Quebecor: une menace pour la démocratie

Rarement n’a-t-on vu une telle menace pour la démocratie au Québec.  La concentration des médias a atteint un tel niveau que la santé du processus démocratique et la liberté d’expression sont en péril.

Quebecor de Pierre-Karl Péladeau a réussi avec sa stratégie de« convergence » (un terme mielleux remplaçant « monopolisation ») à mettre la main sur un vaste réseau médiatique chevauchant l’imprimerie commerciale, la presse écrite, les médias télévisuels, la câblodistribution et les portails internet.

Qu’est-ce que Quebecor?

Faisons un portrait rapide de Quebecor.  Tout d’abord, il s’agit d’un amalgame d’entreprises de communication à concentration verticale.

Quebecor, c’est Videotron, le plus grand réseau câblé dans la province et Canoë, un portail internet bien connu.  C’est aussi le groupe télévisuel TVA, les librairies Archambault, les éditions CEC et Sogides incluant les Éditions de l’Homme ainsi que les Presses Libres.  Il ne faut surtout pas oublier Sun Media avec son éventail de journaux comprenant Le Journal de Montréal, le Journal de Québec, le Toronto Sun et bien d’autres quotidiens locaux.

Le tout générant près de 4 milliards de dollars de revenus annuellement.

Nous devons aussi inclure les imprimeries de Quebecor World, présentement sous la protection de la loi sur les arrangements avec les créanciers, qui rapportaient presque 7 milliards de dollars à la fin de l’exercice fiscal 2006 (source).

Les périls de la concentration et de la convergence

Au fil des années, Quebecor acquis de nombreuses entreprises afin d’étendre ses activités et d’opérer de la sorte des économies d’échelle.  En ayant la mainmise sur des compagnies aux fonctions complémentaires, elle a pu réduire ses coûts d’opération en contrôlant du bas jusqu’au haut tous les intermédiaires impliqués dans son processus de production.

Des presses de l’atelier d’imprimerie à la Une du Journal de Montréal, de l’enregistrement des nouvelles du soir à TVA jusqu’aux téléviseurs des clients câblés de Videotron,  Quebecor contrôle de A à Z l’ensemble des étapes d’exploitation.

La machine fonctionne tellement bien qu’une récente étude d’  Influence Communication révèle qu’ "en 2008, 36% de la couverture des quotidiens de l’empire Quebecor a porté sur des émissions diffusées par ses propres chaînes (TVA et LCN, entre autres)" et que plusieurs autres émissions issues d’autres réseaux ont été éclipsées.

Seulement, c’est que toute cette concentration indue pose un problème éthique évident.  Outre le fait que l’on impose un modèle culturel aux clients en privilégiant tel contenu provenant du même propriétaire au lieu d’un autre originaire d’un concurrent, il y aussi la problématique de la conservation de la liberté de presse et de l’objectivité des journalistes.

C’est ce qu’évoquait l’Institut de Recherche sur le Québec à la suite d’un avis du Conseil de Presse du Québec datant de 2003 : «  on constate que les salles de rédaction et les rédacteurs en chef sont en perte d’autonomie et d’indépendance face aux directives formelles et informelles des propriétaires ayant des visées certes économiques mais aussi idéologiques ».

Ingérence politique de Quebecor

Depuis les tentatives de rationalisation de Quebecor par son président, Pierre-Karl Péladeau, initiées avec l’ancien conflit au Journal de Québec et se continuant avec le présent lock-out au Journal de Montréal, nous avons pu constater de nombreuses attaques contre le modèle québécois et le mouvement syndical à TVA/LCN ainsi qu’au Journal de Montréal avec des campagnes propagandistes telle que « Le Québec dans le rouge » et les participations de ténors de droite comme Daniel Audet, Nathalie Elgrably, Joseph Facal et Richard Martineau dont certains sont collaborateurs à l’Institut Économique de Montréal.

Le patron de Quebecor cherche évidemment à dicter une direction idéologique à son empire en privilégiant les discours de la droite économique et en implantant  une nouvelle agence de presse de son cru dénommée QMI.

Plusieurs éléments de preuves peuvent appuyer ce constat :

-  Dans un récent article de QMI, une agence se prétendant de même qualité et aussi objective que la Presse Canadienne ou l’AFP, on a pu lire, dans un texte sans auteur, une phrase émettant clairement un jugement de valeurs contraire à la véritable objectivité journalistique : «  Les gouvernements ont-ils raison de sacrifier autant d’argent alors que les finances publiques sont à la dérive? Le déficit du Québec devrait se chiffrer à près de cinq milliards pour l’exercice 20092010 et celui d’Ottawa atteindra une cinquantaine de milliards. »

Le travail d’un journaliste se borne à rapporter les faits, pas à les interpréter.

-  En février 2010, un article du journaliste Dany Doucet du Journal de Québec, repoussait l’insolence et le dédain de la volonté populaire au delà de ses limites.  La trame et le titre de son torchon « Le Québec dans le rouge: dix solutions acceptées » laissent perplexe.

Se basant sur un sondage, il affirme que les recettes proposées pour s’attaquer aux « vaches sacrées » de la société québécoise sont approuvées par la population!

Depuis quand un sondage traduit la volonté d’un peuple? Depuis quand on remet l’expression des désirs d’une société à un média qui affirme sans équivoque qu’un consensus s’est dégagé sans à prime abord qu’un véritable débat public se soit déroulé ou qu’une implication des citoyens ait eu lieu?

On suggère carrément aux citoyens ce qu’ils doivent penser. Pure démagogie et propagande, voilà tout.

-  Le 28 octobre 2009, on publiait le prétendu témoignage d’un papa québécois qui s’inquiète de la dette publique refilée à son bambin.  Ce que le Journal de Montréal a évité de dire dans cet article est que ce père, Yannick Labrie, est un chercheur associé à l’Institut Économique de Montréal, un groupe de réflexion de droite!

Quebecor est vraiment prompt à faire toutes les bassesses et joue sur la fibre sentimentale ainsi que sur la fourberie afin de faire passer son message doctrinal et propagandiste.

En conclusion

L’arrogance du prince des médias ne s’arrête donc plus à la sphère communicationnelle, son terreau naturel, mais déborde maintenant sur la vie publique et politique du peuple québécois. Jamais le pouvoir d’un seul homme n’a autant menacé la viabilité démocratique du Québec.

Une menace qu’a mis en lumière la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) : « Le président de la Fédération, Bryan Myles, considère que le droit du public à une information complète et diversifiée est menacé ».

Même constation de la part de l’Institut de Recherche sur le Québec : "l’uniformisation et la standardisation du contenu fait en sorte que le pluralisme idéologique et la libre circulation des idées inhérents à la bonne santé démocratique d’un pays sont mis en péril. Cette situation constitue un danger puisque la diffusion de différents points de vue sur un enjeu est réduite"

Les autorités publiques devraient se pencher sur ce dossier et envisager un démantèlement de Quebecor pour assurer une véritable pluralité de l’information et des opinions mais aussi pour empêcher une domination des points de vue et conséquemment des intérêts particuliers de certains individus sur ceux de la population en général.

La vie démocratique du Québec en dépend.

Mise à jour au 21 février :  le nouveau président du Conseil de presse du Québec évoque le problème: "  John Gomery entend proposer des décisions plus tranchées lorsque des dérives journalistiques surviendront. Il y a quelques jours, un article signé Agence QMI dans le Journal de Montréal faisait carrément la promotion d’articles dérivés de la téléréalité Montréal-Québec diffusée sur les ondes de TVA. Ce genre d’article est-il un dérapage aux yeux du nouveau président? « Si un journaliste prône une certaine attitude, c’est son droit. S’il a été engagé pour faire la promotion, ce n’est plus du journalisme, mais bien du lobbying. Je pense que ça devient une [faute] en matière de déontologie et le reporter doit être critiqué », a-t-il répondu.

http://www.ruefrontenac.com/nouvelles-generales/55-enjeux/18208-gomery-conseil-de-presse

À lire:

Convergence politico-médiatique

Le vol de la dette publique

31 réflexions sur “Quebecor: une menace pour la démocratie

  1. Excellent billet. Et j’ajouterais: n’est-il pas un peu indécent qu’un patron ait accès à la une d’un quotidien et aux bulletins de nouvelles d’une chaîne de télé pour discréditer le syndicalisme dans son entier alors qu’une de ses entreprises est en lock-out? L’opinion publique doit évoluer à son rythme. Présentement, elle est sous l’effet d’un électrochoc…

  2. @louisp

    Avant de dire n’importe quoi, vous devriez savoir que Facal a été signataire du manifeste des lucides et qu’il appelle à la démolition de la social-démocratie au Québec en s’attaquant aux "vaches sacrées".

    Si vous n’avez pas quelque chose de plus intelligent à dire, évitez de commenter ici.

  3. @Lutopium

    Commentaire pertinent. Je me demande vraiment si les gens voient clair dans ce petit jeu de contrôle de l’opinion publique. Il existe un véritable problème que l’on se doit de résoudre.

  4. Je vois difficilement en quoi signer le manifeste des lucides fait de vous un ténor de la droite(seulement au Québec probablement). Je ne dis pas qu’il n’y a pas des gens de droite qui l’on signé. Mais ce n’est pas exactement un document de extrême-droite. On peut être d’accord ou en désaccord avec leur vision sur les effets de la dette et de la démographie, reste que la question est rarement abordé d’une façon sérieuse. Et, je ne me souviens pas d’avoir entendu Facal renoncé a son engagement envers la social-démocratie. À moins que je me trompe, ce qui est fort possible, la social-démocratie ne veut absolument pas dire des taux d’électricité artificiellement bas, ni des services publiques uniquement produit par la fonction publique.

    La Suède a des écoles entièrements privées financés par l’état et personne ne doute de la social-démocratie suèdoise. Le Danemark a sa "flexicurité" et ce n’est pas l’enfer néolibéral.

    Il y a plusieurs façon d’arrivé a des allocations qui correspondent à des critères de justice redistributive, il n’y a absolument rien de mal de revoir nos façon de faire. Si nos "vaches sacrées" se rapprochent plus du corporatisme que de la justice sociale…est-ce vraiment de "droite" de les questionner?

    Je ne fais pas un plaidoyer pour plus de privé, ça m’est égal, mais coller l’étiquette de "droite" à chaque personne qui le suggère est contre-productif.

  5. "Je ne dis pas qu’il n’y a pas des gens de droite qui l’on signé."

    Qui se dit de gauche dans les signataires?

    "Mais ce n’est pas exactement un document de extrême-droite. "

    Qui parle d’extrême droite? J’affirme simplement comme plusieurs autres que ce manifeste est de droite comme sa réplique Pour un Québec Solidaire est de gauche. Rien n’est aussi clair.

    "Et, je ne me souviens pas d’avoir entendu Facal renoncé a son engagement envers la social-démocratie. "

    On peut se dire être bien des choses et même le penser mais ça n’atteste pas qu’on le soit. L’habit ne fait pas le moine. En fait, ses paroles mêmes traduisent son néolibéralisme latent.

    "ni des services publiques uniquement produit par la fonction publique. "

    Vous êtes sérieux? Sous-traitance, PPP? On ne retombera pas dans ce débat! Le vérificateur général a souligné l’inefficacité des partenariats publics privés et les possibles dérives de corruption.

    "La Suède a des écoles entièrements privées financés par l’état et personne ne doute de la social-démocratie suèdoise. "

    La plupart des pays sociaux-démocrates ont connu des gouvernements de droite après 1980 qui ont édulcoré l’État-Providence à l’avantage des intérêts privés. La montée du néolibéralisme en est la cause. Il ne s’agissait pas de moderniser la S-D, mais bien de la diluer.

    "Il y a plusieurs façon d’arrivé a des allocations qui correspondent à des critères de justice redistributive, il n’y a absolument rien de mal de revoir nos façon de faire."

    C’est drôle ça, c’est ce qu’ils disent tous. Même Jean-François Lisée avec sa gauche efficace qui n’était qu’un grossier virage à droite sous les traits de la nouveauté afin de duper la population. http://pourquedemainsoit.wordpress.com/?s=gauche+efficace

    "Si nos « vaches sacrées » se rapprochent plus du corporatisme que de la justice sociale…est-ce vraiment de « droite » de les questionner?"

    Et qui de la gauche le fait? La gauche pointe du doigt les véritables bandits de nos sociétés que sont les grandes compagnies privées et les multinationales. Elle dénonce les crédits d’impôts pour entreprise, le vol de nos richesses naturelles sans ristourne et l’évasion fiscale dont profite les plus riches au lieu de faire comme la droite et de demander au petit peuple de se serrer de plus en plus la ceinture afin que les maîtres de ce monde se vautrent dans le luxe.

  6. Vous avez une vision assez manichéene de la société. La droite dénonce encore plus les crédits d’impôts que la gauche à ce que je sache. Elle est la plus grande expression de la volonté des politiciens à créer des "jobs". Car ça semble être la seule mesure sur quoi un gouvernement soit jugé. (Ici, c’est un constat et non une position.)

    On peut argumenter sérieusement la baise du fardeau fiscale des entreprises et du même coup augmenter l’impôt sur les revenus de placement ou de capital. Si la firme utilise des services de l’état, par exemple le système de santé, qu’il paye. Mais bien que juridiquement, l’entreprise soit considéré comme une personne morale, elle ne l’est pas. Et vous pouvez la taxer tant que vous voulez, elle trouvera un moyen de refiler la facture au consommateur. De toute façon…je n’entrerai pas dans un débat sur la taxation optimale des firmes avec vous.

    C’est amusant à quelle vitesse le mot néolibéral sort dans des discussions comme celle-ci. Est-ce du néolibéralisme de faire le constat que les incitatifs sont importants? Bien, je que je crois que plusieurs individus soient animés par l’esprit de coopération, de dévotion et d’entraide, c’est de la pure utopie de penser que ces sources de motivations sont les seules à orienter le comportement humain. Les actions des individus ne se collent peut-être pas au modèle de l’être ultra-rationnel qui sert seulement ses intérêts, mais c’est fou de penser que les gens ne profiteront jamais d’une situation pour avancer leurs propres intérêts.

    Il y a une grande différence entre "diluer" la SD et avoir le souhait qu’elle fonctionne. Blâmer toutes réformes sur le néolibéralisme tient de l’extrême mauvaise foi. Nous savons très bien que les travailleurs réagissent très différement selon la méthode de rémunération ou le contexte dans lequel ils travaillent. Un moment donné, c’est bien les "bonnes intentions", mais il faut également avoir en tête les résultats. On donne encore du lait et du jus oranges aux femmes enceintes "économiquement et socialement défavorisées"…pourtant on sait depuis très longtemps que ce programme ne fonctionne pas. Est-ce du néolibéralisme débridé de demander qu’on redirige les fonds vers des programmes plus utilent? Est-ce que la mesure même de l’efficacité des programmes est une mesure néolibérale??

    "Vous êtes sérieux? Sous-traitance, PPP? On ne retombera pas dans ce débat! Le vérificateur général a souligné l’inefficacité des partenariats publics privés et les possibles dérives de corruption."

    Le Danemark a confié en partie le logement de personnes âgées qui ne sont pas entièrement autonomes au privé…et il n’y a pas eu de grand malheur et la condition de ceux-ci est beaucoup mieux que celle de nos propre aînés qui se perdent dans la confusion des CHSLD et de l’hospitalisation. Bien sûr que les PPPs peuvent être désastreux si mal encadrés. Le gouvernement du Québec avait probablement fait du mauvais travail dans sa conception de ce que devait être le rôle du privé dans la production de service public. Mais tout balayer du revers de la main à cause du vérificateur est totalement risible. Il y a des centaines d,exemples où les PPPs ont bien fonctionné et il y en a des centaines où c’était un bordel total. L’important est d’apprendre des erreurs et de faire mieux.

    En passant, je ne travail pas pour Québécor, ni pour aucun gouvernement, ni pour aucune multinationale. Je n’ai aucun gain monétaire à avoir cette discussion avec vous. Je ne cherche pas à duper personne pour aucun gain personnel. Je pense sincèrement que nous pouvons faire mieux avec les ressources que nous avons pour offrir de meilleurs services et une plus grande équité.

  7. "La droite dénonce encore plus les crédits d’impôts que la gauche à ce que je sache."

    Ah oui? Elle aurait alors du s’offusquer des baisses d’impôts accordées pour les revenus de plus de 200 000$ sous GW Bush et de la diminution de la participation des entreprises à l’assiette fiscale des États, un phénomène qui contribua à la hausse des dettes publiques. En fait, la dette publique du Québec, qui fut de 2,2 milliards en 1971, augmenta jusqu’à 128,7 milliards en 2009 en complète synchronicité avec les élévations des bénéfices ainsi que des allégements d’impôt des entreprises privées canadiennes. De 1964 à 2004, les profits des compagnies furent multipliés par un facteur de 4,7 tandis que leurs contributions fiscales diminuèrent de 4,2% à 2,4% du PIB de 1984 à 2004 (soit 43% de moins)! En 1999, 52% des entreprises québécoises n’ont pas payé d’impôt alors qu’elles avaient enregistré plus de 9 milliards de bénéfices! De plus, en 2002, Québec a octroyé 4,2 milliards d’aide financière aux gens d’affaires tandis que leurs compagnies n’avaient contribué que 3 milliards aux deniers publics! Un manque à gagner de 1,2 milliard !

    En 2008, 80% des revenus de l’État provenaient des particuliers!

    "Elle est la plus grande expression de la volonté des politiciens à créer des « jobs ».

    Le rôle de l’État est de créer des jobs? Ce ne plus le rôle du saint privé? Vraiment n’importe quoi. Quand l’économie roule à fond, on pousse l’État sur le bas coté afin qu’il ne profite pas de la manne, mais quand ca va mal, le privé lui demande de l’aide pour qu’il investisse des fonds publics afin de créer des emplois qu’il a sciemment perdu par sa vision à court terme.

    "Car ça semble être la seule mesure sur quoi un gouvernement soit jugé. (Ici, c’est un constat et non une position.)"

    Quelle réflexion simpliste et digne de la droite. Un gouvernement ne sert pas seulement l’économie, mais toutes les autres sphères de la société. De plus, au Québec, la préoccupation principale de la population face au gouvernement est la santé et non la création d’emploi selon des sondages.

    "Et vous pouvez la taxer tant que vous voulez, elle trouvera un moyen de refiler la facture au consommateur. "

    Pourtant, dans le passé, les entreprises payaient une plus juste part d’impôt et cela n’a pas empêché la longue période de prospérité des Trentes Glorieuses. En fait, cela prouve que les Compagnies n’ont plus aucune conscience sociale et refilent les coûts de leurs charges à la collectivité afin de maximiser leurs profits. Nationaliser les pertes et privatiser les profits.

    "Blâmer toutes réformes sur le néolibéralisme tient de l’extrême mauvaise foi. "

    Dans ce cas, bien des intellectuels sont de mauvaise foi alors. Vous devriez lire "Le Nouveau Capitalisme" qui est un recueil de textes des 40 ans dernières années faisant une analyse des conséquences de la libéralisation économique sans contrepoids social.

    http://www.monde-diplomatique.fr/mav/72/

    "Mais tout balayer du revers de la main à cause du vérificateur est totalement risible. "

    Bon, le VG est un imbécile, il ne sait pas de quoi il parle. Tout comme le vérificateur général de l’Ontario qui affirme notamment que la méthodologie utilisée pour évaluer et rendre compte des avantages des projets en PPP est biaisée en faveur de la privatisation. Vous me sortez la même rhétorique de ceux qui ne veulent pas d’enquête sur l’industrie de la construction car cela pourrait impliquer le gouvernement libéral.

    "Il y a des centaines d,exemples où les PPPs ont bien fonctionné et il y en a des centaines où c’était un bordel total."

    La Grand Bretagne qui s’était lancée la première dans l’aventure des PPP dans les années 80 recule maintenant et limite ce genre de projet. Dans la santé, on a vu qu’à long terme, le coût des infrastructures revenait plus chère aux contribuables que si l’État s’était chargé seul de la gérance. Et pourtant, le gouvernement libéral insiste encore pour mettre la réalisation du CHUM en mode PPP.

    Vous qui parlez souvent de mauvaise foi, en voici une preuve flagrante.

  8. "Quelle réflexion simpliste et digne de la droite. Un gouvernement ne sert pas seulement l’économie, mais toutes les autres sphères de la société."

    Lisez moi…c’est exactement mon argument. L’état ne devrait pas servir l’économie. Le problème, selon moi est justement que l’obsession de l’emploi, force l’état à jouer copain copain avec des firmes privées. C’est un parfait exemple du dilemne du prisonnier. La santé peut être la sujet de l’heure, mais historiquement c’est toujours "jobs, jobs, jobs".

    "En fait, la dette publique du Québec, qui fut de 2,2 milliards en 1971, augmenta jusqu’à 128,7 milliards en 2009 en complète synchronicité avec les élévations des bénéfices ainsi que des allégements d’impôt des entreprises privées canadiennes."

    Il y a une différence entre correlation et causation. Il y a-t-il un lien entre les deux, c’est fort probable. Mais, l’augmentation de la dette publique est aussi dù à la croissance de l’offre des services publiques tout en essayant de garder des niveaux de taxation constant. Notre fardeau fiscale est probablement trop petit pour la grosseur de notre état. Ce n’est pas un constat très choquant. Si c’est ce que l’on veut alors tant mieux. Je suis même très favorable à l’augmentation de l’effort à la lutte à l,évasion fiscale. Mais ce n,est pas la solution miracle.

    "En 2008, 80% des revenus de l’État provenaient des particuliers"
    Et alors? les firmes sont possédés par des particuliers. Les profits vont aller à quelques part, soit en salaire soit en retour sur l’investissement. Deux chose qui se taxe. Il y a toujours le problème des multinationales, mais rien empêche les états de faire des accords pour la taxation du revenu de ces individus qui dirigent ces firmes. Ils le font pour le profits des sociétés. Si l’état offre des services aux entreprises privées et bien que l’état les fassent payer pour ça. C’est logique car ça rentre dans leurs coûts de production. Mais taxer les profits des sociétés est un faux débat. Pour ce qui est de nationaliser les pertes, il faut choisir son camp. On peut limiter la grosseur des firmes pour ne plus avoir l’argument "too big to fail", où on laisse les firmes faire faillites et on aide les travailleurs licensiés. Si vous avez êtes dans le milieu…et bien vous aller avoir le gouvernement qui va se battre pour tenter de sauver les firmes en difficultés. Et les firmes vont en profiter.

    "Bon, le VG est un imbécile, il ne sait pas de quoi il parle. Tout comme le vérificateur général de l’Ontario qui affirme notamment que la méthodologie utilisée pour évaluer et rendre compte des avantages des projets en PPP est biaisée en faveur de la privatisation. Vous me sortez la même rhétorique de ceux qui ne veulent pas d’enquête sur l’industrie de la construction car cela pourrait impliquer le gouvernement libéral."

    Mais où aller vous pêcher ça??? Je ne dis pas que le VG est un imbécile. Mais qu’il a un mandant bien clair et que ce mandat n’inclut pas le mot final sur l’utilisation du privé pour l’offre de service public. De plus…en quoi vous voyez dans mon argumentaire une rhétorique contre une enquête publique sur le milieu de la construction. Au contraire, tout ce que je dis depuis le début pousse dans le sens qu’il faut regarder où il y a un problème, agir en conséquence et apprendre des erreurs. Je suis même très très en faveur d’une enquête publique.
    Pour ce qui est des méthodes d’évaluations, le VG de l’Ontario parlait probablement des méthodes utilisés par le gouvernement ontarien. Ce qui ne change rien à la question qu’il est possible de faire mieux avec le privé dans certaine condition et d’autres non.

    "La Grand Bretagne qui s’était lancée la première dans l’aventure des PPP dans les années 80 recule maintenant et limite ce genre de projet. Dans la santé, on a vu qu’à long terme, le coût des infrastructures revenait plus chère aux contribuables que si l’État s’était chargé seul de la gérance."

    Et c’est exactement ce que je dis. Il est stupide de faire construire un hôpital en PPP, car il y a peu de soumissionnaire avec assez de capital pour faire ce type de projet. Mais le service de buanderie de l’hôpital?? C’est une autre débat.

  9. Pour le dernier point, il n’y a pas juste la taille du projet. Des mauvais contrats peuvent inciter les firmes à couper les coins rond et à ne pas faire un travail honnête. Encore une fois, je ne fais pas un plaidoyer pro-privé. Ça m’est égal, ce que je trouve bête est le rejet total de ce type d’entente. Si la société peut sortir gagnant alors tant mieux. C’est tout.

  10. @ louisp

    «la social-démocratie ne veut absolument pas dire des taux d’électricité artificiellement bas »

    Comment cela « artificiellement bas » ? Hydro a un taux de profit tout à fait similaire à d’autres entreprises du genre. Si c’était une entreprise privée, comme tout monopole ses prix seraient réglementés pour limiter ses profits, comme Belle Canada quand il était un monopole.

    C’est une des plus grosses farces des lucides. Ils voudraient que le prix d’une production faite ici et vendue à plus de 90 % ici soit établi selon le prix de producteurs d’autres pays qui vendent dans d’autres pays. C’est comme si nos hôteliers fixaient leurs prix en fonction du marché de New York !

    «L’état ne devrait pas servir l’économie. »

    Un des rôles de l’État est justement de corriger, au moins en partie, les lacunes du capitalisme (économie de marché, si vous préférez). Quant à l’aide aux entreprises, elle n’est surtout pas toujours justifié, mais c’est du cas par cas. L’aide aux alumineries est une connerie monumentale, mais l’aide à l’agriculture est essentielle. Pas en favorisant les exportations de porc comme actuellement (on finance les consommateurs étrangers et on garde le purin !), mais en s’assurant une part d’autosuffisance.

    Bref, oui, l’État a un rôle dans l’économie, mais pas nécessairement celui qu’il exerce actuellement.

    «mais historiquement c’est toujours « jobs, jobs, jobs ». »

    Cela va changer, car le problème sera bientôt de trouver de la main-d’oeuvre pour occuper les jobs ! L’État aura encore un rôle à jouer, tant du côté de l’éducation que de l’incitation au travail. Ce rôle devra bien sûr être exercé avec les autres intervenants de la société : employeurs, syndicats, groupes de citoyens, etc.

    «Mais le service de buanderie de l’hôpital? »

    C’est peut-être un autre débat, mais il me chicote. Les seules économies qu’on peut faire dans ce domaine est de faire baisser des salaires déjà pas très élevés, ce qui est déjà odieux en soi. Il n’y a pas d’économie importante à faire là. Et bientôt, même les entreprises privées devront hausser les salaires de ce type d’emploi, car personne ne voudra le faire au salaire minimum (ou presque). Faudra-t-il faire venir des Mexicains, comme on les fait venir pour cueillir des fraises, parce que plus personne ici ne voudra de ces jobs ?

    Exagéré ? Savez-vous pour quels types d’emplois l’Alberta a fait venir le plus de travailleurs étrangers en 2008 ? Les serveurs au comptoir et aides cuisiniers, des macjobs ( http://www.rhdcc.gc.ca/fra/competence/travailleurs_etrangers/stats/annuel/tableau6a.shtml#AB ) ! Et regardez les autres types d’emplois : pas d’ingénieurs, mais presque tous des postes peu ou pas spécialisés ! Ça s’en vient ici…

  11. «Et, je ne me souviens pas d’avoir entendu Facal renoncé a son engagement envers la social-démocratie.»

    Facal a bel et bien appelé à privatiser la santé par exemple…

    «À moins que je me trompe, ce qui est fort possible, la social-démocratie ne veut absolument pas dire des taux d’électricité artificiellement bas, ni des services publiques uniquement produit par la fonction publique.»

    Et voilà, le chat sort du sac. On prône ici le privé je crois bien. Ensuite, les tarifs d’électricité ne sont pas artificiellement bas, nous avons déjà fini de payer l’hypothèque de ces nombreux barrages.

    «Je ne fais pas un plaidoyer pour plus de privé, ça m’est égal, mais coller l’étiquette de « droite » à chaque personne qui le suggère est contre-productif.»

    Et pourtant, il s’agit bien là, de la droite économique, non nécessairement idéologique. C’est vous qui commettez l’erreur de tout mélanger en réalité.

    «La droite dénonce encore plus les crédits d’impôts que la gauche à ce que je sache. Elle est la plus grande expression de la volonté des politiciens à créer des « jobs ». Car ça semble être la seule mesure sur quoi un gouvernement soit jugé. (Ici, c’est un constat et non une position.)»

    C’est totalitaire. Les bourgeois ne créent pas d’emploi, ils répondent à la demande, via leurs capitaux qu’ils détiennent, sans là, les mériter vraiment. Vous ne faites que dire, autrement dit, que les riches sont la clé, et que le gouvernement sert leur cause, pour créer des emplois.

    «Et vous pouvez la taxer tant que vous voulez, elle trouvera un moyen de refiler la facture au consommateur.»

    C’est vrai, je propose donc qu’on nationalise tous les moyens de production, et du même coup, on abattra l’exploitation des travailleurs.

    «Bien, je que je crois que plusieurs individus soient animés par l’esprit de coopération, de dévotion et d’entraide, c’est de la pure utopie de penser que ces sources de motivations sont les seules à orienter le comportement humain. Les actions des individus ne se collent peut-être pas au modèle de l’être ultra-rationnel qui sert seulement ses intérêts, mais c’est fou de penser que les gens ne profiteront jamais d’une situation pour avancer leurs propres intérêts.»

    Ici, c’est vous qui êtes dans l’erreur, et qui portez encore, une vision totalitaire. Vous faites fi du conditionnement existant, rendant les gens, opportunistes, égoïstes, individualistes, etc.. La société prône cette façon d’être, osez le nier. Les cubains par exemple, ne pensent plus comme cela depuis belle lurette! Parce qu’ils n’y sont pas conditionnés. L’égoïsme et l’individualisme ne sont pas de nature humaine, bien désolé.

    «Un moment donné, c’est bien les « bonnes intentions », mais il faut également avoir en tête les résultats. On donne encore du lait et du jus oranges aux femmes enceintes « économiquement et socialement défavorisées »…pourtant on sait depuis très longtemps que ce programme ne fonctionne pas. Est-ce du néolibéralisme débridé de demander qu’on redirige les fonds vers des programmes plus utilent? Est-ce que la mesure même de l’efficacité des programmes est une mesure néolibérale??»

    Oui, justement, parce qu’avec vos œillets, vous n’avez que la vision profitable du système économique, et vous mettez ainsi, de côté, les aspects sociaux de la société. Totalitarisme. Selon vous, il faut à tout prix faire des profits, et faire rouler la machine économique. Et pourtant, c’est une perte de temps, de ressources, d’énergie et j’en passe… il est grand temps de sacrer ce modèle étriqué, que vous faites passer pour une nature humaine. Ça ne l’est pas.

    «Le Danemark a confié en partie le logement de personnes âgées qui ne sont pas entièrement autonomes au privé…et il n’y a pas eu de grand malheur et la condition de ceux-ci est beaucoup mieux que celle de nos propre aînés qui se perdent dans la confusion des CHSLD et de l’hospitalisation.»

    Ici, pourtant, c’est le contraire.

    «Mais tout balayer du revers de la main à cause du vérificateur est totalement risible.»

    Ce qui est risible, c’est de donner autant d’importance à la bourgeoisie. C’est du totalitarisme. Ne venez pas nous faire croire que vous n’êtes pas de droite économique en tout cas.

    «Il y a des centaines d,exemples où les PPPs ont bien fonctionné et il y en a des centaines où c’était un bordel total.»

    Mais tous, ont coûté plus cher aux contribuables. Ça, c’est certain. Le privé, peu importe le domaine, coûte, per capita, plus cher que le public, ne vous en déplaise.

    «L’important est d’apprendre des erreurs et de faire mieux.»

    C’est vrai! Le capitalisme a foiré aux 30-40 ans, il est temps de changer de système économique et de nationaliser les moyens de production.

  12. Parlant du privé… «Si la société peut sortir gagnant alors tant mieux. C’est tout.»

    C’est ça Louis, mais en quoi le travailleur est-il gagnant? Il se fait exploiter son labeur, la valeur ajoutée qu’il crée se cumule chez la bourgeoisie, qui utilise ce capital pour avoir encore plus de moyens de production. N’importe quoi!

    Le capitalisme est notre plaie à nous, les majoritaires, les prolétaires, ces salariés qui vendent leur force de travail. Ce système n’a jamais partagé les richesses, mais les a concentré chez une poignée d’individus. il y a sur Terre, 10 000 000 de millionnaires, soit donc, 0.15% de la population mondiale. C’est une farce monumentale!

    Quant aux essais socialistes, ils ne sont que le résultat d’une isolation. Même le capitalisme ne créerait plus de richesse, s’il était isolé sur Cuba, et imposé d’embargos illégaux sur ses échanges.

    Le capitalisme est une ratée, il faut changer de système, considérer les classes, leurs intérêts. Le socialisme est une porte de sortie. Et ne m’arrivez pas avec la Russie ou je ne sais quel exemple imposteur.

  13. @louisp

    Bonne chance. Ça fait longtemps que Jimmy est ses potes se cantonnent dans leur vision manichéenne à propos de la gauche et de la droite! Moi, j’ai assez donné, mais je suis venu faire une petite incursion en souvenir du "bon vieux temps".

    @Jimmy

    J’ai une anecdote pertinente à raconter. Je l’ai vécue cette semaine. En gros, un collabarateur de Canoe/Quebecor n’a pas aimé que je dise la même chose que toi, à l’effet que c’est Québécor qui menace notre démocratie et non les journalistes syndiqués qui jouent du coude avec QMI. Le déroulement:

    a. Pat White utilise son statut pour publiciser l’éditorial de Samson à propos de "l’obstruction syndicale" à l’Assemblée Nationale. Pat White est un journaliste culturel indépendant qui vient de Québec, un ami d’ami(e)s. Une connaissance lointaine pour moi, avec qui je n’ai jasé en personne qu’une seule fois mais qui était quand même mon ami Facebook. Lui-aussi utilise Facebook en mélangeant travail et vie personnelle et il m’apportait quelques nouvelles culturelles et/ou médiatiques.

    b. Je commente que "Samson m’énaarve presqu’autant que les dommages collatéraux de la convergence de Québécor"…

    c. un tiers pose la question "Mais ça menace la démocratie, non?"

    d. je réponds quelque chose comme:

    "Depuis des mois, la guerre entre Québécor et "les autres" crée un climat malsain dans les médias et chez les journalistes. L’objectivité journalistique en prend trop souvent pour son rhume. Sous prétexte de défendre la démocratie, Samson défend son patron, Québécor, qui est incidemment celui qui a foutu le bordel en créant QMI.

    C’est la convergence de Québécor qui représente une menace pour notre démocratie. Quant à moi, je démembrerais Québécor, au moins séparer TVA des journaux.

    C’est dit."

    e. le même tiers réplique je-ne-sais-quoi

    f. je ne fais plus partie des amis de Pat White et ne peut plus ni lire cet échange, ni le continuer.

    Pour vous dire à quel point le milieu journalistique au Québec est sur les dents avec les manoeuvres de Québécor. Je profite de l’occasion ici pour raconter, surtout que je n’aime pas trop la censure.

  14. @Martin Beaudin-Lecours

    "Ça fait longtemps que Jimmy est ses potes se cantonnent dans leur vision manichéenne à propos de la gauche et de la droite! "

    Alors comment les classer? Par les couleurs de leurs logos?

    Même Politicas Compass se base aussi sur l’axe droite-gauche. Je ne vois pas comment mieux répertorier les mouvements poltiiques. Je me demande même si un autre système de classement existe en sciences politiques.

    "J’ai une anecdote pertinente à raconter."

    Merci de cette anecdote Martin. Cela en dit gros sur l’état d’esprit des employés de Quebecor. Le vrai journalisme est vraiment en péril au Québec. John Gomery aussi s’en inquiète.

  15. Et Martin, on ne reviendra pas sur ce débat gauche-droite. Si tu ne crois pas à cette dichotomie, c’est ton choix, mais cette conception de la politique demeure toujours.

    Et je me souviens du lien que tu m’as envoyé sur des alternatives à l’idée de la gauche et de la droite, mais, sans surprise, ils utilisaient aussi l’axe droite-gauche avec un axe supplémentaire totalitarisme-libertaire qui lui aussi n’était pas une nouveauté en sciences politiques car Maurice Duverger, un expert chevronné et mon auteur préféré en politique, en parlait déjà en 1985 dans Introduction à la Politique.

  16. "Alors comment les classer? Par les couleurs de leurs logos?"

    Peut-être les lire et les écouter avant de les classer et, surtout, après les avoir classé? C’est surtout ça l’idée. Il y a des idées "de gauche" complètement délirantes comme il y a des "idées de droite" qui valent qu’on s’y attardent, ce qu’on ne fait plus. Moi, ça fait longtemps que j’ai besoin d’autre chose que ce classement pour simples d’esprits, et je suis pas mal sûr de ne pas être le seul… Mais je ne referai pas le débat, non.

    "Cela en dit gros sur l’état d’esprit des employés de Quebecor."

    Juste pour préciser: le mec en question était un journaliste indépendant avec son propre blogue avant que Quebecor ne chapeaute celui-ci. Je comprends le gars d’avoir voulu calmer le jeu vis-à-vis de ses vrais amis, certains au service de Quebecor. Alors, techniquement, le gars n’est même pas un employé de Quebecor, seulement un sous-traitant ou un collaborateur, mais a quand même eu la chienne. Ça en dit encore plus!

  17. Quebecor: une menace pour la démocratie ?????? ha ha ha!

    Premierèment pour ton éducation sache que le Canada N’EST PAS UNE DEMOCRATIE. Le Canada est une monarchie constitutionnelle et il en va de même pour nos voisins du sud les Etats-Unis qui sont une république constitutionnelle et non une démocratie. La démocratie réelle existait au temps de la cité-état d’Athtène dans la Grèce antique.

    La définition classique de la démocratie est un système dans lequel la majorité de la population règne en détenant le pouvoir absolu. Historiquement la démocratie est symbolisée par le sort de Socrate qui a été mis a mort, légalement, parce que la majorité n’aimait pas ce qu’il disait, et ce, même s’il n’a jamais utilisé la force ou violé les droits de quiconque.

    LA démocratie est une sorte de collectivisme, qui va à l’encontre des droits individuels : la majorité peut faire ce qu’elle veut à quiconque sans restriction. En principe, la démocratie est toute puissante. La démocratie est une manifestation totalitaire et n’est pas une forme de liberté loin de là. Ici au Canada, la Charte des Droits et les autres textes constitutionnels nous protègent de la tyrannie majoritariste qu’est la démocratie.

    « Le problème c’est que démocratie ne veut pas dire liberté. La démocratie c’est simplement le majoritarisme, qui est par nature incompatible avec la vraie liberté. Combien de Canadiens savent-ils que le mot démocratie n’existe nulle part dans la Charte des Droits ou dans les textes constitutionels du Canada ou même encore, Américaine? Le mot démocratie n’apparaît nulle part dans les documents qui ont fondé le Canada. » Source de la citation: http://harakiri.ca/2009/01/que…..politique/

    Deuxièmement Il est ridicule de dire que Quebecor est une menace pour la democratie lorsque l’on ne sait meme pas ce qu’est la "démocratie".

    De plus, tous les maux et les inégalités dont on rend responsables les gens d’affaires comme Péladeau, ne sont pas causé par les entreprises et le libre marché mais par l’intervention de l’état dans l’économie…

  18. @frederic

    Si tu commences une réplique par une lutte sémantique sur le sens du mot « démocratie », on se doute bien que le reste de ton commentaire sera autant dépourvu de pertinence.

    Il n’y a pas UNE DÉMOCRATIE, mais plusieurs types de démocratie: directe, participative, représentative, etc. Votre méconnaissance des sciences politiques ne me surprend guère.

    Une monarchie ou une république constitutionnelle est une forme de démocratie représentative qui sépare les trois pouvoirs (exécutif, législatif, judiciaire). La constitution des États-Unis s’inspire directement des œuvres de Montesquieu qui proposèrent une séparation des pouvoirs afin de fonder un régime démocratique.

    "La démocratie réelle existait au temps de la cité-état d’Athènes dans la Grèce antique (…) De plus, tous les maux et les inégalités dont on rend responsables les gens d’affaires comme Péladeau, ne sont pas causé par les entreprises et le libre marché mais par l’intervention de l’état dans l’économie…"

    Premièrement, la Grèce antique pratiquait une démocratie directe, car le peu de citoyens de la cité (la plupart des habitants étaient esclaves) avaient un droit de participation politique.

    Deuxièmement, je me demande bien quel genre de RÉELLE démocratie vous préconisez quand vous venez dire que les grandes entreprises avec leurs influences politiques acquises à l’aide de financement aux caisses des partis politiques sont moins néfastes à une bonne santé démocratique que l’interventionnisme de l’État.

    Mais je vois où vous voulez en venir avec votre apologie de la démocratie athénienne: le droit de citoyenneté pour une infime classe de nantis et l’esclavagisme pour 90% de la population… voilà le genre de RÉELLE démocratie que vous adulez n’est-ce pas? Le minoritarisme contre le majoritarisme qui brise tant la liberté de cette sainte élite économique…

    L’État, cher libertarien, est le soi collectif, un instrument que l’on a crée pour servir les intérêts de la communauté et nous donner des services collectifs équitables pour tous, pas seulement pour une riche caste.

    Si vous affirmez que l’attrition du rôle de l’État au minimum combinée à un pouvoir absolu des compagnies privées servant des intérêts particuliers est un gage de bon déroulement démocratique, vous vous mettez le doigt dans l’œil.

  19. @ Frederic

    « tous les maux et les inégalités dont on rend responsables les gens d’affaires comme Péladeau, ne sont pas causé par les entreprises et le libre marché »

    Je suis d’accord que ces maux ne peuvent être créé par le libre marché, car le libre marché est un concept livresque qui n’existe pas sur terre. Les entreprises, elles, existent et causent leur part de maux et d’inégalités, ne serait-ce que par les revenus qu’ils réservent à leurs dirigeants et par les lobbies qu’ils financent pour détourner la démocratie.

    Quant à l’idéalisation de la démocratie d’Athènes, elle me répugne toujours, comme l’explique bien Jimmy. Ce n’était pas une démocratie, mais bien une aristocratie, voire une ploutocratie.

  20. @Jimmy St-Gelais

    Jimmy St-Gelais écrit: “Si vous affirmez que l’attrition du rôle de l’État au minimum combinée à un pouvoir absolu des compagnies privées servant des intérêts particuliers est un gage de bon déroulement démocratique, vous vous mettez le doigt dans l’œil.”

    Un homme d’affaire comme Peladeau à l’instar des autres ne peut vous forcer à travailler pour lui; vous êtes libres de travailler ailleur ou d’accepter une meilleur offre, si vous pouvez la trouver. (Rappelez vous que les “jobs” n’existent pas dans “la nature”, elles ne poussent pas dans les arbres, quelqu’un a du créer ces emplois dont vous avez besoin, et ce quelqu’un c’est l’homme d’affaire” qui sera obligé de faire faillite si il vous paie plus que le marché le permet.) Par contre l’état de son côté, par le biais, d’un bureaucrate peut vous forcer a travailler pour lui, lorsqu’il a atteint le pouvoir désiré, il peut vous forcer à accepter le salaire qu’il a fixé – ou aucun. Pas besoins de se rappeler des camps de concentrations on a qu’a regarder, entre autre, le gouvernement qui fixe les prix que doivent charger les garderies privée au Québec.
    De plus, n’est ce pas une coïncidence que de constater qu’au Canada la province la plus pauvre et celle qui reçoit le plus de péréquation et vit au crochet des autres est aussi celle ou l’état est omniprésent ?

    L’outil de Pierre Karl Peladeau c’est la valeur et l’argent, l’outil du bureaucrate et de l’état c’est la peur.

    Jimmy St-Gelais écrit: “L’État, cher libertarien, est le soi collectif, un instrument que l’on a crée pour servir les intérêts de la communauté et nous donner des services collectifs équitables pour tous, pas seulement pour une riche caste.”

    “[...] on a crée pour servir les intérêts de la communauté” Exiger des individus d’être au service des intérêts de la communauté c’est du collectivisme a la sauce totalitariste. Le collectivisme c’est l’envoûtement de l’individu au groupe quel qu’il soit. Que ce groupe soit la race, la classe sociale ou l’état est sans importance. Le collectivisme enchaine l’humain à l’action collective et son mode de pensée pour l’intérêt du “bien commun”.

    De plus le collectivisme tient pour acquis que dans les relation entre individus, la collectivité ou la société, la communauté, la nation, le prolétariat, la race etc. est la réalité ultime le seul standard de valeur. C’est pour cela que l’individu n’a que de valeur que s’il fait partie d’un groupe (comme un travailleur d’un syndicat) et il acquiert cette valeur en étant au service de ce groupe. L’individu n’a pas de droit, sa vie et son travail appartient au groupe… et ce groupe peut le sacrifier sur un coup de tete pour son propre intérêt. L’histoire nous montre que le seul moyen d’implémenter cette doctrine c’est par la force brute et l’étatisme a toujours été la logique corollaire du collectivisme.

  21. @Ayn Rand

    « Par contre l’état de son côté, par le biais, d’un bureaucrate peut vous forcer a travailler pour lui, lorsqu’il a atteint le pouvoir désiré, il peut vous forcer à accepter le salaire qu’il a fixé – ou aucun. Pas besoins de se rappeler des camps de concentrations on a qu’a regarder, entre autre, le gouvernement qui fixe les prix que doivent charger les garderies privée au Québec. »

    Je n’ai jamais vu un argumentaire si dénué de bon sens économique. L’État est aussi soumis à la loi de l’offre et la demande dans le marché du travail. Il se doit lui aussi d’offrir des salaires alléchants car s’il ne le fait pas, il perdra de la main-d’œuvre.

    « De plus, n’est ce pas une coïncidence que de constater qu’au Canada la province la plus pauvre et celle qui reçoit le plus de péréquation et vit au crochet des autres est aussi celle ou l’état est omniprésent ? »

    Faux et archi faux. Le Québec est la deuxième province canadienne au niveau du PIB.

    http://www.monquebec.net/statistiques/PIB_par_province_canadienne.php

    « Exiger des individus d’être au service des intérêts de la communauté c’est du collectivisme a la sauce totalitariste. »

    Il y a sûrement plus de totalitarisme dans l’application des règles implacables du marché. On licencie et brise des vies afin d’augmenter la cote à la bourse de la compagnie et l’on diminue les salaires lorsque les profits sont en baisses afin de gratifier les PDG d’une prime supplémentaire.

    L’État n’est pas la solution à tous les problèmes mais il joue tout de même un rôle. Il représente un contrepoids contres les influences particulières et s’assure d’un minimum d’équité dans la société.

    « L’individu n’a pas de droit, sa vie et son travail appartient au groupe… et ce groupe peut le sacrifier sur un coup de tete pour son propre intérêt. »

    Cette partie de votre commentaire pourrait tout autant s’appliquer au mode de gestion des entreprises privées.

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  26. Non, l’embauche de PKP dans la cause souverainiste n’est pas un pacte avec le diable. C’est le diable qui voyant que l’envoûtement du peuple par la cause nationale (qu’il a fait formuler et vendre mais à laquelle il n’a jamais cru) marche de moins en moins au spectacle de plus en plus clair des âmes qui s’y perdent, est obligé de monter lui-même dans l’arène pour faire mine de la défendre.

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