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Commissions scolaires : réforme ou abolition?


Le taux de participation aux élections scolaires est à son plus bas niveau historique. Le dernier scrutin aurait coûté 7 millions de dollars et une remise en question est tout à fait de mise. Cependant, la tentative de récupération politique de ce sujet par l’Action démocratique du Québec ne doit pas nous pousser à la précipitation.

Les commissions scolaires répondaient à un besoin il y a 25 ou 30 ans. La « clientèle » étudiante était plus importante et demandait alors une structure bureaucratique plus imposante. De nos jours, la diminution du nombre d’élèves soulève le questionnement de la pertinence du statu quo dans l’organisation du système d’éducation.

Au lieu de favoriser une décentralisation à outrance comme le suggère l’ADQ, il serait préférable de réformer le système au lieu de le démolir dans son entièreté pour faire place à une nouvelle organisation dont nous ne connaissons pas les implications éventuelles.

Si l’on donne la responsabilité des budgets en infrastructures matérielles aux municipalités et une marge de manœuvre décisionnelle plus large aux écoles dans leur gestion éducative courante, il est possible que l’équité dans la qualité de l’éducation en subisse des répercussions négatives.

Remettre la responsabilité de l’entretien des bâtiments des institutions d’enseignement à chaque ville ne fait que transférer les taxes des commissions scolaires aux municipalités, le ministère de l’éducation assumant déjà une grande partie du financement par l’entremise des taxes et des impôts que nous payons. Croire que l’abolition des commissions scolaires aux profits des localités se résultera par une baisse de la taxation est un leurre. Aussi, les écoles situées dans des villes plus riches profiteraient d’un milieu plus favorable contrairement aux écoles construites dans les municipalités plus pauvres. Autre sujet d’inquiétude : il est à prévoir des problèmes de dédoublements de services. Il ne peut y avoir un service spécialisé dans chaque école car la demande y serait trop faible. C’est déjà un rôle que jouent les commissions scolaires en regroupant les services et en opérant simultanément des économies d’échelle.

Par ailleurs, même si toutes les écoles reçoivent des transferts monétaires du ministère correspondants à leurs nombres d’élèves, rien ne certifie que la qualité de l’éducation ne connaîtra pas des inégalités entre les diverses régions de la province. Un directeur ou un « comité d’administration » prenant de mauvaises décisions budgétaires au niveau de leur école pourrait nuire aux services éducatifs reçus par les élèves. C’est ce qui risque de se produire si aucune organisation ne fait le lien entre l’école individuelle et le ministère de l’éducation afin de faire respecter les normes éducatives du l’État à la grandeur de la province.

Au lieu de tout saccager le travail accompli depuis les années 60, il faudrait changer la façon de faire en éducation, certes, mais abolir les commissions scolaires est beaucoup trop excessif. Il ne faut pas oublier qu’elles pallient à des lacunes dans l’organisation générale du système d’éducation.

Une des alternatives serait de fusionner encore les CS comme on l’a fait en 1997. Le nombre d’utilisateurs diminue, alors on élimine de la bureaucratie inutile avec une clientèle déclinante. Les électeurs ne votent pas car le rôle du commissaire est peu intéressant. Alors pourquoi pas ne pas donner plus de pouvoir et de responsabilités aux commissaires des C.S. fusionnées? Le commissaire couvrant un plus vaste territoire deviendrait un véritable « député » et son emploi pourrait devenir un travail à plein temps afin qu’il saisisse bien les caractéristiques ainsi que les problèmes du régime éducatif québécois. Il siégerait sur un « conseil » de l’éducation où seraient présents tous ses homologues de la province, les directeurs des cégeps, des universités et le ministre de l’éducation.

novembre 14, 2007 - Posté par Jimmy St-Gelais | politique, québec, éducation | , | 4 commentaires

4 commentaires »

  1. Je suis contre l’abolition, à mes yeux, c’est une privatisation de l’éducation.

    Comme tu le soulignes, chaque ville ou village, taxera selon ses besoins. Ce qui n’est en rien équitable dans l’ensemble. L’ADQ est une machine à privatisation. Mario Dumont est le Carlos Menem du Québec.

    Non à la privatisation.

    Commentaire par Sylvain Guillemette PCQ | novembre 15, 2007

  2. Parfaitement d’accord avec toi Sylvain. Déreglementation et privatisation vont souvent de pair!

    Commentaire par Jimmy St-Gelais | novembre 15, 2007

  3. Bonjour cher Jimmy,
    MERCI pour ton beau texte sur les commissaires scolaires. C’est très apprécié. Très juste. Nourrissant. Bravo.

    Commentaire par Anonymous | novembre 17, 2007

  4. bonjour Jimmy
    Il y a un bon de temps que je n’avais pas été sur ton blog, et j’ai lu les retards. J’ai observé que tu avais fait des changements, j’aime beaucoup.
    Continue ton beau travail, à vrai dire tes sujets me font réfléchir et en plus je trouve que tes commentaires ont du gros bon sens.
    Salut ta femme et ton fils.

    L.

    Commentaire par Anonymous | novembre 17, 2007


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