Archive

Archive pour juin 27, 2008

La saga Julie Couillard-Maxime Bernier se poursuit

Cette semaine, la courte conférence de presse à sens unique de l’ancien ministre des affaires étrangères ne fait que verser de l’huile sur le feu de la contreverse dans l’affaire Julie Couillard.

Si monsieur Bernier pense tirer un trait sur ce dossier et passer à autre chose en affirmant qu’il ne connaissait pas les antécédents de son ex-petite amie, il se met un doigt dans l’œil.

Lorsque Julie Couillard sortira son autobiographie qui deviendra rapidement un best-seller, les mêmes questions et les mêmes doutes persisteront dans l’esprit des gens.  De toute évidence, elle maintiendra sa version des faits.

Peu importe qui a tort ou raison, qui ment ou dit la vérité, le mal est fait et cette affaire deviendra un véritable boulet pour le politicien de la Beauce qu’il traînera derrière lui durant des années.

Il espère continuer en politique. Peut-être, mais sa carrière ministérielle est bel et bien foutue.  Il devra se résigner à demeurer simple député.

Sa série de gaffes innombrables lui aliénera tout poste d’importance dans l’avenir car la confiance que lui prodiguait le premier ministre Harper ne remontera pas la pente de sitôt.  Il a déclaré ne pas se souvenir d’avoir égaré des documents à la maison de Julie Couillard… rien pour rehausser sa crédibilité.

Enfin, pourquoi a-t-il attendu si longuement avant de contredire les propos de madame Couillard à son égard?  Pourtant, une personne politique « innocente » aurait tout de suite monté aux barricades afin de laver sa réputation avant que l’opinion des électeurs ne se fige à son désavantage.

Une histoire à suivre…

Les politiciens ne sont jamais responsables

Cet article a paru le 28 juin 2008 dans le journal “Le Devoir”.

Jean Chrétien doit bien rire dans sa barbe. Le juge de la Cour fédérale, Max Teitelbaum, vient de blanchir à toute fin pratique l’ancien premier ministre libéral et son ancien chef de cabinet, Jean Pelletier, des accusations émises dans le rapport Gomery de novembre 2005 concernant le scandale des commandites.

John Gomery aurait fait preuve de partialité dans l’élaboration des conclusions du rapport de la commission.  En puisant dans diverses déclarations du juge à la retraite pendant la tenue des audiences, le jugement conclut que Monsieur Chrétien et Pelletier auraient subi un traitement injuste car l’idée du président de la commission aurait été toute faite dès le départ.

Et alors?  Cela démontre-t-il qu’il ait eu tort?  Existe-t-il des preuves déniant que le programme des commandites ait été commandé par le bureau du premier ministre et que sa gestion ait été faite à la petite semaine sans contrôle externe?  Même la très intègre vérificatrice générale, Sheila Fraser, a tiré à l’époque de semblables conclusions.  Ces deux personnes seraient-elles « dans le champ » à ce point?

Information intéressante : Max. M. Teitelbaum a été nommé à la Cour Fédérale en janvier 2003 par le parlement canadien sous un mandat majoritaire du Parti Libéral du Canada avec en tête Jean Chrétien. S’agit-il d’un possible retour d’ascenseur?  Ce juge devrait se regarder dans le miroir avant d’accuser John Gomery de manque d’impartialité.

Le fait est que le système politique cherche toujours à protéger la légitimité de ses institutions.  Si l’on affirmait, sans l’ombre d’un doute, qu’un premier ministre avait commis une faute grave ou une erreur de jugement flagrante, c’est tout l’édifice du pouvoir gouvernemental qui en serait ébranlé.  Alors, on étouffe le plus possible les faits au risque de perdre de vue la vérité.

Malgré la loi sur l’imputabilité entérinée par les conservateurs de Stephen Harper, le même réflexe d’auto-protection de l’élite politique demeure.  Les agissements concrets de ce nouveau gouvernement vont à l’encontre de cette loi votée en grande pompe pour épater la galerie à la suite du scandale des commandites. Toute l’information fédérale est contrôlée par le premier ministre conservateur en pure contradiction avec la pensée de transparence de la loi sur l’imputabilité (voir Stephen Harper, le tout-puissant).

Finalement, rien ne change, indépendamment du parti au pouvoir, car les politiciens ne sont jamais responsables de leurs erreurs ou de leur incompétence.