âge…

Le Québec bashing du Fraser Institute

On ne s’attendait à rien de moins de la part d’un think tank de droite tel que le Fraser Institute.

Fidèle à son habitude et conformément aux préceptes de la droite économique, ce groupe de réflexion à but « non-lucratif »  tape allégrement sur le modèle social-démocrate québécois.

Sa nouvelle étude stipule que l’économie québécoise est la moins libre de tout le continent.  Pourtant, le Québec offre l’un des plus bas taux d’imposition aux entreprises, sans compter les généreuses subventions octroyées et les faibles redevances sur l’exploitation des ressources naturelles.

Selon Filip Palda, senior fellow de l’Institut Fraser, «Au Québec, des facteurs tels que l’interventionnisme étatique, les impôts élevés, la puissance des syndicats ainsi que l’existence de programmes et de droits sociaux étendus ont considérablement réduit la liberté économique (…) Les provinces dont le niveau de liberté économique est élevé connaissent en effet une croissance économique supérieure. »

Néanmoins, cette étude néglige le fait que l’interventionnisme de l’État via les investissements publics, notamment dans la réfection des infrastructures, a permis au Québec de passer avec brio la tourmente de la crise économique tandis que plusieurs provinces canadiennes subissent mal la situation et que les États-Unis sont au bord de la dépression avec son cortège de destruction d’emplois et de risque de déflation.    

Aussi, la constatation que les impôts sont plus élevés dans la Belle Province n’est pas révélatrice d’un faible taux de productivité.  En effet, d’autres nations, tels que les pays scandinaves, ont des taux d’imposition élevés assortis de programmes sociaux généreux tout en maintenant de bonnes statistiques de production.  Ainsi, haute taxation de revenus, couverture sociale abondante et productivité ne sont pas nécessairement incompatibles.

Par ailleurs, le taux de syndicalisation élevé, le plus haut en Amérique du Nord, a contribué à réduire les écarts de revenus entre les individus au contraire des voisins du Québec dont le décalage entre riches et pauvres est beaucoup plus prononcé. Remarquons que c’est cette faible distance entre classes sociales qui a soutenu l’économie québécoise durant la crise car elle favorisait une consommation stable.  Cela, le Fraser Institute ne l’évoquera pas.

De plus, les responsables de l’étude affirment que le PIB par habitant est moins élevé au Québec que dans les territoires les plus « libres sur le plan économique ».  Ce qui est évidemment un mal.

Encore une fois, le Fraser Institute use d’un raccourci intellectuel fallacieux.  Le PIB ne traduit pas nécessairement une juste répartition des richesses ainsi qu’une bonne qualité de vie.  Le Québec a pu trainer de la patte sur la croissance du PIB, mais il est un exemple de justice sociale et de climat social serein avec son bas taux de criminalité.

Ce n’est pas la première fois que l’on entend de part et d’autre du salissage de cet acabi.  Cette dernière attaque succède à celles des lucides, de l’Institut Économique de Montréal et de l’Action Démocratique du Québec qui brandissent la pauvreté du Québec face aux autres provinces et états de l’Amérique du Nord.

Cette dernière soi-disante étude va dans le même sens.

On appelle « économisme » ce style de discours orienté vers « l’économie pure ».  On oblitère tout autre paramètre social et politique pour faire primer les dogmes économiques au profit des intérêts du monde des affaires.  Ce genre d’études se limite aux données conformes aux paradigmes d’une droite économique peu concernée par les réussites des politiques sociales ou économiques qu’elle juge comme nuisibles à ses activités commerciales.