Pourquoi sauver General Motors?
Le temps s’écoule pour GM. Le compte-à-rebours de la faillite se fait de plus en plus lourdement entendre et aucune intervention publique ne semble pouvoir stopper la débâcle de l’ancienne plus grande compagnie au monde.
General Motors paie maintenant pour son excès de confiance dans un marché automobile qui ne connaît que des ratées depuis l’avènement de cette crise économique qui se veut la plus importante depuis les années 30 du siècle dernier.
Cette compagnie américaine jadis si renommée a creusé sa propre tombe en produisant des modèles de véhicules énergivores à des prix peu concurrentiels et d’une qualité moyenne.
Avant même la crise, un constructeur étranger, Toyota, a dépassé l’ancien pilier de l’industrie automobile américaine en nombre de ventes de voitures. Il ne suffisait que d’un petit coup de vent dans le dos insufflé par la crise économique pour propulser GM dans les bas-fonds.
Rien ne pourra sortir ce géant déchu de l’automobile du trou noir financier dans lequel il s’est lui-même foutu, même avec l’aide supplémentaire de 16,6 milliards récemment quémandée au gouvernement américain, car les consommateurs ont perdu toute confiance envers les produits proposés par General Motors. C’est ce que semble démontrer les récentes statistiques sur les ventes d’automobiles.
Qui, à part un consommateur crédule, imbécile ou déconnecté, achèterait un véhicule de cette compagnie en connaissance de cause de la précarité financière qu’elle connaît? Qui honorera les garanties ou fournira les pièces de rechange si GM déclare banqueroute dans les prochains mois ou les prochaines années?
General Motors, c’est du passé. Inutile de dépenser des milliards aux frais des contribuables pour une entreprise qui a déjà les pieds devants.
Il serait plus à propos de conserver ces milliards de dollars pour des projets de relance plus pertinents et plus porteurs de richesse collective que de les perdre dans le sauvetage d’un bateau qui a déjà coulé.

Ce sont les américains et les canadiens qui ont creusé la tombe de G.M. en achetant des voitures japonaises, cela n’a rien à voir avec la qualité et les prix peu concurrentiels de GM.
Pourquoi OUI
1. Si General Motors tombe, Ford et Chrysler suivront nécessairement. On parle de 240 000 emplois directs qui sont menacés si les trois anciens « grands » font faillite.
2. La faillite des trois constructeurs occasionnera la perte de 2,5 millions de d’emplois chez les concessionnaires, les équipementiers et dans les services. On parle de revenus de 275,5 milliards de dollars sur trois ans.
3. Deux millions de personnes dépendent des trois constructeurs pour leur régime d’assurance santé. C’est la règle aux États-Unis : plus de compagnie, plus d’assurance.
4. Les trois constructeurs dépensent 12 milliards de dollars par année en recherche et en développement. Leur disparition aura des répercussions sur la compétitivité internationale de l’industrie américaine.
5. L’automobile représente 10 % de l’industrie américaine. La disparition des trois constructeurs affaiblit dramatiquement le secteur manufacturier et rend le pays encore plus dépendant des exportations.
6. Les conséquences seraient épouvantables pour un État comme le Michigan. Avez-vous pensé au conséquence au Canada ???? Les industries en Ontario et les retraités au Québec ????
7. Les constructeurs ont tout tenté pour éviter la situation actuelle. Par exemple, GM a aboli 46 000 emplois depuis 2004 et offre aux consommateurs 17 modèles qui font plus de 30 mille au gallon, soit deux fois plus que son plus proche concurrent.
8. Les précédents existent. En 1979, le président Carter a autorisé une garantie de prêts de 1,5 milliard de dollars qui a sauvé Chrysler. Même le président Reagan, idole absolue des non interventionnistes, a exercé de fortes pressions sur le Japon en 1980 pour qu’il réduise de 25 % ses exportations d’automobiles aux États-Unis afin de protéger les constructeurs américains.
9. Barack Obama ne veut pas se voir imputer la disparition de trois fleurons américains et la disparition de millions d’emplois. Cela commence mal une présidence.
@Linda Rousseau
Je commenterai certaines de vos argumentations:
“Ce sont les américains et les canadiens qui ont creusé la tombe de G.M. en achetant des voitures japonaises, cela n’a rien à voir avec la qualité et les prix peu concurrentiels de GM.”
Oui, les consommateurs ont choisi les produits les plus rentables et performants à long terme. La Honda Civic, par exemple, est impressionnante par sa durabilité et son rapport qualité/prix. Le secteur automobile est l’un des seuls secteurs de l’économie dans lequel la loi de l’offre et la demande fonctionne encore relativement bien. Il ne faut pas blâmer les consommateurs pour avoir effectué des choix pertinents.
“1. Si General Motors tombe, Ford et Chrysler suivront nécessairement. On parle de 240 000 emplois directs qui sont menacés si les trois anciens « grands » font faillite.
2. La faillite des trois constructeurs occasionnera la perte de 2,5 millions de d’emplois chez les concessionnaires, les équipementiers et dans les services. On parle de revenus de 275,5 milliards de dollars sur trois ans.”
Oui, certes, c’est dommage toutes ces pertes potentielles d’emplois. Mais les 3 grands sont responsables de leurs problèmes. Ils ne se sont pas adaptés à la concurrence. Par exemple, on proposait des camions et des hummers lorsque le prix du pétrole atteignait des sommets. Ce n’est pas un très bon plan “marketing”.
“3. Deux millions de personnes dépendent des trois constructeurs pour leur régime d’assurance santé. C’est la règle aux États-Unis : plus de compagnie, plus d’assurance. ”
De toute façon, les compagnies américaines d’assurance sont des rapaces (voir:
http://pourquedemainsoit.wordpress.com/2008/08/23/s%e2%80%99endetter-pour-la-sante/ )
Le projet de couverture quasi-universelle d’Obama serait sûrement plus efficace.
“6. Les conséquences seraient épouvantables pour un État comme le Michigan. Avez-vous pensé au conséquence au Canada ???? Les industries en Ontario et les retraités au Québec ????”
L’Ontario est déjà touchée grandement depuis la fin du Pacte de l’auto en 2001. La saignée se serait produite de toute façon.
Aussi, je connais personnellement un retraité de GM et il m’a affirmé que même si la compagnie faisait faillite, son fond de retraite ne serait pas affecté. Il est indépendant. Il y a plusieurs dizaines milliards de dollars dans le fond et celui-ci peut subvenir aux besoins des retraités futurs.
“7. (…) GM (..) offre aux consommateurs 17 modèles qui font plus de 30 mille au gallon, soit deux fois plus que son plus proche concurrent.”
C’est surement très récent comme initiative. Mais c’est trop tard. Allez voir ce site qui expose les véhicules les moins énergivores pour 2008:
http://oee.nrcan.gc.ca/transports/personnel/pdfs/vehicules-plus-econergetiques-2008.pdf
“8. Les précédents existent. En 1979, le président Carter a autorisé une garantie de prêts de 1,5 milliard de dollars qui a sauvé Chrysler. ”
On ne parle pas de seulement 1,5 milliard ici mais bien de plusieurs dizaines de milliards et peut-être plus. De plus, le contexte actuel de crise généralisée dans l’industrie automobile ne se compare pas avec !979.
Je suis d’accord avec Jimmy. Le gouvernement ne doit pas subventionner une multinationale comme GM. Je me souviens encore de l’usine de Ste-Thérèse qui a fermé en 2002 malgré les généreux prêts sans intérêts du gouvernement péquiste.
De Boisbriand tu veux dire? Qui ne s’en souvient pas.
Je me demande bien si GM a fini par rembourser ce prêt de 220 millions… sûrement pas.
Il y a eu aussi le cas de Hyundai de Bromont.
Les CAW en conférence de presse ce midi viennent d’accepter avec GM le sacrifice du siècle: ils acceptent un gel des pensions et des salaires.
Au tour du gouvernement ( vos impôts et vos taxes ) de venir à leur secours.
@ Linda Rousseau
« Ce sont les américains et les canadiens qui ont creusé la tombe de G.M. en achetant des voitures japonaises, cela n’a rien à voir avec la qualité et les prix peu concurrentiels de GM. »
Ils ont achetées ces voitures parce que; moins coûteuses et plus fiables. Je fais d’ailleurs partie de ces derniers.
«Pourquoi OUI
1. Si General Motors tombe, Ford et Chrysler suivront nécessairement. On parle de 240 000 emplois directs qui sont menacés si les trois anciens « grands » font faillite.»
C’est une politique à double-mesure, une entreprise privée est ce qu’elle est. Une entreprise privée. Si moi je fais faillite, les banques ne feront pas la file devant chez moi pour s’accommoder de mon hypothèque. Si on aide GM, c’est à condition de prendre possession des moyens de production et je ne conseille à aucun payeur de taxes de se lancer dans cette aventure (il faudrait tout reprendre du début sinon).
Si le capitalisme est trop faible pour surpasser une crise comme celle-là, il ne vaut pas la peine d’être sauvegardé. Désolé de ne pas partager votre peine quant à ce régime d’exploitation sur la voie de la débâcle.
Mais en même temps, vous parlez de tricher dans ce système capitaliste, pour faire perdurer ce modèle parasitaire, ce qui est assez gênant, normalement, pour un capitaliste.
Je propose qu’on laisse l’entreprise privée se débrouiller toute seule. Les travailleurs n’auront qu’à s’en prendre aux fameux «méritants», aux gestionnaires de GM, lesquels se sont rempli les poches durant des décennies sur leur dos… Bonne mort GM!
« 2. La faillite des trois constructeurs occasionnera la perte de 2,5 millions de d’emplois chez les concessionnaires, les équipementiers et dans les services. On parle de revenus de 275,5 milliards de dollars sur trois ans. »
Ce que c’est beau le capitalisme! L’un tombe, ils suivent tous! Je n’en demandais pas tant! Bon débarras! Non mais c’est fragile ça!
Peu importe les revenus, le nombre d’emplois touchés, il n’y a aucune raison d’aider spécifiquement ce secteur, tout en laissant mourir les autres. Je répète, si l’on aide ces entreprises privées avec notre capital, tiré tout droit de la sueur des travailleurs, j’espère que ce sera afin de s’approprier ces usines afin d’en donner la propriété aux travailleurs de ce secteur. Sinon, que meurt l’entreprise privée et bon débarras!
« 3. Deux millions de personnes dépendent des trois constructeurs pour leur régime d’assurance santé. C’est la règle aux États-Unis : plus de compagnie, plus d’assurance. »
Et bien, comme vous le dites, ce sont leurs règles… Les faits demeurent… C’est une entreprise privée, laquelle a profité largement du labeur des constructeurs d’automobiles. Si on aide celle-ci, je propose qu’on aide tout le monde, y compris les gens pris avec leurs dettes. Nombre de gens perdent leur emploi, n’ont plus de revenu, etc.., sans parler des individus ayant monté une dette difficile à payer… On aide tout le monde, ou personne. Sinon, double-mesure.
« 4. Les trois constructeurs dépensent 12 milliards de dollars par année en recherche et en développement. Leur disparition aura des répercussions sur la compétitivité internationale de l’industrie américaine. »
Les capitalistes vous diront: PROTECTIONNISME.