Archives mensuelles : août 2009

L’iniquité fiscale des libéraux

charestBien que le premier ministre Jean Charest n’ait pas endossé entièrement la proposition d’un relèvement généralisé des tarifs évoqué par les jeunes de son parti lors de leur récent congrès, il semble qu’il s’engage tout de même sur cette voie.

«Nous avons annoncé lors du dernier budget que nous voulions faire une remise à niveau sur la question des tarifs et c’est de là que nous allons partir. Il y aura cette évaluation et nous verrons de quelle façon on peut agir, de manière équitable», a affirmé le premier ministre à la presse.

Ainsi, dans la ligne de mire se trouvent les tarifs d’électricité et conséquemment dans l’avenir ceux de tous les services gouvernementaux. En corolaire, toute hausse des impôts est écartée par le gouvernement Charest.

Cependant, contrairement à ce que croit le chef du Parti libéral du Québec, ce genre de mesures fiscales est tout sauf équitable.

Le concept de l’utilisateur-payeur va à contre-sens de la justice sociale et de la juste répartition des richesses.

En fait, une hausse globale des tarifs frapperait plus durement les classes démunies et moyennes que les nantis de la société, car plus élevé est le revenu d’un individu ou d’un ménage, plus facilement il peut absorber des nouvelles taxations sans diminuer son niveau de vie et envisager de couper dans ce qui est le plus essentiel, comme la nourriture, le logement, les médicaments, etc.

Somme toute, il s’agirait d’un impôt déguisé épargnant les citoyens les plus aisés et alourdissant du même coup la charge fiscale aux coffres de l’État des autres contribuables moins richissimes.   

Seule une augmentation des impôts sur le revenu selon une table progressive peut assurer une perception fiscale équitable car elle porte sur la capacité à payer de chaque contribuable.

Mais si le gouvernement libéral désire y aller uniquement avec une majoration des tarifs des services publics afin de retrouver l’équilibre budgétaire au Québec, il devrait, par souci d’équité, établir ces nouveaux tarifs selon les revenus des demandeurs et non pas en rapport à une grille tarifaire uniforme et arbitraire.

Ce serait alors véritablement plus équitable.

Hydro-Libéral

bechard_vandal_charestLe scandale est plus énorme qu’on ne l’avait escompté.

Suite à la révélation, la semaine dernière, d’une donation douteuse d’Hydro-Québec au collège Notre-Dame qu’aurait fréquenté le PDG d’Hydro-Québec, Thierry Vandal, on apprenait ce jeudi qu’une autre école privée, le séminaire de Sherbrooke, avait pu elle aussi se prévaloir d’un généreux don de la part de la société d’État. 

Le hic, c’est que le premier ministre lui-même fut un élève de cette institution d’enseignement pour privilégiés pendant que la grande majorité des écoles publiques souffre de sous-financement chronique et d’un taux de décrochage endémique! 

On est en droit de se demander si Hydro-Québec n’est pas devenu la propriété virtuelle du Parti Libéral du Québec. 

Tout d’abord,  il y a eu cette affaire touchant Thierry Vandal, un ancien directeur de la  Commission politique du Parti libéral du Québec sous Robert Bourassa, et ensuite cet apparent conflit d’intérêt impliquant le premier ministre Charest lui-même (il est le véritable patron d’HQ après tout)!

En à peine une semaine, les médias ont pu creuser assez profondément pour dénicher des preuves de donations louches d’Hydro-Québec à certaines écoles privées et il est fort probable que de nouvelles informations à ce sujet transpireront et viendront puer aux nez des contribuables québécois.

Mercredi dernier, à l’émission radiophonique Dutrizac, l’après-midi, le porte-parole d’Hydro-Québec, François Taschereau, a affirmé sur les ondes que la société d’état n’a jamais fait d’autres donations de ce type à des écoles privées !  Mensonge ou déclaration par méconnaissance?  Qui sait? De toute façon,  il y a évidemment anguille sous roche. 

Le Parti Libéral du Québec est ce qu’il est: une formation politique de nantis qui avantage les ressortissants des classes opulentes en dépit des besoins essentiels de la majorité des québécois. 

Ce fait a pu être constaté depuis le début de la gouvernance de Charest qui a toujours refusé de pallier au manque de financement en éducation au Québec.  En 2008, l’ancienne grande argentière du gouvernement Charest, Monique Jérôme-Forget, rejeta du revers de la main la demande pertinente de la Centrale de l’enseignement du Québec d’injecter 1,5 milliard$ dans le réseau sur trois ans.  Cela n’est pas sans rappeler les belles années du règne libéral de Bourassa.

Une subvention gouvernementale de 60% aux institutions d’enseignement privées n’est toujours pas assez pour les libéraux.  Le PLQ ne se soucie guère de l’éducation publique et augmenta les tarifs d’Hydro-Québec de 18% en six ans afin de saupoudrer les institutions scolaires de ses riches contributeurs électoraux pour ainsi leur retourner l’ascenseur et bonifier par la bande l’aide étatique aux écoles privées. 

De la bonne vieille crasse politique quoi!

 

AJOUT IMPORTANT:  Hydro-Québec aurait aussi fait cadeau de 50 000$ au Conference Board du Canada!  Un think tank de droite!  De plus, Thierry Vandal siégeait sur le conseil de cette organisation en 2006!!!  Encore bonjour les conflits d’intérêts!

 

À lire: Les ti-amis de Thierry Vandal et Hydro-Québec

Les ti-amis de Thierry Vandal et Hydro-Québec

VandalPP4870_copyAujourd’hui, on se serait cru dans les années 50. 

Le PDG d’Hydro-Québec, Thierry Vandal, a voulu octroyer avec des fonds publics un don de 250 000$ au collège Notre-Dame, une école secondaire privée qu’il a lui-même fréquenté et qui est pourtant subventionnée à 60% par l’État québécois (l’un des taux les plus généreux parmi toutes les provinces canadiennes). De plus, il est le président du conseil d’administration de cette école!

Il s’agit ici d’un flagrant conflit d’intérêt.

Thierry Vandal, qui travailla jadis dans l’industrie pétrolière, est habitué de diriger une entreprise sans considération envers la justice sociale.  Les mauvais plis sont difficile à aplanir lorsqu’on a depuis toujours la mentalité d’un haut cadre du secteur privé accoutumé à arroser ses petits copains et ceux qui lui ont permis de gravir les échelons. 

Malgré que l’institution d’enseignement privée ait refusé cette donation, il en demeure que le dossier soulève de nombreuses questions d’éthique dans le domaine de la gestion des entreprises publiques.

Est-ce que Hydro-Québec et toutes les autres sociétés d’État sont dirigés comme de vulgaires compagnies privées sans profession de foi envers les contribuables et le bien-être de la société québécoise?

On aurait tendance à le croire. 

Pensons à la Caisse de dépôt et placement du Québec avec son ancien président Henri-Paul Rousseau, ex-décideur pour la Banque Nationale et la Banque Laurentienne, qui a quitté le navire de cette société publique lorsque que celle-ci naviguait en eaux troubles tout en empochant une prime de 380 000$ avant d’aller vendre ses services à Power Corporation. 

Pourquoi toujours demander à des ressortissants du privé de venir gérer des institutions publiques lorsqu’on constate qu’ils n’ont pas la fibre morale ou sociale nécessaire à l’occupation de ce genre de fonctions ? 

N’existe-t-il pas au Québec des gestionnaires formés et expérimentés dans la sphère du management public qui seraient plus aptes à gérer nos avoirs collectifs sans la fâcheuse tendance à copier les agissements du monde des affaires ?

Oui, probablement, mais ces gens pourtant compétents ne sont pas dans la clique d’affaires du Parti Libéral du Québec et ne pourront espérer occuper des postes de haute direction tant que ce gouvernement sera au pouvoir.

 

À lire: Hydro-Libéral

L’utopie du centrisme en politique

politiques quebecTous les partis politiques majeurs au Québec se prétendent de « centre », de centre-droit ou de centre-gauche, afin de susciter une confusion des genres favorable à une éventuelle prise du pouvoir.   

Théoriquement, comme l’évoquait Maurice Duverger, tous les partis sont attirés vers le centre pour se permettre de recueillir un plus grand nombre de voix. Mais, cependant, ils conservent toujours leurs bases militantes et surtout leurs bailleurs de fonds qui financent leurs campagnes électorales.

Ainsi, les partis de droite, préconisant la conservation de l’ordre social existant, sont appuyés financièrement par les milieux d’affaires ou les mouvements conservateurs tandis que les partis de gauche, plus revendicateurs et demandeurs de changement sociaux, reçoivent des dons de groupes sociaux et de grandes centrales syndicales.

Au bout du compte, les partis politiques se proclamant de centre pencheront toujours du coté de leurs contributeurs financiers initiaux et tasseront sur le bas coté leurs prétentions centristes lorsque qu’ils devront pendre position sur de lourds sujets publics.  En somme, à la croisée des chemins, les partis politiques montrent leurs vraies affiliations.

Le centre “pur” est improbable en politique, voire même impossible. En fait, on ne peut être que de centre-droit ou de centre-gauche, ce qui revient à dire que l’on est de droite ou de gauche avec une petite teinte centriste dans l’intention d’attirer dans ses rangs des sympathisants de l’autre coté du spectre politique.  

Historiquement, on a déjà pu constater que le centre ne peut se maintenir qu’en période de prospérité ou de stabilité économique.  Cette constatation a été palpable lors de la Grande Dépression des années 30 en Allemagne pré-nazie et en France avant l’accession au pouvoir du Front Populaire.  Jadis, dans ces deux pays, les extrêmes se sont ravivés dû à la polarisation des intérêts et des conditions économiques.  Dans une telle situation socio-économique particulièrement problématique, le consensus ou le centrisme est impossible car aucune véritable classe moyenne n’existe pour atténuer les extrêmes.

Reste à voir si la crise économique actuelle menera à une telle polarisation politique dans l’avenir….

De plus, philosophiquement, une mouvance politique de “centre centre” suggérerait que la société est statique et n’évolue pas au gré des événements historiques ou des transformations des vecteurs sociaux.

Finalement, c’est justement ce va et vient entre le conservatisme et le progressisme ainsi que l’affiliation des partis politiques avec des groupes d’intérêts aux visées précises en corrélation avec le changement social qui rendent très difficile de maintenir une position de véritable centre.

 

À lire: 

Entre deux extrêmes

À propos de la gauche et de la droite

Jeunes libéraux : la société à péage

peageQuelle bonne idée des jeunes libéraux de proposer des péages sur tous les axes autoroutiers du Québec et de revoir l’ensemble des tarifications afin de regarnir les coffres de l’État!

Débutons par le plat principal, c’est-à-dire les péages sur les autoroutes.

Il est difficile d’envisager comment une telle mesure peut s’avérer pertinente en période de crise économique prolongée. 

Avec les pertes d’emplois et le rétrécissement de la marge de manœuvre financière des ménages québécois,  tout accroissement du poids fiscal des contribuables de classe moyenne au budget de l’État handicaperait la consommation et entraverait encore plus une relance économique éventuelle.    

De plus, bien que l’idée proposée puisse permettre une possible rentrée de revenus supplémentaires dans les coffres publics, cette manœuvre permettrait d’habituer lentement et insidieusement le citoyen au concept d’utilisateur-payeur qui est si chère aux jeunes libéraux au détriment du principe de l’universalité qu’ils détestent tant.

Une fois cette tarification routière établie, il deviendra « normal » pour le contribuable de débourser quelques ou plusieurs dollars lorsqu’il sollicitera l’utilisation d’un service public dont il paie, pourtant déjà, les coûts inhérents par ses taxes et ses impôts. 

Alors, après que cette étape primordiale de modification des mentalités soit franchie, il sera facile de généraliser l’établissement de péages à toutes les « routes » menant à une destination de service collectif : péage à l’entrée de la porte de chambre de l’hôpital; péage au bureau d’admission de l’école; etc.

Cependant, les jeunes libéraux n’ont pas considéré qu’une tarification à grande échelle de l’utilisation des services gouvernementaux apporterait inexorablement une accentuation des inégalités sociales, que cela soit pour les autoroutes, la santé ou l’éducation postsecondaire (dont les jeunes libéraux veulent depuis toujours hausser les coûts pour les étudiants).

En fait, la mise en œuvre de tout ce beau plan demanderait un effort fiscal supplémentaire à une classe moyenne déjà étranglée et constituerait un frein à l’accès général de nombreux services publics essentiels, comme les soins médicaux ou l’enseignement, car bien des gens moins nantis préféreront rester chez eux au lieu de voyager sur les routes du Québec, de demander des soins de santé ou d’envisager des études dispendieuses.

Les conservateurs s’attaquent encore aux changements climatiques

sbLe Devoir dévoilait mercredi dernier qu’Ottawa allait couper les vivres  à la Fondation canadienne pour les sciences du climat et de l’atmosphère

En effet, cet organisme s’attardant à la recherche sur les changements climatiques ne recevra plus de financement fédéral et les scientifiques qui y sont rattachés perdront leurs rémunérations habituelles.

Fidèle à leurs habitudes, les conservateurs en ont passé une petite vite en pleine vacances de la construction afin d’éviter la médiatisation de cette décision et tout débat public.

On le sait, le gouvernement conservateur, très lié d’amitié avec les pétrolières, ne croit pas au réchauffement climatique ainsi qu’à l’implication humaine dans l’accentuation du phénomène.  En 2002, Stephen Harper lui-même, parlait à la Chambre des communes de « complot socialiste » à propos du protocole de Kyoto.

Ainsi, afin de couper l’herbe sous le pied aux écologistes et aux études attestant de la réalité du réchauffement climatique, l’administration conservatrice procède à un délestage du support monétaire fédéral en ce domaine.  Cette tactique est aisément plus pratique que de confronter les données et susciter un véritable dialogue sur ce sujet « chaud » pendant que l’industrie pétrolière en Alberta génère en énorme quantité des gaz à effet de serre dans la transformation des sables bitumineux.

Le plus incohérent dans toute cette histoire est que près de 200 scientifiques canadiens risquent de se retrouver sans emploi en temps de crise économique et pourraient fuir le pays vers des cieux plus cléments.

Le ministre de la Défense, Peter Mackay, n’a pas hésité à accorder, le 8 juillet dernier, 5 milliard$ au secteur de la défense malgré les prévisions d’un déficit budgétaire accumulé de 172 milliard$ sur cinq ans et le cabinet conservateur se permet d’éliminer ces misérables petits subsides de 10 millions de dollars dans les recherches sur le climat!!! 

En fait,  les contraintes budgétaires ne sont évidemment pas les réels motifs de cette coupure, mais bien les prétentions idéologiques.