Archives mensuelles : février 2009

Où sont passés les milliards de profits?

dollarsLa situation de crise actuelle a de quoi laisser perplexe. 

 

Les banques privées de tous les pays ont encaissé durant plus d’une décennie des profits indécents.  Il en est de même pour la plupart des grandes compagnies commerciales. La prospérité était alors au rendez-vous pour les banquiers et hommes d’affaires en synchronicité avec la consommation de masse débridée.

 

Et en 2008, bang!  L’économie libérale déréglementée frappe le mur de la crise économique.

 

Un cycle normal selon certains.  Toute forte croissance économique se doit de connaître un jour une période de contraction du commerce et des affaires.  Mais a-t-on déjà vu un tel recul de l’activité économique depuis la grande dépression des années 30?

 

On doit alors se poser ces questions : où sont passés ces centaines de milliards de profits des entreprises capitalistes pendant que les autorités publiques des pays industrialisés injectent des sommes astronomiques aux frais des contribuables afin d’aider ces dernières?  N’ont-elles pas engrangé assez de bénéfices pour faire face aux jours difficiles? Ont-elles été tellement mal gérées par les “génies” des conseils d’administration dans le passé qu’elles doivent maintenant quémander de l’aide d’un État qu’elles dénigraient jadis pour son interventionnisme afin d’avoir encore plus les coudées franches dans leur course effrénée de profits?

 

Au lieu de faire payer les contribuables pour les erreurs de gestion de l’élite économique, nous devrions traquer les parcours de tous ces milliards de bénéfices qui ont engraissé les riches actionnaires privilégiés via les jeux boursiers et demander un remboursement au lieu de surtaxer une classe moyenne financièrement étranglée et qui le sera encore plus avec les pertes d’emplois massives et la hausse chronique du chômage qui pointerons leurs nez dans un avenir rapproché.

 

Lire aussi: La pire crise économique depuis 1929

 

 

 

Oligopole et prix du carburant à Montréal

Parlons du prix élevé du carburant dans la grande région métropolitaine. 

 

Comment expliquer les tarifs de plus de 93 cents le litre à Montréal tandis que le baril de pétrole est à un coût baissier de 37.92$US sur le marché mondial et que certaines régions du Québec affichent des prix de plus de 10 cents inférieurs? 

 

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En fait, depuis 8 mois, le cours de l’or noir ne cesse de décliner en raison d’une baisse générale de la demande mondiale mais il semble que la loi de l’offre et de la demande ne s’applique pas au marché de Montréal.   En fait, depuis un mois, la valeur du litre d’essence n’a cessé de croître.

 

L’explication peut se traduire ainsi : les grandes raffineries canadiennes (Irving, Ultramar, Esso, Shell) possédant un oligopole dans la transformation et la distribution du pétrole raffiné au Canada imposent des prix gonflés dans les marchés plus populeux comme Montréal afin de renflouer leurs pertes de profits des derniers mois.

 

Une prise d’otage, voilà tout.  Les automobilistes du grand Montréal ne peuvent se passer de pétrole et l’on exploite à fond cette faiblesse.

 

Ici, la loi de l’offre et de la demande ne s’applique pas car la production est contrôlée par quelques compagnies et celles-ci distorsionnent l’efficacité de cette “loi économique” à leur avantage.

 

 

La vraie politique

acropoleLaissez-moi vous instruire sur ce que devrait être la vraie politique.

 

La politique ne devrait pas être dédaignée par le commun des mortels.  La politique ne devrait pas être reléguée à un rang inférieur dans les intérêts des citoyens et être surpassée par la vie des stars du cinéma ou les aléas des équipes des sports professionnels.

 

La politique est le centre de notre vie sociale.  Elle représente notre volonté de vivre ensemble et notre aspiration à rechercher un consensus commun afin de permettre un milieu de vie adéquat pour nous-mêmes et nos descendants.

 

Vous n’aimez pas la politique?  Vous n’êtes pas seul.  Mais ce n’est pas la politique en soit qui est le nœud du problème, mais la façon dont on nous impose la politique.  En fait, la politique en 2009, ne sert qu’à préserver le statu quo et le pouvoir de ceux qui le détiennent.

 

Vous êtes-vous déjà demandé ce que serait la société sans politique? C’est-à-dire sans État ou gouvernement? Bonjour le chaos!

 

Imaginez un environnement social sans loi et règlement. N’importe qui pourrait dérober votre bien, vous agresser ou exploiter de façon odieuse votre labeur sans réprimande car aucune balise légale ne serait présente.      

 

La politique va de pair avec l’État de droit et sans celui-ci nous ne pourrions vivre dans une société digne de ce nom. 

 

Mais allons encore plus loin.  La politique ne se limite pas à la détermination arbitraire du cadre légal régissant les rapports entre individus, mais se prolonge aussi dans la capacité de pourvoir une juste subsistance matérielle pour tous et chacun. 

 

Sans une véritable redistribution équitable des richesses, n’importe quelle société ne pourrait atteindre et maintenir un stade viable de stabilité socio-économique permettant à tous ses membres de s’épanouir et de vivre des vies décentes.  En fait, aucun ordre social ne survivrait sans un équilibrage pondéré des richesses.

 

Ne soyons pas dupes.  Les élites économiques, les détenteurs des moyens de production et d’échange, désirent notre désaffection de la chose politique car cela permet leur prédominance et leur mainmise sur l’ensemble de la société.  Et c’est même cette désillusion de la politique qui les maintient au pouvoir car aucune volonté collective ne remet en doute leur hégémonie.

 

Avant de dire que vous n’êtes pas concerné par la politique, soyez conscient que la politique vous rattrape et décide pour vous sans votre consentement.

 

«Vous avez beau ne pas vous occuper de politique, la politique s’occupe de vous tout de même.»

Charles de Montalembert

 

 

Le combat des employés du Journal de Montréal est le combat de tous les travailleurs

pkpL’antisyndicalisme primaire de Pierre-Karl Péladeau a encore resurgit au grand jour. 

 

Il se sert honteusement de la crise économique comme bouc émissaire pour sabrer dans le personnel du Journal de Montréal et diminuer les avantages sociaux des employés de rédaction.   Pourtant, le JDM est toujours très rentable et rien de concret ne justifie une telle attaque frontale envers ceux qui ont bâti ce quotidien.

 

Dans les dernières semaines, nous avons pu lire un étalage gonflé des salaires des journalistes, photographes ou commis aux petites annonces.   Il est à noter que les salaires cités ne sont que les maximums de rémunération permis par la convention collective.  En fait, le salaire moyen d’un journaliste au JDM tourne autour de 50 000$, pas 88 000$ comme l’affirmaient les articles de ce journal.

 

Et la crasse diffamation antisyndicale dont fait preuve la direction du JDM depuis le début de ce conflit de travail ne s’arrête pas là.  En une semaine, on a attaqué le mouvement syndical en dénigrant la CSN et les cols bleus de Montréal.  On parle souvent de l’objectivité journalistique, mais ici, nous pouvons constater que le Journal de Montréal n’est qu’une arme de propagande capitaliste d’un riche parvenu né avec une cuillère dorée dans la bouche.

 

Le combat des syndiqués du Journal de Montréal est le combat de tous les salariés québécois.  Si le divin Pierre-Karl Péladeau réussit à imposer son diktat aux syndiqués du JDM, cela lancera le signal aux autres entrepreneurs québécois de réclamer des diminutions du traitement de leurs employés même si leurs situations financières ne le demandent pas.

 

Comme toujours, les affairistes se servent de toutes les occasions possibles pour miner les conditions de leurs travailleurs et les agissements de ce parvenu égocentrique prouvent plus que jamais la réalité de cette évidence.  

 

 

Ajout: même si le JDM avait raison en rapport aux rémunérations des journalistes, cela ne tient pas la route. Si l’on commence à diminuer les salaires et les avantages de ceux qui gagnent un peu plus que la moyenne québécoise, où cela s’arrêtera-t-il? Ce n’est que du nivellement pas le bas. 

 

 

 

Lire le journal web des syndiqués en lock-out du JDM:  Rue Frontenac

 

Lire aussi ce billet: Pierre-Karl Péladeau : l’avarice du parvenu des médias