Archives mensuelles : août 2010

Les États-Unis doivent s’adapter ou disparaître

S’adapter ou disparaître disait Charles Darwin.

Si cet adage peut s’appliquer à une espèce animale, peut-on l’appliquer à des sociétés humaines? 

Le flux de l’Histoire n’est qu’un débit constant d’empires se succédant les uns les autres dont les vestiges jonchent la terre, témoins d’un passé révolu mais tellement riche en enseignement pour l’avenir.

Le dernier empire en liste, les États-Unis d’Amérique, se maintient difficilement sur le fil de l’hégémonie planétaire tandis que s’effritent les attributs de sa puissance.

Les États-Unis ont eu tout pour eux.  Un pays presque continental enclavé par deux océans et détenant des richesses immenses. Au contraire des autres empires de jadis, un envahissement par des forces militaires étrangères est peu probable en raison de sa quasi-insularité et du relatif éloignement de son territoire.

Alors, comment une nation si bénie par les dieux et la géographie peut-elle être sur le point de connaître la sempiternelle chute qui attend toutes les sociétés dominantes?

Contrairement aux empires séculaires,  ce n’est pas les invasions barbares qui menacent les États-Unis de déclin, mais uniquement leur incapacité à gérer leur propre destiné.

D’abord, il y a l’idéologie mercantile et individualiste qui mine et fragilise la structure de toute leur pyramide sociale.  Sur des bases aussi frêles, avec ses conséquences sociales inégalitaires, la pérennité d’un tel empire ne peut être assurée.

Ensuite, il y a la tentation hégémonique ayant poussé les États-Unis à se militariser et à s’endetter ainsi de manière outrancière.

Mais, surtout, c’est l’impéritie de ce peuple à résoudre lui-même les défis auxquels il fait face.

Le cas des récentes législations sur le système financier, la couverture universelle en santé ainsi que l’échec de la loi sur l’énergie et le climat en témoignent.

Bien que Barack Obama ait réussi à l’arraché à faire adopter deux de ces lois devant moult opposition, au final, on doit conclure que ses réformes ont échoué malgré sa bonne volonté.

La réforme bancaire fut une grosse mascarade.  L’organisme chargé de surveiller les banques ressemble plus à un eunuque qu’à un chien de garde. On a éliminé la proposition de pare-feu entre les banques de dépôt et les banques d’investissement.  Rappelons que c’est en grande partie l’enchevêtrement entre ces deux types d’institutions financières qui fut à l’origine de la crise du crédit de 2008.

Pourtant, il serait plus qu’impératif de baliser le secteur financier afin d’assainir une économie vacillante marquée par des débalancements structurels inhérents à la déréglementation excessive des 30 dernières années.

La révision de la santé, elle aussi, ne vaudra pas le papier sur lequel est rédigée la loi.  Les débats houleux et les nombreux compromis ont édulcoré le sens de la réforme qui ne consiste maintenant qu’à un vœu pieux dénué de tout fondement véritable.  Et, déjà, on conteste ce qui reste de pertinence en cette loi en doutant de sa validité devant les tribunaux.  En effet, l’État de Virginie est le premier à contester sa constitutionnalité sur la prémisse que le gouvernement fédéral impose illégitimement l’obligation aux citoyens d’acheter quelque chose.

Bref, ça commence mal, malgré qu’une protection universelle en santé soit bénéfique aux États-Unis qui paient déjà le plus au pro rata pour les services de santé.  Pourtant, une telle initiative est capitale pour couper les coûts de santé et améliorer la condition physique des américains qui pourraient alors être plus productif au grand bénéfice de l’économie américaine.

Et signe que les américains manquent la bateau en matière de santé, la Chine a récemment instauré sa propre couverture universelle.  Elle a compris qu’une puissance mondiale se doit de soigner sa population afin de construire son empire sur des bases solides.   

Soulignons aussi que l’échec de l’adoption du projet de loi sur l’énergie et le climat au Sénat fait preuve d’un manque de volonté et de laxisme des américains envers l’évolution vers une société plus écologique et saine. Le développement durable n’est pas du tout dans le viseur des élus du Congrès qui se cantonnent encore dans une vision rétrograde de la croissance économique appuyée par de nombreux lobbys énergétiques ne désirant pas de véritable progrès dans la lutte aux gaz à effet de serre. Pourtant, la durabilité d’un empire s’assoit sur le renouvellement de ses richesses naturelles ainsi que sur la qualité de son environnement.

Encore une fois, l’Oncle Sam rate le train tandis que la Chine a opté pour des politiques environnementales plus sévères.

Finalement, les États-Unis, sont à la merci des mêmes maux ayant contribué à la chute de l’ancien Empire romain.  En effet, l’importation l’emporte sur l’exportation, le renouvellement de leurs ressources n’est pas pris en considération par le gouvernement (Rome a épuisé ses terres arables sans pratiquer la jachère), l’inégalité dans la répartition des revenus s’étend – et encore plus avec le maintien du congé d’impôt pour les hauts revenus malgré la promesse électorale d’Obama de l’abolir – et la tendance à créer de la monnaie pour éviter la débâcle économique en dépit de l’hyperinflation que cela engendre sont tous des indices démontrant l’inéluctabilité du déclin de la première puissance économique et militaire du monde contemporain.

La boîte de Pandore Bastarache

Cet article a été publié dans le journal Métro Montréal (27 août 2010)

La commission Bastarache s’avère être un véritable cauchemar pour le premier ministre Jean Charest qui navigue déjà en eaux troubles, lui et son gouvernement, à la suite de nombreuses révélations de trafic d’influence et de corruption.

Le chef libéral croyait intimider Marc Bellemare en engageant une mise en demeure simultanément à sa comparution à la commission d’enquête.  En vain.  Maître Bellemare – au risque de poursuites périlleuses et de perte de toute crédibilité dans sa profession – fonce tête baisée contre son ancien patron, confiant de la véracité de ses affirmations.

Le déclenchement de la commission Bastarache fut un pari risqué de la part du chef du gouvernement qui y espérait noyer le poisson après avoir été acculé au pied du mur.  Cependant, en procédant de la sorte, il vient d’ouvrir une boîte de Pandore dont la finalité ne peut aboutir qu’à la fin du régime du Parti Libéral du Québec.

En effet, même si les déclarations de monsieur Bellemare sont réfutées ou reléguées dans l’oubli, faute de preuve concrète, le mal sera fait.

Dans l’esprit du citoyen, tout ce brouhaha médiatique au sujet des pressions sur la nomination des juges par un certain Franco Fava, grand argentier du PLQ, ne fera que confirmer que l’actuel gouvernement est rongé par la corruption avec comme conséquence une insatisfaction persistante et un cynisme malsain déjà palpés dans l’ensemble de la population depuis la sortie des scandales des places de garderie octroyées à des amis du Parti Libéral, des nominations douteuses de hauts fonctionnaires et des contrats de construction routière donnés à des entreprises proches des libéraux.

Et comme si ce n’était pas suffisant, on apprenait dernièrement que la firme SNC-Lavalin, contributeur au Parti Libéral du Québec, aurait profité d’une procédure d’appel avantageuse à son égard dans le projet de réfection du toit du Stade olympique.  Rien pour faire taire les rumeurs…

Dans un pareil contexte, le maintien au pouvoir deviendra de plus en plus insoutenable pour l’équipe libérale car lorsque la réputation d’un premier élu d’un État est entachée, c’est tout l’édifice du pouvoir gouvernemental qui en est ébranlé.

Pour le bien de la santé démocratique du Québec, Jean Charest devrait se retirer et appeler des élections. 

Advenant son obstination à demeurer en place, ni lui, ni son parti, ni les québécois ne sortiront gagnants de la tempête politique actuelle.

Léo-Paul Lauzon et la désinformation‏

Voici une entrevue qui résume bien ma pensée.  Écoutez-la jusqu’à la fin!!!
 
http://www.985fm.ca/audioplayer.php?mp3=77643

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Nous autres, les sales gauchistes qui n’y connaissent rien à rien, sont toujours dénigrés par les médias qui favorisent les positions des grandes compagnies et des banques tout en brainwashant l’esprit du citoyen ordinaire.
 
Vous n’aimez pas la politique?  Vous dites que tous les politiciens sont des crosseurs?   Mais, ciboire, c’est normal!!!  Vous votez pour les partis des nantis (libéraux, conservateurs, etc.) au-lieu de voter pour des gens qui représentent réellement votre position sociale!!   Ce n’est que de votre faute si le cynisme se répand en politique!  Faites les bons choix et arrêtez de croire toutes les peurs que vous chantent les médias privés!
 
Vous voulez que la politique change?  Mettez au pouvoir les bonnes personnes qui vous comprennent!  Pas des parvenus qui se crissent bien de vos difficiles fins de mois et qui se vautrent dans la richesse tandis que vous avez peine à rejoindre les deux bouts!

Rien ne va plus… en économie

Il n’y a pas de réelle reprise économique en Occident. 

Les informations de cette semaine le confirment. 

Les bourses ont périclité et la confiance des consommateurs est à son plus bas.

La reprise escomptée ne s’est jamais pointé le bout du nez.  Au mieux, il s’agissait d’une relance « molle » ou sans emploi, selon les euphémismes positifs employés par les « grands économistes » pour caractériser cette crise économique sans précédent depuis La Grande Dépression des années 30.

L’Europe vivote. La production accrue en Allemagne et la croissance du PIB en Italie font contrastes avec le chômage latent en Espagne, en Grèce et dans de nombreux pays de l’Union économique européenne des 27.

Et les États-Unis, dont plusieurs ont sonné le glas d’une très anticipée effervescence économique salvatrice, s’embourbent dans une récession sans fin.   Le plan de relance du Président Obama n’a pu modifier une course économique désastreuse que seule une demande interne forte pouvait redresser.  Mais voilà.  La demande n’y est pas. Et pour cause.

Depuis le début de l’ère néolibérale, que l’on peut datée par l’élection de Ronald Reagan aux États-Unis et de Margaret Thatcher en Grande-Bretagne, la situation de la classe moyenne n’a cessé de se détériorer : allégement des impôts aux entreprises, iniquité indue dans la répartition des revenus et accroissement du fardeau fiscal du contribuable ordinaire ont pompé le peu de marge de manœuvre financière que possédaient les ménages.

Alors, ceux-ci se sont endettés pour maintenir leur niveau de vie tout en déboursant les frais pour des services publics de plus en plus pesant en raison du vieillissement de la population, des problèmes sociaux et des urgences environnementales.

Et pendant ce temps, les grandes entreprises enregistraient des profits monstrueux en profitant de subventions déguisées en raison de leur retrait à la participation aux revenus de ces États qui sont présentement au bord de la faillite.

Rien ne va plus.  La roulette du capitalisme a tourné… et le petit peuple a perdu.  Comme toujours, la maison – c’est-à-dire les maitres du jeu –  ramasse la cagnotte.

Canada fasciste

Qui l’eut cru. 

Le Canada, ce pays si respecté sur la scène mondiale pour son aide internationale, son respect des droits de l’homme, sa justice sociale et son respect des préceptes démocratiques glisse lentement, si la tendance se maintient, vers le fascisme sous l’égide des conservateurs.

Le gouvernement de Stephen Harper, fidèle à sa coutume depuis le début de sa gouvernance, ne se gène pas pour contourner les lois et profiter de toutes les occasions possibles pour faire avancer ses réformes de droite antidémocratiques.

Avec et depuis l’élection du Parti Conservateur en 2006, les citoyens canadiens ont vu progressivement leurs droits démocratiques reculés et la libre circulation de l’information brimée.

Tout d’abord, il y a la mainmise du bureau du premier ministre sur toute l’information émanant du gouvernement.  En effet, toute communication vers l’externe doit passer par les mains de Stephen Harper lui-même. Sans compter que ce dernier tient en laisse l’ensemble de ses ministres qui ne peuvent pas ouvrir leurs bouches sans son accord explicite. 

Et, fait inquiétant, seuls les journalistes autorisés peuvent poser des questions lors de déroulement de conférences de presse!

Mais ce n’est pas tout : le groupe Journalistes canadiens pour la liberté d’expression s’est déclaré inquiet de la tournure que prend le cabinet Harper dans l’accès à l’information.  Selon un rapport du groupe, 43 % des requêtes d’accès à l’information n’ont pas été traitées à l’intérieur du délai prescrit de 30 jours. Par ailleurs, dans 23 % des cas, plus de 60 jours ont été nécessaires avant qu’une réponse soit donnée.   

Autre dossier : les arrestations massives du dernier G20 à Toronto, avec la présence sur place de 5 000 agents de la GRC, font transpirer que le gouvernement fédéral actuel ne lésine pas avec la sécurité ainsi que sur son credo de « la loi et l’ordre ».

Et, cet été, le gouvernement conservateur essaie de faire passer incognito et insidieusement certains pans de son agenda en pleine période de vacances estivales dans laquelle les citoyens ne sont pas autant à l’affût de l’actualité politique.  On tente ainsi de nous en faire passer des « p’tites vîtes ».

Prenons le cas du changement du formulaire obligatoire de Statistique Canada en un caractère volontaire.  Ils ont annoncé ce changement en attestant qu’il s’agissait d’une demande expresse de l’organisme public.  Ce qui s’est avéré éminemment faux tout en suscitant la colère du statisticien en chef de Statistique Canada qui remit immédiatement sa démission.

Dans le même temps, Maxime Bernier, l’inimitable député de Beauce, renchérit en stipulant que des milliers de plaintes ont été adressé à son bureau de circonscription.   Monsieur Bernier proclame qu’il représente une « majorité silencieuse».  Or, celle-ci doit être vraiment silencieuse ou Bernier mythomane, car seulement trois personnes se sont plaintes au près de Statistique Canada depuis 2001!

Quoi qu’il en soit, on réalise très bien que cette décision est idéologique.  Quelques mois plus tôt, Statistique Canada, une institution reconnue mondialement pour sa neutralité et la justesse de ses sondages, a sorti une donnée démontrant la diminution de la criminalité au Canada, ce qui n’a évidemment pas plu aux conservateurs qui élèvent en dogme le « Law and order » et la sévérité des lois en matière criminelle. 

Il est à noter que le passage à un formulaire volontaire réduit considérablement la précision des données de Statistique Canada et ainsi fait l’affaire des conservateurs.  Dans l’avenir, ils pourront alors mettre en doute la précision des conclusions de Statistique Canada.

Autre affaire épineuse : la fin de la discrimination positive dans l’embauche de la fonction publique fédérale.  Outre le fait que cette décision mettra fin à un rééquilibrage de la proportion de fonctionnaires fédéraux issus des minorités visibles -  ces dernières représentent 12,4% de la population active mais n’occupent seulement que 9,8% du fonctionnariat fédéral-  cela sonnera l’arrêt de mort d’une juste représentation culturelle et ethnique du pays dans la cohorte des employés de l’État.

Mais, plus précisément, cela traduit la volonté des conservateurs d’exclure le plus possible les minorités au sein de l’appareil gouvernemental.  Ce qui demeure, évidemment, un sentiment exclusif et xénophobe contraire aux valeurs fondamentales de ce pays.

Citons aussi l’octroi de 9 milliards de dollars à l’achat de 65 F-35  en pleine période de restrictions budgétaires.  La situation économique avec son lot de détresses personnelles ne demanderait-elle pas plutôt des investissements plus ciblés socialement?  De plus, pourquoi ainsi exporter ces milliards en dehors de nos frontières pour engraisser la compagnie américaine Lockheed Martin au-lieu de les investir directement dans l’économie canadienne? 

La militarisation est à l’ordre du jour chez les conservateurs tandis qu’ils annoncent de prochaines coupes sombres dans la structure gouvernementale à la suite des coûteux programmes de relance de l’économie.  On voit dès lors où résident leurs priorités.

Un pays qui dérive vers l’exclusion des ethnies minoritaires, le contrôle de l’information, la répression et le militarisme ne vous rappelle-t-il pas un schème familier?

L’Histoire nous apprend que la déviation totalitaire ne s’est jamais opérée du jour au lendemain, mais, insidieusement, progressivement, pour finir par étendre son étreinte à toutes les sphères de la vie publique.

Il revient aux citoyens d’être vigilants car la démocratie ne doit jamais être tenue pour acquise.  Elle est un combat perpétuel devant les forces cherchant à la corrompre.

Les conservateurs ne sont même pas majoritaires, et déjà, ils tentent de modeler le corps social selon leurs paradigmes idéologiques. 

Imaginez si le Parti Conservateur était majoritaire…

AJOUT : l’affaire du bateau de réfugiés tamouls confirme encore l’assertion que les conservateurs sont répulsifs aux minorités!