Archives mensuelles : janvier 2009

Un troisième référendum sur la souveraineté du Québec?

drapeau_quebecLe débat sur la souveraineté devrait gagner en popularité dans les prochaines années en raison du contexte économique défavorable.

 

Dans le passé, nous avons pu remarquer une effervescence de la cause souverainiste en période de turbulence économique et le même phénomène pourrait opérer dans un futur pas si lointain.

 

En effet, les années antérieures aux deux référendums sur la souveraineté du Québec (1980, 1995) furent des périodes d’incertitudes économiques qui ont ravivé la problématique de la question nationale. 

 

Dans les années 70,  l’économie mondiale connu ses premiers ralentissements majeurs depuis la fin de la deuxième guerre mondiale.  Les Trente Glorieuses se terminaient abruptement avec les deux chocs pétroliers et l’entrée d’un nouveau mal : la stagflation, c’est-à-dire la présence simultanée de la stagnation de l’économie et d’une forte inflation.

 

C’est dans ce climat de vacillement du système économique mondial ainsi que dans l’éveil de la conscience nationale des québécois émergeante de la révolution tranquille que le mouvement souverainiste prit le pouvoir en 1976 avec une coalition hétéroclite appelée Parti Québécois.  Quatre ans plus tard, le premier référendum sur la souveraineté du Québec eut lieu avec le résultat que l’on connaît. 

 

Quinze ans plus tard, le discours référendaire renaissait de ses cendres après la dure récession du début des années 90.  Le chômage progressa significativement de 1990 à 1994 et la crise des finances publiques frappa le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux.

 

C’est alors que, dans une ambiance de difficultés économiques combinée avec la crise politique de l’après Lac Meech, le Parti Québécois regagna le pouvoir en 1994 et eu l’audace de suggérer un nouveau référendum se soldant par une amère défaite des partisans de l’option souverainiste qui fut rejetée par seulement quelques milliers de voix.

 

Si l’Histoire tend à se répéter, nous devrions assister à un troisième référendum dans les années à venir.  La présente crise économique devrait exacerber l’insécurité économique des québécois et la moindre friction politique Québec-Ottawa pourrait propulser encore en avant le sujet de l’indépendance du Québec.   

 

En somme, lorsque l’économie va bien, que tout le monde est occupé par le travail, que chacun est plus ou moins satisfait de sa condition matérielle, une société ne s’interroge pas sur son futur ou sa situation politique. 

 

Mais, au contraire, en temps de ralentissement, de récession ou de crise économique, les problèmes non-résolus d’une société reviennent la hanter car il n’y plus rien pour détourner l’attention des citoyens envers les affaires publiques. 

 

Dans la foulée, une société peut rechercher de nouveaux moyens afin de résorber un état de crise chronique et ces nouveaux moyens peuvent parfois se présenter dans un rapatriement d’un plus grand pouvoir politique dont le but serait de mieux sortir cette dite société d’une situation difficile.  Ainsi, en possédant tous les leviers de la politique économique (taux d’intérêt, aide financière ciblée dans des secteurs en difficultés propre au Québec, fiscalité, etc.), le peuple Québécois serait ainsi plus en mesure de relancer adéquatement son économie.    

 

Le dernier budget fédéral du conservateur Stephen Harper semble démontrer la pertinence d’un État québécois indépendant.  Effectivement, le Québec va subir un sous-investissement prononcé des subsides du gouvernement central au profit de l’Ontario.  Le gouvernement conservateur a décidé de laisser tomber le Québec après ses faibles résultats des deux dernières élections fédérales dans la Belle Province.

 

La règle non-écrite de l’alternance politique devrait être à l’avantage du Parti Québécois aux prochaines élections générales et l’alignement des astres pourrait bien être plus favorable à une éventuelle souveraineté du Québec dans cet environnement économique précaire.

Le gouvernement-enfant

bebeBien voilà. Le gouvernement conservateur de Stephen Harper a déposé son budget tant attendu avec l’appui subséquent des libéraux de Michael Ignatieff.   

 

Après avoir reçu une sérieuse tape sur les doigts en novembre dernier de la part de l’opposition majoritaire, le premier ministre et son cabinet ont acquiescé à des mesures de stimulation économique plus que jamais nécessaire devant la tempête qui s’annonce. 

 

Mais, comme un enfant que l’on réprimande à la moindre incartade, les conservateurs ont besoin d’être constamment surveillés, car dès que la population ou les partis d’opposition ont le dos tourné,  ils recommencent à fomenter leurs mauvais coups. 

 

Nous l’avons vu encore et encore dans le passé depuis l’accession au pouvoir du Parti réformi… euh pardon, conservateur : il s’agit d’un gouvernement immature et dogmatique cherchant toujours à imposer son agenda de droite en dépit des traditions sociale-démocrates de l’ensemble du pays. 

 

Heureusement, les puissants partis d’opposition agissent sur lui comme des parents envers leur enfant trop turbulent jusqu’à l’atteinte de sa « majorité ». 

 

Espérons qu’il en retiendra les leçons, ce qui serait surprenant pour ce gamin indiscipliné, si un jour il détenait totalement les rênes du pouvoir.   

 

 

À lire: Stephen Harper est-il schizophrène?

Pourquoi « Majorité Silencieuse » ne veut pas débattre?

chut1Le 11 janvier dernier, le blogue Majorité Silencieuse (aujourd’hui LesBleus.qc.ca) pondait un billet attaquant mon article sur la décision du ministre de la Défense, Peter Mackay, d’octroyer à une compagnie américaine un contrat de fabrication de 1 300 camions pour l’armée canadienne.

 

Je ne suis pas nécessairement contre une critique de mes billets, cela est même sain dans un débat libre et ouvert.  Alors, j’ai voulu rétorquer en émettant un commentaire sur ce blogue de droite.  Mais quelle a été ma surprise de constater qu’après une semaine mon commentaire n’a pas été publié.  Pourtant, j’ai envoyé deux courriels au coordonnateur (Marc Nadeau) afin qu’il corrige la situation.  En vain. Il refuse de diffuser ma réplique sur son blogue.

 

Laissez-moi vous dire que cette attitude me laisse amère.  Ce blogue fonce tête baissée contre mon opinion et m’enlève le droit de répondre.  On repassera pour la liberté d’expression et l’honnêteté intellectuelle.

 

Ceci me fait dire : si la droite ne veut pas débattre ouvertement, alors qu’elle se taise.

 

Voici enfin mon commentaire qui a été censuré sur le blogue « Majorité Silencieuse ».  Veuillez noter que j’y vais de mémoire car je n’ai malheureusement pas sauvegardé mon commentaire.

 

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@Marc Nadeau

 

« Notre bonne gauche – dont Homo politicus est un représentant dans la blogosphère – fait ses choux gras d’une opposition marquée aux affaires militaires, aux dépenses militaires, aux interventions militaires et plus visiblement à la mission canadienne en Afghanistan »

 

Nous ne parlons pas de chars d’assaut ou de lance-missiles ici.  Les camions en question seront utilisés sur les bases canadiennes et pourront servir pour des missions humanitaires ou de l’aide en cas de catastrophes naturelles.

 

« l’entreprise [Navistar] s’est engagée à dépenser l’équivalent du montant total du contrat au Canada au cours des sept prochaines années.  L’acier nécessaire à la fabrication des camions ainsi que les pneus dont ils seront équipés proviendront du Canada [...].» 

 

Ne me faites pas rire.  Combien de fois des grandes entreprises ont renié leurs promesses envers les gouvernements? Pensons à GM à Boisbriand ou à Hyundai à Bromont…

 

« Homo politicus souhaiterait que – même si ça coûte plus cher et que les contribuables doivent en payer la note – le gouvernement fasse affaire avec des compagnies canadiennes ou québécoises.  Du bon vieux protectionnisme quoi. »

 

Vous oubliez les effets multiplicateurs.  L’investissement aurait créé des centaines d’emplois chez-nous et ceux-ci auraient créé à leur tour des emplois par ricochet (consommation accrue, emplois secondaires).  De plus, cela aurait permis une rentrée de taxes et d’impôts supplémentaires dans les coffres du gouvernement.  En somme, l’investissement aurait possiblement plus rapporté à l’économie canadienne que ce qu’il a coûté aux contribuables.  Ce geste aurait été plus que pertinent en période de crise économique.

 

 « Premièrement, la gauche est contre les affaires militaires dans les débats publics. »

 

Je me demande bien où vous pêcher cela.  Au contraire, la gauche veut qu’il y ait un débat public sur les affaires militaires et l’occupation en Afghanistan.  À vrai dire, on n’a pas demandé son avis à la population et on nous a imposé cette guerre futile.

 

 « Deuxièmement, ce n’est pas Peter MacKay qui lèche les bottes des Américains.  Ce sont plutôt nos bons gauchistes qui sont prêts à toutes les bassesses pour faire la promotion de leur agenda incohérent et protectionniste, tout en ramassant quelques dollars de cotisations syndicales au passage. »

 

Alors Barack Obama doit être un satané gauchiste pour sa volonté de favoriser plus la syndicalisation des travailleurs américains et de pencher vers un protectionnisme accru.

 

Ne vous en déplaise, le protectionnisme est une réponse classique à une crise économique et cela est véridique autant pour les individus, les entreprises que les États.  Lors d’une situation économique difficile, on favorise ses proches, ses travailleurs ou ses concitoyens. On se replie pour mieux investir et l’on évite la sous-traitance pour effectuer ses travaux à l’interne.

 

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Bon, voilà un gain pour la liberté d’expression!

 

 

 

Donnons une chance aux idées de Nathalie Elgrably!

elgrablyNathalie Elgrably évoque depuis plusieurs semaines dans ses chroniques la futilité de l’interventionnisme de l’État dans l’économie qui endetterait davantage les nations et aggraverait encore plus la situation économique difficile.

 

Elle doute des effets stimulants de l’injection de capitaux gouvernementaux bien que le passé démontre qu’une présence accrue de l’État dans la sphère économique permet une certaine stabilité sociale. 

 

Le laisser-faire économique est exactement ce qui nous a mené à cette crise et elle persiste et signe pour continuer dans cette direction. 

 

Alors je dis : appliquons ce qu’elle préconise.

 

Laissons les entreprises en déroute se démerder seules.  Laissons jouer la sacro-sainte loi de l’offre et de la demande et donnons la possibilité au libre-marché de démontrer ses mérites.

 

Et lorsque que l’économie mondiale sera à terre, que l’échec du mercantilisme nous sautera au visage, que les miséreux deviendront la majorité, que les conflits sociaux seront le lot de notre quotidien, peut-être enfin verrons-nous que le besoin collectif l’emporte sur le besoin individuel et que l’avenir se définie plus par le « nous » que par le « moi ».

 

Ajout : le meilleur aboutissement à la résolution d’un problème est de le confronter jusqu’à ses derniers recoins et alors d’envisager une alternative.

 

Lire:

La mauvaise foi de Nathalie Elgrably

Les contre-vérités environnementales de Nathalie Elgrably

L’inconsistance de Nathalie Elgrably

La petite démagogue

 

 

Brève autopsie de la crise financière

stock_market_crashComment expliquer la crise financière qui secoue le monde? Soyons bref. 

À la base même du système économique capitaliste réside le crédit.  Le crédit est l’échafaudage qui maintient debout tout l’ensemble.  Pourquoi?  Parce que la totalité de la valeur des biens et services manufacturés (automobiles, maisons, électronique, etc.) par les entreprises excède les revenus totaux concédés aux salariés/consommateurs par leurs employeurs.  Sans le crédit, il ne serait pas possible d’augmenter constamment les courbes de bénéfices des compagnies et d’écouler tout ce qui est fabriqué.

Malheureusement, il vient un temps, à toutes les 3 ou 4 générations, où l’endettement atteint des proportions tellement démesurées que la machine économique s’embourbe et débouche sur un état de crise économique profonde. La consommation décroit car la demande est atrophiée par le poids de l’endettement généralisé et les entreprises commencent dès lors à réduire leur main-d’œuvre en parallèle avec leurs activités de production.

C’est alors que les banques commerciales qui trônent au-dessus de tout le système économique commencent à enregistrer des pertes.  Ayant depuis des années soutenues la croissance par le crédit, elles sont assaillies subitement par les faillites successives et doivent rayer de leurs livres comptables de nombreuses mauvaises créances.  Et comme si cela n’était pas suffisant, les épargnants retirent leurs dépôts des banques par manque de confiance, ce qui diminue les réserves obligatoires et accule donc ces institutions financières pratiquement à la faillite.

En conséquence, sans financement bancaire, les entreprises siégeant dans l’économie réelle sont alors confrontées à un rétrécissement de leurs possibilités d’emprunt, ce qui détériore encore plus leurs situations financières et leurs projets de développement.

Comme nous l’avons vu dernièrement, les banques centrales et les autorités gouvernementales se doivent de soutenir elles-mêmes l’accès au crédit par des généreux prêts ou subventions afin d’empêcher l’écroulement de tout le système même si cela ajoute un fardeau fiscal supplémentaire sur le dos des contribuables.

La crise du subprime a été le déclencheur de la débâcle actuelle et elle rentre aussi dans la même logique.  Les acheteurs n’avaient pas les moyens de se payer ces maisons offertes sur le marché en partie en raison du fossé entre production et consommation évoqué ci-haut mais surtout en rapport à la spéculation qui a gonflé artificiellement les prix de vente des résidences. 

En tout, au pays de l’Oncle Sam, 10 540 milliards de dollars en prêts hypothécaires ont été souscrits par les familles américaines.  Par ailleurs, il faut aussi inclure les dettes par cartes de crédit qui s’élèvent à  1 000 milliards, en augmentation de 25% depuis 2003.

Il s’agit d’une analyse plutôt schématisée, j’en conviens, mais elle permet de cerner un peu plus cette crise financière.

Voir: La pire crise depuis 1929

 

Peter MacKay le lèche-botte

mckay1L’armée canadienne en bon petit lèche-botte fidèle de l’Empire américain vient de donner un contrat de 274 millions $ à une firme américaine (Navistar) de l’Illinois dont la production se fait au Texas. 

 

1 300 camions sont ainsi commandés de l’autre coté de la frontière car selon le ministre conservateur de la Défense, Peter MacKay, l’industrie canadienne n’a pas l’expertise ni les moyens de produire ce genre de véhicules.

 

Mon œil !  Le Canada n’est pas le Bengladesh bordel !  Nous pourrions facilement construire ces camions en convertissant les usines abandonnées dans le domaine de l’automobile, particulièrement en Ontario.  De plus, l’entreprise Paccar dans les Laurentides qui a récemment licencié 600 travailleurs possède la logistique nécessaire à ce projet.

 

 

Mais non, le grand frère américain a besoin d’un coup de pouce et de l’argent des contribuables canadiens pour soutenir son économie en déroute.

 

On se demande bien où va l’allégeance des conservateurs : à ses commettants ou à ses amis de l’industrie pétro-automobile états-uniens?   

 

On peut dire que cela commence bien le plan de relance économique du gouvernement Harper. Afin de stimuler l’économie canadienne, on exporte la fabrication industrielle à l’extérieur du pays pour un montant d’un quart de milliard…

 

Ceci prouve encore l’incompétence du gouvernement Harper en économie… tout comme celle du gouvernement Bush aux États-Unis.

 

AJOUT AU 19 JANVIER 2009 : le Blogue « Majorité Silencieuse » a répliqué à ce billet par cet article et n’a même pas daigné publier mon commentaire de réponse.  Si la droite a peur de débattre, bien qu’elle se taise.

Voir aussi: Pourquoi “Majorité Silencieuse” ne veut pas débattre?

 

Le génocide tranquille

gaza_by_latuff3N’ayons pas peur des mots : Israël procède à un véritable génocide de la population palestinienne dans la bande de Gaza.

Quelques rockets du Hamas ne causant que des dommages matériels mineurs et quelques morts ne se comparent aucunement avec la guerre totale qu’opère l’armée israélienne envers un peuple démuni et pratiquement sans défense qui doit maintenant faire le deuil de plusieurs centaines de ses membres dont de jeunes enfants innocents depuis le début des attaques.

Le blocus érigé autour de toutes les frontières de la bande de Gaza dès janvier 2008 a fait de celle-ci un véritable camp d’extermination à ciel ouvert en privant ses habitants de nourriture, de soins médicaux et des nécessités de base.

Le culot du gouvernement israélien est tel qu’il ne se gêne plus désormais pour tirer sur des groupes humanitaires internationaux et d’utiliser sur des civils des armes prohibées (bombes au phosphore blanc) par les conventions internationales.  Sa volonté est claire : en finir une fois pour toute avec les palestiniens par la force de sa puissante armée (la cinquième au monde) après que le blocus les ait affamé et affaibli le plus possible.

L’Occident ferme les yeux malgré ses protestations officielles tandis que le peuple palestinien lutte pour sa survie et les États-Unis s’efforceront comme toujours par leur veto de bloquer toute coercition de la part de l’ONU.

Le Hamas réplique en tant que gouvernement légitime de sa population et on l’accuse de terrorisme lorsqu’il s’agit en fait d’une mesure défensive d’une nation envers la perverse et insistante agression d’une autre.

Gaza et Israël à la cour d’école

080606-kimberley-gaza1Il y a deux garçons à la cour d’école du Proche-Orient qui ne cessent de se chamailler à la récréation.

 

L’un, Israël, est baraqué et l’autre, Gaza, est petit et chétif. Le premier arbore de beaux vêtements et le second est habillé de lambeaux.

 

À chaque jour, dès que la cloche de la récréation sonne, Israël harcèle Gaza en lui volant ses collations et en lui enlevant le ballon des mains. Ce dernier tente de répliquer de ses mains frêles mais il ne reçoit en conséquence qu’une bonne raclée à toutes les fois.

 

Son visage est contusionné, son nez saigne, des bleus apparaissent sur tout son corps. L’extrême violence et le mépris d’Israël envers Gaza sont évidents pour tous les élèves.

 

Alors le directeur de l’école réprimande verbalement le jeune agresseur à chaque occasion mais ne lui inflige jamais de punition corporelle car son papa est le puissant maire de la Ville…

 

Une chance que ce genre d’injustice ne se produit pas dans le monde des adultes…