Archives mensuelles : janvier 2010

« Nos enfants nous accuseront »

C’est le titre d’un récent reportage appelant à une modification de notre style de vie, de notre mode de production industrielle, de notre agriculture et de notre alimentation.

Comme le dit l’un des conférenciers dans ce film, la nouvelle génération d’enfants sera la première de l’histoire moderne à ne pas être aussi en santé que la précédente.

Cela porte à réfléchir…

http://nosenfantsnousaccuseront-lefilm.com/

L’idéal du capital

Que le monde serait beau sans les fonctionnaires syndiqués! L’offre et la demande s’appliqueraient à tous les aspects de la vie sociale.

Pourquoi s’embarrasser d’un appareil étatique dispendieux, lourd et bureaucratique, lorsque l’entreprise privée peut se charger du travail?

Imaginez. Tous les services publics seraient offerts par le plus bas soumissionnaire et ainsi la population serait délivrée du fardeau de la taxation et de l’impôt. Plus de fonctionnaires inefficaces, plus de syndicats revendiquant toujours plus sur le dos des contribuables. La loi du marché dans son état le plus pure. Celui qui utilise paie la facture.

Au ministère du Revenu, pourquoi ne pas donner la gestion des fonds du gouvernement à une firme d’administration? Le privé est meilleur, tout le monde le sait, et nous confierons ainsi notre argent à des gens responsables et loin des magouilles financières.

La santé, bien sûr, remise au privé, dont les utilisateurs seraient les payeurs. Cela permettrait des économies substantielles aux citoyens payeurs d’impôt.  Si quelqu’un est malade, c’est qu’il ne travaille pas assez.  Après tout, le travail, c’est la santé, c’est bien connu. Alors pourquoi payer pour quelqu’un qui ne désire pas travailler?

Le ministère du transport, quelle perte incroyable d’argent. Donnons les routes aux compagnies de construction routière qui elles ne surfactureront pas les montants des travaux. Péages à tous les coins de rue, et pourquoi pas un GPS sur chaque voiture afin de calculer combien de kilomètres de route vous consommez? À chaque mois, les compagnies dont vous aurez parcouru les routes vous enverraient la facture. Vous roulez, vous allongez les bidous. Ce serait paradisiaque.

Même principe pour les municipalités. Finis les cols blancs assis derrière leurs bureaux à rien faire et à nous rire en pleine face. Terminés aussi les cols bleus, ces parasites de la société. On donnerait la place aux personnes, engagées par les entreprises, voulant travailler pour un salaire moindre afin, encore, d’abaisser les taxes de la population. Vous allez dans un parc ou dans un aréna de quartier avec la famille? Vous devrez débourser les frais d’entrée au commis privé payé au salaire minimum présent sur place.

L’environnement, pas besoin de ce ministère! Laissons les compagnies s’occuper elles-mêmes de ce problème. Ce sont des gens conscientisés et leurs groupes-conseils veilleront à assurer le bien être futur de la planète. Le gouvernement n’a pas à leur mettre des balises pouvant nuire à leur développement.

Vous êtes sans emploi? Pas de trouble. Ceux qui ont l’argent, c’est-à-dire les banques, vous en prêteront jusqu’au temps où vous trouverez un emploi. Et si vous n’y parvenez pas, ils incomberont le montant de la dette à vos descendants, et si vous n’avez pas d’enfant, ils prélèveront, à votre décès, vos organes encore fonctionnels afin de se rembourser. Rien n’est gratuit sur cette terre.

Enfin,  la rentabilité au service du bien commun! Que le monde serait merveilleux ainsi.

Et, tant qu’à y être, pourquoi ne pas tout remettre au soin du privé?

Que la planète se porterait bien sous l’égide des multinationales.

Éliminons les gouvernements.  À quoi servent-ils après tout?  Ils créent des conflits, des guerres et des atrocités.  Annihilons ces plaies de la terre et laissons la domination du monde à la bonne gouvernance des grandes compagnies privées de la planète.

Tous les problèmes de l’humanité se régleront par eux-mêmes sous leur sage direction.

Il faut s’attaquer à la pauvreté?  Les multinationales s’y attaqueront en éliminant le problème à la source!  Le seul bon pauvre est le pauvre que l’on ne voit plus. Tout compte fait, on ne transige pas avec une personne qui n’a pas un sous, alors, on la laisse mourir dans la plus complète indifférence et ce souci se résoudra par lui-même.

Le droit et la justice sociale? Les colosses économiques n’en ont rien à foutre. Celui qui ne paie pas ne mérite pas leur attention. Dans un univers contrôlé par les goliaths commercio-industriels, les droits de chaque individu seront reliés à sa position sociale.

Vous êtes un haut cadre d’entreprise? On ne vous tracassera pas pour excès de vitesse sur la route parce que votre contribution à la société vous exempte des petits délits que vous pouvez commettre. Vous êtes chômeur? N’espérez aucune clémence de la Cour : vous n’êtes qu’un poids pour la société et on vous emprisonnera dans des conditions inhumaines pour la moindre infraction. Un citoyen qui ne travaille pas est nécessairement un parasite et un criminel potentiel. Il vaut mieux le coerciser et le mettre à l’écart afin de protéger le bien-être des dirigeants de ce monde qu’on ne doit pas embêter avec des tracas sans importances.

Estimez-vous chanceux de travailler et surtout restez dans votre trou car les syndicats seront interdits et les leaders syndicaux emprisonnés pour « terrorisme économique ». Soyons clair : les droits des entreprises priment sur les droits individuels ou collectifs.

L’environnement? Foutaise! La biosphère va toujours bien et rien ne presse. Les profits, eux, sont concrets et les PDG d’entreprises n’ont pas à tenir compte des fabulations des fascistes de l’écologie, une autre race de terroristes économiques qu’on enfermera à la première occasion.

Au niveau du régime fiscal, il faut optimiser la recherche du travail et l’initiative personnelle. Finie la dictature de l’État en ce domaine. Les compagnies fixeront elles-mêmes la taxation sur les salaires de leurs propres employés en échange d’une protection médicale ou sociale en cas de malchance. Aussi, on inversa l’ancien régime d’imposition étatique des revenus en proposant un système inversement progressif.  Plus vous générerez de l’argent, moins vous paierez d’impôts. Quoi de mieux pour résoudre le chômage et assurer la croissance de l’économie que d’inciter la personne à faible revenu à travailler davantage et à gagner plus afin qu’elle paye moins d’impôts? En ce sens, le niveau de vie de tous augmenterait ainsi que la productivité.

Au summum de la domination mercantile, les grandes sociétés devraient avoir le droit de créer leurs propres monnaies et leurs propres milices privées. Les gouvernements étant une espèce en voie de disparition, on devrait reléguer la charge du maintient de l’ordre aux seules organisations efficaces et capables de gérer le globe.

Finalement, la création d’un conseil pan-entreprises de gestion occulte permettrait aux grandes corporations de se concerter, de se diviser le monde et de diriger à leur façon la race humaine au-dessus des préoccupations insignifiantes du petit peuple.

Note: ce texte est purement sarcastique et ironique. Il tente de démontrer que la logique capitaliste poussée à l’extrême n’a aucun sens.

La nouvelle chasse aux sorcières des libéraux

Récession et déficit appréhendé obligent, le gouvernement Charest et son ministre Sam Hamad de l’emploi et de la solidarité sociale raclent les fonds de tiroirs en s’attaquant aux assistés sociaux, ces bandits de grands chemins qui vivent le grand luxe au frais des contribuables avec moyennement 675$ par mois.

Selon une récente étude gouvernementale, les soi-disantes « fraudes » dans le régime d’assistance sociale s’élèveraient en moyenne à 69 millions sur un budget annuel de 3 milliards de dollars.  Autrement dit, une goutte d’eau dans l’océan. 

Par ailleurs, en divisant ce montant par le nombre de prestataires, soit environ 370 000 personnes, on obtient le chiffre faramineux de 189$ par année par assisté social.  Une somme pourtant insignifiante, mais qui peut faire toute la différence pour une personne vivant avec à peine 8 100$ annuellement.

Mais cette constatation n’empêche pas les sbires du ministère de l’emploi et de la solidarité sociale de courir après ces fraudeurs invétérés avec tous les moyens coercitifs possibles en dépit des éventuelles dérives et injustices d’une telle manœuvre. Nous avons pu le constater dernièrement avec la coupure sauvage et injustifiée des prestations d’une assistée sociale des Laurentides ayant souffert d’un anévrisme.

Cela n’est pas sans rappeler les Boubou Macoutes de Robert Bourassa, comme si les libéraux québécois avaient toujours tendance à frapper en priorité sur les moins chanceux de la société.

Bien sûr, il faut lutter contre la fraude, mais on se doit de s’attaquer aux vrais fraudeurs et non pas aux plus démunis de la société que l’on pousse souvent à déjouer le système afin de pallier à leur manque de ressources.

Mais qui sont ces véritables fraudeurs? Il s’agit des nantis qui usent d’évasion fiscale.  Il s’agit aussi des grandes entreprises qui reçoivent des congés d’impôt indécents et des subventions généreuses sans motif valable ou les entrepreneurs en construction routière obtenant de manière douteuse des contrats gouvernementaux juteux par un procédé d’appel d’offre corrompu (lire:Le vol de la dette publiqueCorruption libérale et  Convergence politico-médiatique).

Pour le gouvernement libéral, il est plus facile de mettre l’emphase dans les médias sur les têtes de turcs de l’assistance sociale qui n’ont pas droit à la réplique que sur ses riches copains donateurs au Parti Libéral extorquant le Québec d’une somme bien plus considérable que ces misérables millions.

À propos d’Haïti et de sa crise humanitaire

Quelle tragédie ce tremblement de terre en Haïti .  Je compatie.  Ce pays semble insatiablement et injustement la victime de tous les maux de l’Humanité.

Autrefois une colonie française s’étant révoltée contre l’esclavagisme au prix de massacres et du paiement de compensations financières aux propriétaires fonciers français ayant perdu leurs terres, Haïti a dû aussi subir à l’époque l’indifférence des États-Unis qui craignaient que la révolte des esclaves haïtiens servent d’exemple et d’inspiration aux esclaves sur le sol américain.

Déjà, à cette période, les fondements de la création de cet État-Nation étaient vacillants et incertains et les problèmes n’ont cessé de survenir en ce pauvre pays en quête d’affirmation et de prospérité.  Depuis, dictateurs, troubles sociaux et insurrections se sont succédés avec parfois l’aval de ressortissants étrangers empêchant ainsi le pays de se développer.

Et, maintenant, voici cette catastrophe humanitaire d’une envergure de rare amplitude, comme si ce pays déjà dévasté par la pauvreté, les maladies et le sous-développement en avait besoin. 

L’aide humanitaire est désormais en route de tous les coins du monde pour soulager le peuple haïtien de son désarroi et de sa misère nouvellement exacerbée.  Partout, le mouvement d’empathie fuse de bonnes volontés et de gestes de solidarité se concrétisant par des dons monétaires et l’envoi de personnels civils et militaires d’appuis à la détresse haïtienne.

Un triste événement qui fait néanmoins ressortir ce qui est le plus noble et bon dans la nature humaine face à l’adversité.   

Cependant, nous pouvons nous demander si cet grand élan de générosité et de compassion ne s’étiolera pas à l’épreuve du temps et du délestage médiatique de ce drame.  En effet, durant une quinzaine du jour, ce sera la première nouvelle à être diffusée sur les fils de presse mondiaux et dans les grands réseaux télévisuels.   Le phénomène est bien connu en communication : les catastrophes se « vendent » bien et attirent les lecteurs et les téléspectateurs.  Mais,  une fois le « gros » de la nouvelle passé, l’intérêt diminuera et les médias occidentaux retourneront aux bons vieux sujets d’actualité comme la crise économique, le terrorisme, l’occupation de l’Irak, de l’Afghanistan ou les aspirations nucléaires de l’Iran.

De plus, l’afflux de l’aide humanitaire sera sans aucun doute imposant dans les premières semaines ou les prochains mois, mais aura surement tendance à se raréfier progressivement.  Dans un contexte de crise économique mondiale ébranlant les bases mêmes du capitalisme, il ne faut pas s’attendre à des programmes d’assistance permanents à hauts coûts de la part des pays développés.  Ces derniers, surtout les États-Unis, ont des problématiques économiques énormes à résoudre et ne s’attarderont pas trop longuement sur un petit pays sans importance stratégique ou économique.

Finalement, il faut souligner un fait capital : l’aide humanitaire dans l’Histoire n’a jamais enrayé l’indigence ou le dénuement chronique.  Son rôle s’est toujours limité à adoucir les conditions de vie d’une population donnée face à une affliction précise à un certain moment.  Elle se borne uniquement à amoindrir les conséquences en surface sans s’attaquer aux causes de fond.

Au bout du compte, Haïti se retrouvera seul, comme il le fut toujours.

Harper et son agenda

Par cette prorogation des activités de la Chambre des communes qui déplace les travaux parlementaires en mars prochain, le gouvernement Harper cherche évidemment à gagner du temps et à dicter une forme de « bâillon » aux partis d’opposition en ce début d’année afin d’imposer le tempo de sa future réforme de l’État. 

Car la véritable raison de cette prorogation n’est pas l’affaire du transfert des détenus afghans ou la piètre image du Canada en matière de lutte au réchauffement climatique dont une majorité de canadiens hors-Québec ne semble pas réellement se soucier, mais bien la préparation de l’offensive du dégraissage de l’État si chère aux réformistes-conservateurs de monsieur Harper.

En effet, avec le début d’une nouvelle session parlementaire, le Parti Conservateur prendra le contrôle du Sénat avec ses récentes nominations partisanes et pourra alors compter sur un allié de plus dans le processus d’adoption de ses lois.

L’institution de la Chambre Haute est dépassée selon plusieurs, mais ce « power shift » en son sein peut faire la différence entre l’adoption, l’amendement ou le rejet d’un projet de loi controversé et contraire à l’intérêt public.  On n’a pu le voir dans le passé : en 1990, le projet de loi C-43 initié par les progressistes-conservateurs de Brian Mulroney visant à limiter l’avortement a été bloqué par les sénateurs.  

Avec l’éclosion de la crise financière, l’administration conservatrice a dû à contrecœur suivre les politiques interventionnistes des autres nations industrialisées et investir à coup de milliards dans le soutien aux banques et à l’économie en général, même si cela allait en contradiction avec ses préceptes de désengagement de l’État et de laisser-faire économique.

Mais, en mars, avec la reprise éventuelle, tous les astres seront alignés pour procéder à l’assainissement des finances publiques sous prétexte que le plan de relance a été onéreux.  C’est ce qu’annonçait, le 22 décembre 2009, le premier ministre conservateur lui-même au réseau CTV  en confirmant  que le gouvernement ira de l’avant avec la deuxième année de son plan de relance et qu’il réduira ses dépenses (ce qui est un peu paradoxal).  « Les canadiens devront se serrer la ceinture pendant cinq années» a-t-il dit.

Ces dogmatiques de droite n’ont que peu de considération envers l’opinion des citoyens ou le simple gros bon sens qui dicte qu’il ne faut pas sabrer dans les divers pans de l’apport financier de l’État en économie en pleine période de reprise chancelante et incertaine.

Malgré les sondages qui démontrent la désapprobation de l’électorat envers cette suspension des travaux parlementaires, les nouveaux conservateurs vont irrémédiablement dans la direction de faire avancer leur agenda politique et économique soutenu par leurs amis du monde des affaires sans se soucier du préjudice que cela peut amener à leurs commettants.

À lire:

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