Archives mensuelles : juillet 2009

Entrevue de Léo-Paul Lauzon au 98,5

lauzonVoici une récente entrevue avec Léo-Paul Lauzon, professeur en sciences comptables à l’UQAM et titulaire de la Chaire d’études socio-économiques, diffusée sur le 98,5.

Après avoir combattu le cancer, il conserve son verbe et son franc parler. 

Comme toujours, il critique la société mercantile ainsi que le néolibéralisme avec son cortège de privatisations et de déréglementations et se porte en tant que défenseur de la justice sociale.

Une entrevue à écouter absolument et des propos à réfléchir!

CLIQUEZ ICI POUR ENTENDRE L’ENTREVUE!

Une révolution… grise?

bpa3_1f

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au train où vont les choses, on se demande bien quand cette crise économique s’arrêtera. 

Selon ce que l’on en sait, elle sera très longue et la reprise éventuelle très lente.

Ses victimes se répertorient autant parmi les jeunes familles qui perdent des revenus importants que les retraités qui voient fondre comme neige au soleil les épargnes de toute une vie de travail.

Et si la situation persiste encore trop longtemps, le mécontentement peut éventuellement s’exacerber et les risques de débordements sociaux se multiplier.

Les prédictions sur un dénouement éventuel de cette crise frappant surtout le monde occidental développé constituent d’emblé un terrain glissant.  Il est difficile de prévoir la finalité de cette méga-récession ainsi que ses répercussions futures.   

Mais, en corrélation avec le vieillissement de la population occidentale, nous pouvons y aller d’une hypothèse qui n’est, après tout, pas si farfelue que ça : devant l’érosion des fonds de retraite et les déficits budgétaires poussant les États à sabrer dans les services sociaux ainsi que dans une prestation à moindre coût des soins médicaux, nous pourrions assister à une révolte, non pas de la jeunesse, comme c’est usuellement le cas, mais cette fois-ci de la masse de retraités qui voit tout l’accomplissement de son dur labeur s’envolé en fumée avec cette crise économique.

La prochaine « révolution », si nous pouvons appeler ainsi la prochaine remise en question de l’ordre économique ou de la politique économique en place, sera peut-être engendrée par les « têtes grises » qui refuseront de perdre tous leurs avantages durement acquis et de devoir payer pour des besoins essentiels dont on leur avait promis un accès sans complication.

Cependant, oubliez la révolution violente avec son lot d’émeutes et de répression.  Le poids démographique en constante progression et l’influence politique conséquente des personnes âgées joueront grandement sur les aboutissements des élections futures (voir graphique). 

Nonobstant les lourds déficits budgétaires appréhendés pour les prochaines années, la pression politique sera forte pour maintenir un système de protection sociale adéquat malgré les avertissements des hautes instances financières internationales. 

Peut-être verrons-nous, enfin, que la simple et bête logique comptable est incompatible avec l’assouvissement des besoins du plus grand nombre.

Une crise économique qui n’en finit plus

criseLe dernier sommet du G8 en Italie s’est traduit par un constat d’échec.  Les grandes puissances économiques de ce monde n’ont pu que réaliser leur impuissance devant une crise économique sur laquelle elles n’ont aucune prise.

Allons-y avec quelques déclarations peu rassurantes (source):

Le plus gros de la détérioration reste à venir“-  Martine Durand, responsable de l’emploi pour l’OCDE.

Les emplois perdus le sont de façon irréversible (…) On fabriquera moins de voitures et moins de biens durables. Où seront créés les emplois de demain ? On ne sait pas (…) Dans trois ou quatre ans, la dette des pays de l’OCDE va dépasser leur produit intérieur brut (PIB). Résultat : Il va falloir diminuer la protection sociale, le nombre de fonctionnaires et augmenter les impôts »-  Patrick Artus de la banque Natixis.

« Nous avons créé une entité nouvelle, l’économie mondialisée, dont nous découvrons la fragilité. (…) L’avenir n’est écrit nulle part en ce moment. »-  Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne.

Pourtant, les médias parlent de reprise et affirment que le pire est derrière nous.  Ils ont tout faux.

Les États-Unis viennent de perdre 467 000 emplois en juin faisant augmenter le taux de chômage à 9,5%.  Des statistiques qui dépassent les récentes prévisions du département du Travail américain.

De même, selon Juan Somavia, directeur-général de l’Organisation internationale du travail (OIT), la faiblesse de l’emploi pourrait perdurer 8 autres années et le chômage gonfler sensiblement jusqu’en 2011.

Ce que nous avons déjà connu de cette crise n’est que la pointe de l’iceberg. 

L’économie mondiale a été portée sur le dos de l’endettement excessif et nous en payons maintenant le prix (lire une croissance à crédit,  Autopsie de la crise financière et Frénésie boursière et endettements massifs : un signe des temps ?)

Depuis les années de présidence de Reagan et de l’établissement des préceptes de l’École de Chicago,  les bonzes du néolibéralisme nous ont promis mers et monde et une prospérité sans limite. 

Mais la néfaste déréglementation et les écarts de richesses qui se sont révélés être les résultats de cette politique économique dogmatique de l’infaillibilité du libre-marché viennent de témoigner hors de tout doute de l’inefficacité du néolibéralisme.

Sarah Palin : future présidente des États-Unis?

SPLa gouverneure de l’Alaska annonce sa démission du poste de chef de l’exécutif de son état. Le 26 juillet, elle passera les rênes du pouvoir à son lieutenant-gouverneur.

Malgré sa défaite aux dernières présidentielles américaines en tant que colistière de John McCain, madame Palin demeure l’une des meilleurs prospects possibles du Parti Républicain pour lutter contre Barack Obama à l’élection de 2012.

Ce serait d’ailleurs pour préparer sa campagne présidentielle qu’elle quitterait la gouvernance de l’Alaska.

On constate bien ici que les républicains se débattent comme des diables dans l’eau bénite afin de se relever de la débandade qu’ils connaissent d’un océan à l’autre des États-Unis.

Les candidats à la présidence ne doivent pas faire la queue devant les bureaux du Parti Républicain et ce dernier semble désespérément prêt à accepter n’importe qui avec un semblant de notoriété pour porter son flambeau.

La déconnection des républicains avec la réalité est de plus en plus évidente.

Après avoir souligné vivement leur opposition au programme de relance économique d’Obama, ils s’apprêteraient à choisir comme leader une femme qui fut la risée de la planète par sa bêtise et son manque de connaissance du monde. De plus, sa récente déclaration qu’Obama mène l’Amérique vers le socialisme n’a rien pour bonifier le peu de crédibilité qu’elle possède.

Il faut dire que la venue de Sarah Palin à la tète des républicains constituerait la suite logique du règne de G.W. Bush. Tant qu’à promouvoir des ignares sans culture, le Parti Républicain irait encore plus dans la même lignée avec madame Palin.

Mais quelle expérience possède Sarah Palin pour oser prétendre à la présidence? Sa fonction de gouverneure de l’Alaska?

Pas du tout.

N’importe quel imbécile peut gérer un état qui engrange des surplus faramineux en raison de sa faible population et de ses ristournes pétrolières. En fait, l’état de l’Alaska est tellement riche qu’il octroie des allocations universelles à tous ses habitants.

Mais la donne a changé récemment. La crise économique ainsi que la demande baissière de pétrole à travers le monde ont miné la prospérité de l’Alaska. Le nombre de sans-emplois a cru de 27% depuis un an et le taux de chômage a bondi de 6.8% à 8.4% depuis décembre 2008.

Le plus inquiétant est que la gouverneure quitte le navire de son état en pleine crise économique même s’il restait encore 18 mois à son mandat.

Elle a déclaré d’ailleurs : “Cela me fait mal de faire ce choix mais je fais ce qu’il y a de mieux pour l’Alaska“.  Que voulait-elle dire?  Quelle est trop incompétente pour gérer une situation économique difficile?

Je vous le demande : les États-Unis ont-ils besoin de ce genre de politiciens qui tirent leur révérence lorsque les choses tournent au pire?

Ceci en dit long sur l’implication sociale et l’engagement public de Sarah Palin.